Le Grand Tout : La critique
Il faut saluer l’audace de cette équipe de joyeux drilles, cinéastes gonflés (à bloc) qui ont osé dépasser les préjugés des fans, souvent au coeur même de l’Hexagone, qui s’accordent à dire que les Français ne savent pas faire de film de SF (alors qu’on sait à quel point les même Français participent aux plus prestigieuses productions US, en la matière, mais passons...).
Et que, comme le revendiquent les auteurs, "Jules Verne, Méliès, Jean-Pierre Jeunet, ont produit certaines des œuvres les plus marquantes de la science-fiction mondiale."
Embarqué, à l’instar de leurs personnages, contre vents (solaires) et marées (de critiques ironiques potentielles), cet équipage courageux mérite qu’on le soutienne dans son aventure.
"Christophe Colomb, Magellan, Neil Armstrong ont risqué leur vie, pour le plaisir terrifiant de la découverte. Voir ce que personne n’a jamais vu, faire ce que personne n’a jamais fait. Cette vocation primale de l’humanité s’est atténuée depuis que tous les recoins de la terre et du système solaire sont connus. L’inconnu n’existe plus, et il nous manque. C’est ce goût pour l’exploration qui nous a poussé à tenter l’impossible : un film de science fiction français, indépendant et à grand spectacle. Ce n’est pas aussi glorieux ou important que la découverte d’un nouveau continent, mais c’est plus rare. Et si nous n’avons pas risqué nos vies, nous y avons laissé notre santé, notre vie sociale et nos économies. Avec un budget d’autant plus ridicule que nos ambitions étaient démesurées, nous avons œuvré pendant quatre ans, avec l’aide de quelques compagnons rencontrés en chemin, pour partager avec les spectateurs ce goût grisant de l’inconnu, de l’exploration, de l’impossible."
Le résultat est pour le moins surprenant. Et j’avoue avoir été épatée.
Tous les ingrédients sont là, et c’est peut-être ce qui peut laisser comme une impression de "déjà vu" parfois, pour nous projeter dans une dimension très spéciale !
La fascination croissante pour les Trous Noirs, et les "surfeurs" qui les approchent, de plus en plus près, attirera bien son lot de curieux.
Des personnages, bien "croqués", bien qu’un peu "attendus" (bon, un pilote rebelle, bougon et maniant l’humour au naturel, c’est quand même le minimum) ; un récit "philosophico-scientifique", à rapprocher de certains "voyages" où l’on se souvient avoir croisé ce genre d’équipages perdus dans l’espace... évidemment, cela ne paraît pas bien original. Mais encore une fois avec si peu de moyens, l’aventure est à saluer.
L’interprétation est plutôt sobre, la mise en scène soignée et les effets travaillés.
On reste dans une sorte de huis-clos, connu des fans, prisonniers d’un vaisseau, perdu loin, loin, dans les confins de l’univers...
J’ai pour ma part trouvé ce long métrage, un peu trop long. Il n’aurait pas souffert de quelques coupes. Un peu plus condensée, l’histoire ne perdrait rien de sa force, au contraire. Ou alors en changeant de format, peut-être : il ferait un téléfilm de très bonne qualité, (qu’il serait préférable de séparer en deux épisodes, si l’on veut conserver ce montage). Et de fait se regarde sur le petit écran facilement.
Le passage au grand écran devrait lui donner toute la profondeur qu’il mérite.
Rare.
A voir.
SYNOPSIS
Au départ, ça avait l’air d’être le bon plan.
En échange d’une sortie de prison anticipée, Niels accepte de piloter 4 scientifiques vers un Trou Noir. Il y a bien cette sombre histoire de Relativité... si leur voyage ne dure que 6 semaines, 100 ans se seront écoulés sur Terre quand ils reviendront.
Mais Niels n’a pas peur de la Relativité. Il n’a pas peur parce qu’il n’y croit pas.
Après un incident qui propulse leur vaisseau à 10 000 années lumière, il doit pourtant
admettre l’incroyable réalité.
Il est en compagnie de 4 scientifiques avec lesquels il n’a rien en commun, à 20 000 ans de la Terre… quelque part dans le Grand Tout.
Et sur ce coup là, il ne s’en sortira pas en trichant.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 10
– Titre original : Le Grand Tout
– Date de sortie : 16 septembre 2015
– Réalisateur : Nicolas Bazz
– Scénaristes : Yann Bazz, Nicolas Bazz
– Interprètes : Jauris Casanova, Hélène Seuzaret, Benjamin Boyer
– Photographie : Jean-Philippe Bourdon
– Montage : Nicolas Bazz
– Musique : Christophe Jacquelin
– Costumes : Fabienne Margolliet
– Décors : Yann Bazz, Christian Baquiast
– Producteur : Ombres production
– Distributeur :Ombres production
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