Hungry Hearts : La critique
Pour un public averti. Certaines scènes peuvent choquer.
Le film est poignant. Rarement l’angoisse a été si bien maniée. Le point de vue très intéressant. Le développement cohérent. Alors même que le parcours des personnages est aberrant.
La mise en scène sobre et méticuleuse. Les interprètes investis. Autour d’un sujet extrêmement difficile à traiter. Dont on n’a pas envie d’en dire trop pour laisser au spectateur tout loisir de découvrir et s’immiscer, dans l’intimité de ce couple en proie à un bien étrange malaise. Peut-être pas aussi rare qu’on pourrait penser.
Mais si mystérieux.
Fasciné par un livre Il Bambino indaco, un livre de Marco Franzoso, Saverio Costanzo nous entraîne dans sa hantise. Car c’est bien d’obsession dont il est question. Celle du réalisateur autant que celle de la protagoniste.
"Je l’ai lu (ce livre) environ un an et demi avant de commencer à écrire le scénario." explique-t-il. "Ce roman racontait l’histoire d’une mère obsédée par la crainte que son bébé de 7 mois – dont une voyante lui avait assuré qu’il était un enfant « indigo » - soit contaminé par le monde extérieur. Et ce à la manière d’une chronique qu’on vous chuchoterait à l’oreille, comme un secret enfoui : juste des faits, les uns après les autres, quasiment sans dialogue et avec des personnages assez peu développés. Cette histoire m’avait profondément bouleversé et choqué, au point que j’ai essayé de la chasser de ma mémoire. Mais en vain car elle n’a jamais cessé de me hanter. Et un an et demi plus tard donc, sans déclic particulier, j’ai commencé à écrire Hungry Hearts. Je n’ai même pas eu besoin de relire le livre : je me souvenais du moindre petit détail. Et à partir de sa trame, j’ai écrit ce scénario en 7 jours seulement. Je n’avais vécu cela sur aucun de mes films et je ne le revivrai sans doute jamais. L’inspiration jaillissait et je serais d’ailleurs bien incapable aujourd’hui de vous expliquer en détails le pourquoi de certains de mes choix. Ils se sont comme imposés à moi. Mais j’ai évidemment mis beaucoup de moi et de ma propre vie dans ce scénario et apporté sans doute de la douceur et de la tendresse à ce récit."
Une fascination qui ne tarde pas à gagner le spectateur, tant l’aspect fantastique et parfois fantasmagorique du traitement, souligne un trouble très réel et lourd de conséquences.
C’est un film aussi étrange dans la forme que dans le fond. Qui ne laissera pas insensible. Ni indifférent.
Et qui peut faire s’interroger quiconque sur ses actes et son propre état mental. Dont la fragilité peut dépendre des circonstances, plus que de la force de caractère.
Impressionnant
SYNOPSIS
Jude est Américain, Mina Italienne. Ils se rencontrent à New York, tombent fous amoureux et se marient.
Lorsque Mina tombe enceinte, une nouvelle vie s’offre à eux. Mais l’arrivée du bébé bouleverse leur relation. Mina, persuadée que son enfant est unique, le protège de façon obsessionnelle du monde extérieur.
Jude, par amour, respecte sa position jusqu’à ce qu’il comprenne que Mina commence à perdre contact avec la réalité.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 53
– Titre original : Hungry Hearts
– Date de sortie : 25 février 2015
– Réalisateur, Scénariste : Saverio Costanzo
– D’après l’oeuvre de : Marco Franzoso
– Interprètes : Adam Driver, Alba Rohrwacher, Roberta Maxwell
– Photographie : Fabio Cianchetti
– Montage : Francesca Calvelli
– Musique : Nicola Piovani
– Costumes : Antonella Cannarozzi
– Décors : Amy Williams
– Producteur : Wildside Media
– Distributeur : Bac Films
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














