Sous la ville : La critique

Date : 05 / 10 / 2012 à 20h10
Sources :

Source : Unification France


SYNOPSIS



Lvov, Pologne 1944 : les nazis ordonnent l’épuration du ghetto. Des habitants creusent un tunnel sous leur maison pour rejoindre les égouts de la ville, espérant y trouver refuge. Hélas, ils tombent sur Leopold Socha, un employé municipal devenu contrebandier. Flairant la bonne affaire, ce dernier accepte de cacher onze de ces juifs moyennant une dîme quotidienne. Mais petit à petit, Leopold va mettre sa vie et celle des siens en danger, afin de protéger "ses Juifs". Et ce, même quand l’argent vient à manquer. Un film adapté d’une histoire vraie.



NOTRE AVIS

Qu’il est donc difficile d’évaluer un tel film. Car c’est typiquement le genre de film qui va vous emmener à réfléchir (ce qui est une très bonne chose), mais aussi à voir des choses que l’on ne préférerait pas voir.


Nous avons tous appris au collège, au lycée, l’épuration ethnique, les camps de concentration, toutes les horreurs qui ont fait la seconde guerre mondiale.
Certains d’entre nous ont vu Nuit et Brouillard, l’excellentissime documentaire d’Alain Resnais narré de voix de Maître par Michel Bouquet, et Sous la ville est, sous forme de film certes, du même acabit.
Il participe au devoir de mémoire. Ce devoir de mémoire indispensable mais qui fait mal tant il nous montre l’humain dans tout ce qu’il a de plus vilain, de plus violent, d’assassin et de haineux.

Sous la ville est un film hybride, pas totalement un film de guerre ni totalement un film sur l’Holocauste. Il s’intéresse à ce microcosme formé par ses onze juifs terrés dans les égouts de Lvov, dépendant d’un employé municipal pour survivre.
Car si Leopold Socha peut paraître abject (et hypocrite car ’bon’ catholique qui va à l’église) en leur faisant payer une dîme quotidienne, il faut se rappeler qu’il doit acheter de la nourriture pour quatorze personnes et non plus pour trois (sa femme, leur fille et lui) dans une période où tout le monde s’épie et où les denrées se font rares.
Cette épopée court sur quatorze mois, quatorze mois où nous voyons ce qui se passe dans les égouts mais également à la surface.

Le film donne d’ailleurs le ton dès les premières images du film : un groupe de nazis coursant des femmes nues dans les bois avant de les abattre froidement ou encore humiliant et torturant des juifs dans le ghetto.

Les images sont brutes, violentes et mettent souvent mal à l’aise.
Aucune classification particulière ne semble être prévue pour la France alors que dans nombre de pays (Canada, Australie, Japon ou encore États-Unis) l’âge minimum est de 15 ans.

La réalisatrice Agnieszka Holland (Europa, Europa) a souhaité tourner la majorité des scènes souterraines en conditions réelles = dans le noir presque complet, plutôt que d’assombrir les images en post-production. L’atmosphère rendue est ainsi étouffante, qui frise parfois la claustrophobie, mais elle atteint son but : nous faire ressentir ce que ces juifs terrés ont ressenti. Un petit bémol cependant, ces scènes très sombres rendent parfois difficiles la compréhension de certains éléments.

Une autre volonté de la réalisatrice était de ne pas dépeindre les juifs uniquement comme des victimes. Le film nous permet de voir également comment la vie s’organise et retrouve un semblant de "normalité", ne serait-ce que pour les deux jeunes enfants. Et de nous montrer toutes les difficultés à surmonter dans cette situation : certes la promiscuité et tout ce qui va avec (maladie, hygiène, phobie, etc.), mais aussi les rancœurs et tout ce qu’il faut éviter de faire pour ne pas être repérés par les nazis (cuisine, odeur, etc.).

Sous la ville est donc un film à voir car on ne peut ni doit oublier ce qu’ont vécu certains, ce que d’autres leur ont fait subir (des images d’Abou Ghraib vous reviennent) mais c’est un film pour public averti... Le laisser voir à des spectateurs âgés de moins de 15 ans me parait totalement inapproprié.

BANDE ANNONCE




FICHE TECHNIQUE




 Durée du film : 2 h 25
 Titre original : In Darkness
 Date de sortie : 10 octobre 2012
 Réalisateur : Agnieskza Holland
 Scénariste : David Shamoon
 Interprètes : Robert Wieckiewicz, Benno Fürmann, Kinga Preis, Herbert Knaup, Maria Schrader, Milla Bankowicz et Agnieszka Grochowska
 Directeur photo : Jolanta Dylewska
 Musique : Antoni Komasa-Lazarkarkiewicz
 Costumes : Kataryna Lewinska et Jagna Janicka
 Producteurs : Schmidtz Katze Filmkollektiv, Hidden Film et Zebra Film studio
 Distributeur : Eurozoom

LIENS



 Lien vers fiche allociné.fr
 Lien vers fiche imdb.fr


PORTFOLIO



<album|id_article=23098>


Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


L’Enfant bélier : La critique
Elfie et les Super Elfkins : La critique
Hokum : La critique
Polvo serán : La critique
Drunken Noodles : La critique
Star Wars - The Mandalorian & Grogu : Un retour aux sources (…)
Man Of Tomorrow : Des tournages dans une prison qui suscitent la (…)
John Rambo : Noah Centineo pense avoir triché pour obtenir son rôle
Paris Police 1910 : Critique des deux premiers épisodes Canal+
Avengers - Endgame : Jon Favreau reconnaît qu’il a eu tort
L’Enfant bélier : La critique
Antonio Banderas : Il ne pouvait jouer que des méchants en raison (…)
Brèves : Les informations du 28 avril
The Boys Universe : Marie Moreau qui pleure, le Petit Soldat qui rit !
Netflix - Bandes annonces : 28 avril 2026
Unification france est copyright (c) 1997 - 2026 Unification France. Tous droits réservés.