Godzilla : La critique

Date : 13 / 05 / 2014 à 17h15
Sources :

Unification


SYNOPSIS

Alors qu’il n’a pas tourné la page sur un incident nucléaire ayant déchiré sa famille quinze ans auparavant, le physicien nucléaire Joseph Brody refuse de s’en tenir à la version officielle du gouvernement et travaille jusqu’à l’obsession pour démontrer que la cause de l’incident n’est pas une catastrophe naturelle. Son enquête va le conduire à des forces de la nature incommensurables qui vont se déchaîner devant une humanité impuissante.

NOTRE AVIS

Après son contemplatif Monsters à petit budget, Gareth Edwards se voit confier le monstre des monstres, sacré pour les nippons, avec une trentaine de films à son actif et porteur de nombreux sous-textes sur le nucléaire. Un véritable pan de notre imaginaire collectif. Avec un héritage aussi lourd à porter, nous étions en droit de nous demander à quoi nous attendre avec ce jeune réalisateur amoureux des monstres qui nous avait livré un premier film très personnel. Une attente qui s’en est vu grandie ces derniers mois à la vue des bandes-annonces bibliques, d’un monstre colossal se dévoilant rarement entièrement et de la promotion viral autour du rugissement de la bête.

La première partie du film se montre avant tout comme un drame humain. Après un générique absolument génial s’articulant comme un montage d’archives des années 50 donnant une belle place à la problématique nucléaire, on se retrouve au cœur d’une catastrophe nous évoquant clairement Fukushima. Plongé dans ce miasme radioactif nous plaçant dans l’actualité, nous assistons ensuite à une enquête jalonné par un Bryan Cranston obsédé par sa quête de vérité et de son fils (Aaron Taylor-Johnson), démineur dans l’armée, qui lui semble avoir tourné la page. Le film montre donc un aspect assez mystérieux jusqu’à l’apparition du lézard. L’histoire prend un virage assez inattendu mais qui ne surprendra très certainement pas les plus grand connaisseurs des films japonais. Difficile d’évoquer ce virage sans trop en dévoiler sur l’intrigue, on va donc ce concentrer sur la star du film, Godzilla.

Oubliez l’iguane contre lequel se frittait Jean Reno, il est ici une entité, un représentant de la nature. Son origine se veut plutôt fidèle au premier film japonais, Godzilla est une créature ancestrale qui a toujours été tapie là sous nos pieds. Le personnage de Sally Hawkins le décrit comme le système immunitaire de notre planète, un agent servant à rétablir l’équilibre de la Terre quand celui-ci penche trop d’un coté. Il est un dieu. Si dernièrement, Guilermo Del Toro nous a régalé avec de la bonne bagarre entre mechas et kaijus dans Pacific Rim et que Peter Jackson a donné vie à la magnificence de Smaug, Gareth Edwards, lui nous donne un animal de 150 mètres ne se concentrant que sur le rôle que la nature lui a donné. Si pertes humaines il y a, ce n’est que à cause de son passage. Godzilla n’a pas été simplement mis là pour attaquer l’espèce humaine afin de donner un simple film de monstres mais va plutôt nous faire interroger à l’instar d’un Shadow of the Collossus sur notre place vis-à-vis de lui au lieu de simplement le craindre.
Le nucléaire est présent dans l’idée que le monstre se nourrit de radiations mais il s’agit avant tout d’un film sur la place de l’homme vis-à-vis de la nature.

Une fois que toutes les bases sont posées, on revient vers une histoire assez classique mais encadrée par non seulement, un Godzilla dont le rendu numérique est tout simplement d’une grande maîtrise, mais aussi par une mise en scène brillante ruisselante d’idées enthousiasmantes. On découvre souvent le monstre avec d’abord un plan de réaction d’un ou plusieurs témoins. Ce coté spielbergien est renforcé par une joli part que le film accorde à la famille. On a droit à une scène de tsunami assez glaçante où l’on va suivre une petite fille et son père et on se fait avoir bêtement par un suspens de cinq secondes nous montrant un chien attaché à un arbre voyant la vague arriver. La thématique familiale est surtout présente avec le personnage principal, Ford, dont la femme et le fils sont toujours présent en arrière-plan. L’enjeu pour Ford est de garder sa famille unie malgré la situation. Une quête classique dans laquelle le fils répare les péchés du père.
Nous avons donc un film classique, oui mais au combien efficace et brillamment mis en scène. Vous serez enthousiasmé par de nombreux plans savant mettre en valeur Godzilla, que cela soit simplement sa queue se balançant dans la brume pour laisser ensuite place à sa silhouette imposante, ses plaques dorsales évoquant des montagnes émergeant hors de l’eau alors que des portes-avions naviguent à coté, etc... La magie marche, et l’enfant en nous se pose toujours la question « et si c’était vrai ? ».
Les bandes-annonces ne nous ont pas déçus sur un point : la scène du saut en parachute. Elle garde la musique de Ligeti, immortalisé à jamais dans 2001, qui contribue énormément à l’aspect quasi-fantastique de la chose. Entre point de vue subjectif anxiogène à l’intérieur du casque de Ford et tableau biblique évoquant clairement une chute d’anges déchus, il s’agit très certainement d’une des scènes clés du film.

Godzilla est donc avant tout du grand spectacle, mais loin de là l’idée de le ranger dans un divertissement bête et simple. Il s’agit d’un grand spectacle qui repousse des limites et qui nous livre un monstre dont la taille, le cri, et la puissance en font l’un des meilleurs plaidoyer du cinéma numérique de ces dernières années.

Un grand, un très grand écran s’impose pour une telle expérience. Godzilla prend de la place. Pas seulement lui d’ailleurs...

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 2h03
 Titre original : Godzilla
 Date de sortie : 14/05/14
 Réalisateur : Gareth Edwards
 Scénariste : David S. Goyer, Max Borenstein, Max Callaham, Drew Pearce, Frank Darabont
 Interprètes : Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Juliette Binoche, Ken Watanabe
 Photographie : Seamus McGarvey
 Montage : Bob Ducsay
 Musique : Alexandre Desplat
 Costumes : Sharen Davis
 Décors : Owen Paterson
 Producteur : Legendary Pictures, Warner Bros Pictures, Disruption Entertainment, Toho
 Distributeur : Warner Bros

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