Mezzanotte : La critique

Date : 19 / 06 / 2015 à 11h06
Sources :

Unification


Mezzanotte (minuit en italien) n’est pas un film drôle. Il est même parfois très dur et sans concession. Mais c’est aussi une œuvre forte avec un personnage extrêmement attachant et une galerie de protagonistes haut en couleur et saisissants.

Baser le scénario d’un film sur un adolescent qui fugue, se retrouve dans la rue et va partager la vie de jeunes qui tapinent et volent, sans pour autant se mettre à faire le trottoir vraiment, n’est pas évident. Réussir à donner une impression de réalité sans tomber dans le misérabilisme et le sensationnalisme n’est pas non plus très simple. Mais les scénaristes réussissent avec brio l’écriture d’une histoire dérangeante plutôt délicate à monter et mener.
Le réalisateur Sebastiano Riso, coscénariste, dit d’ailleurs s’être inspiré à la fois d’Antoine Doinel (Les Quatre Cents Coups) et de Christiane F. (Moi, Christiane F.) pour créer son personnage principal et lui donner une certaine vraisemblance.

La mise en scène est bien menée avec quelques passages très beaux. Le long plan-séquence dans lequel Davide traverse un quartier chaud avec ses nouveaux amis qui le quittent progressivement quand ils ont trouvé un client ou une autre occupation est une merveille du genre. Outre une photographie superbe et un parfait sens du timing, cette scène est chargée d’émotions et résume parfaitement le film et la nouvelle vie de son héros, d’autant qu’elle n’est pas exempte d’une certaine poésie douce-amère.

Le casting est fort bien trouvé. A commencé par un rôle titre interprété par le jeune Davide Capone dont c’est la première incursion cinématographique. Le jeune adolescent est superbe et incarne avec une certaine grâce matinée de gaucherie ce jeune homme qui essaye de s’assumer loin de ceux qui veulent l’entraver et le détruire. Un rôle de composition extrêmement délicat, d’autant qu’il aborde des sujets délicats voire tabous comme la prostitution, la vie dans la rue et un avenir incertain pour n’en citer que quelques-uns.
L’aréopage de jeunes gens avec lesquels il se lie est aussi touchant. Les jeunes acteurs réussissent à donner corps et esprit à des êtres obligés de vivre en marge d’une société qui les condamne ou les banni. Chacun d’entre eux apporte sa pierre à un film qui au-delà de ses réflexions très crues et choquantes fait preuve d’un grand humanisme et d’une belle ode à l’amitié et la liberté.

Le film est tourné en Italie, entre jardin public, zone sordide, squat et maison bourgeoise. Filmé en partie la nuit, le très bel éclairage de Piero Basso donne une impression parfois onirique à certaines scènes, comme si on se trouvait dans un conte de fée dans lequel le happy end n’est pas une certitude. D’autant qu’autour des jeunes gens rodent des adultes aux pensées pas toujours bien intentionnées.

Mezzanotte est un très beau film. Âpre et amer, mais offrant de magnifiques portraits de jeunes gens en souffrances qui réussissent à se reconstruire une famille de cœur, c’est une œuvre qui ne laisse pas indifférent. Un scénario délicat et acide illuminé par des acteurs captivants et émouvants sont les clés d’une belle réussite.

Poignant et humain.

SYNOPSIS

Parce qu’il est différent, Davide, adolescent androgyne de 14 ans, est persécuté par son père. Il décide de quitter le foyer familial pour trouver refuge à la Villa Bellini, un parc de Catane. Ce parc est un monde en soi, habité par des marginalisés que la ville préfère ignorer. Au moment où son passé le rattrape, Davide va devoir prendre seul la décision la plus dure de sa vie, sans aucune échappatoire.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 34
 Titre original : Più buio di mezzanotte
 Date de sortie : 24/06/2015
 Réalisateur : Sebastiano Riso, Jacopo Saraceni, Federico Saraceni
 Scénariste : Sebastiano Riso, Stefano Grasso, Andrea Cedrola
 Interprètes : Davide Capone, Pippo Delbono, Vincenzo Amato, Micaela Ramazzotti, Lucia Sardo Laurier, Fabio Grossi, Manuela Lo Sicco
 Photographie : Piero Basso
 Montage : Marco Spoletini
 Musique : Michele Braga
 Costumes : Luigi Bonanno
 Décors : Melina Ormando, Raffaella Baiani
 Producteur : Federico Saraceni, Claudio Saraceni, Jacopo Saraceni pour IdeaCinema, Rai Cinema
 Distributeur : Outplay

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