Rêve et silence : la critique

Date : 29 / 09 / 2012 à 20h05
Sources :

Source : Unification


SYNOPSIS



Oriol et Yolanda vivent à Paris avec leurs deux filles. Il est architecte, elle est professeur de lycée. Au cours de vacances dans le delta de l’Ebre, au sud de la Catalogne, un accident bouleverse leur existence.

NOTRE AVIS



Le problème avec les expériences, c’est qu’elles sont difficiles à partager avec le public, qui la plupart du temps s’intéresse bien plus au résultat qu’au processus.

Vouloir expliquer sa démarche n’aura pas empêché Jaime Rosales de tomber dans le panneau. C’est long, trop long, à mon goût.

Un montage resserré, un bonne coupe de vingt minutes, et ce film redeviendra accessible, de mon point de vue.

Car l’histoire est prenante et suivre l’évolution des personnages, parfaitement interprétés, par des comédiens à qui on a confié un scénario sans dialogue, est une aventure intéressante. D’autant que, je le répète, les acteurs sont excellents. L’improvisation ici n’est pas à remettre en cause. Et elle est judicieusement exploitée.

L’utilisation du noir et blanc, le son direct, sans musique, c’est un choix. Intéressant lui aussi. La musique qui en général révèle l’aspect fictif en soulignant le côté dramatique est remplacé par ce noir et blanc de bon aloi. Un choix cohérent pour un artiste en recherche. Et je respecte.

Mais pitié... Les longues, trop longues scènes dans les parcs et paysages... les plans séquences qui durent, durent, indéfiniment... Non. Cela ne passe pas.

D’ordinaire, je suis bien la première à flirter avec l’imaginaire et à chercher des moyens originaux de jeter un pont entre rêve et réalité. Mais j’ai du mal, là, à entrer dans le rêve de Rosales qui nous explique : « Ce n’est pas que la réalité dépasse la fiction : c’est que la réalité est bien mieux que la fiction. Il ne s’agit pas tant de réussir à contrôler les éléments que de réussir à ce que l’inattendu - le hasard - joue en faveur de l’œuvre. »

Il avoue lui même avoir avoir perdu le contrôle...
« Le film ne ressemble pas du tout à ce que j’avais imaginé, et ce qui a été difficile, ça a été de faire une œuvre à travers soi. Réussir à devenir le moyen à travers lequel l’œuvre s’est peu à peu transformée et laisser faire que le hasard et la réalité aient été une part du processus créatif ».

Le problème, c’est que le spectateur, il aime bien lui, savoir où il va... Et pour se laisser embarquer, il a "un peu besoin de se faire tenir la main"... mais n’aime pas forcément "se faire balader".

Quant au mélange entre peinture et cinéma, idée elle aussi intéressante, c’est tout de même assez difficile à comprendre dans le contexte. Je trouve personnellement l’univers de Miquel Barceló surprenant et fort talentueux. Mais, même si je veux adhérer, convaincue que la sensualité de l’art pictural se marie très bien avec le septième art, et qu’encore une fois la démarche éveille en moi une réflexion artistique flatteuse, je ne vois pas bien ce que cela apporte au propos, qui se suffisait à lui même.

La force dégagée par le jeu des acteurs aurait à elle seule emporté l’adhésion du public, s’il s’était agi uniquement d’empathie. Il y avait de quoi s’identifier, malheureusement, dans ce chagrin diversement partagé dans la famille.

C’est un film noir. Contrasté. Il aurait fallu l’assumer ainsi jusqu’au bout.

Néanmoins, plein d’innovation, il interpelle. J’avoue ne pas avoir tout compris et l’avoir trouvé par moments ennuyeux, mais j’en garde tout de même un sentiment étonné, partagé. C’est pourquoi j’invite à aller le voir, pour se faire sa propre opinion. La qualité est là.

Pour les curieux.

BANDE ANNONCE





FICHE TECHNIQUE




 Durée du film : 1h 50
 Date de sortie : 3 octobre2012
 Titre original : Sueño y silencio
 Réalisateur : Jaime Rosales
 Scénaristes : Jaime Rosales,Enric Rufas
 Acteurs : Yolanda Galocha, Oriol Roselló, Jaume Terradas
 Directeur photo : Oscar Duran
 Décors : Thomas Grézaud
 Chef monteur : Nino Martínez Sosa
 Ingénieur du son : Eva Valiño
 Producteur : Jaime Rosales ,Fresdeval Films SI
 Distributeur : Bodega Films



LIENS


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PORTFOLIO



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