
Mélodies-moi tout !...
NuqneH !
Chacun des petits appareils - ou gadgets - que nous achetons la bave aux lèvres a ses réglages, ses trucs, ses machins spéciaux, ses bidules extraordinaires et surtout... surtout ses bruits.
"Bip-bip-bip" annonce la cocotte-minute, "Tidadidoudidoudi" proclame le téléphone, "Gling" s’écrie le micro-onde, "Twiiiiiiiiiiiiit" gueule le chargeur de portable, etc.
Et je ne parlerai pas du "Pling-plong !" de la sonnette d’entrée, du "blirps" de fin de la machine à laver, du "Shplaonrgggggg" du sex-toy à concussion hélicoïdale et du reste...
On nous bouffe notre silence, nous extermine notre quiétude. "Mozart est si merveilleux que le silence qui suit une œuvre de Mozart, c’est encore du Mozart...". Mes fesses, oui ! Et le silence qui suit un marteau-piqueur, c’est encore du marteau-piqueur, peut-être ? De nos jours, quand vous entendez un oiseau, c’est l’annonce d’un mail qui vient d’arriver ; quand vous découvrez le murmure d’une source, c’est la musique d’ambiance d’un ascenseur de grand hôtel et quand vous percevez une abeille butiner, c’est un portable qui appelle !
La nature s’est fait mettre en cage. Le naturel a été robotisé et les sons les plus simples sont devenus les manifestations de nos gadgets quotidiens, les rappels à l’ordre de notre vie consommatrice de tous les jours.
Beurkkkkkkk !
Cette cacophonie insupportable de notre vie moderne me donne envie de me crever les tympans avec un Bat’leth trempé dans du piment ! Pas que ça cicatrise ! Surtout pas…
Ce n’est pas tant que j’aime le silence, j’adore les opéras, et toutes sortes d’autres musiques, voire le bruit d’un baiser ; mais ce sont ces bruits parasitaires qui ne cessent de se rappeler à notre souvenir qui m’insupportent, me hérissent, m’enragent la couenne. Le plus tristement génial, c’est le portable qui sonne avec la Cinquième Symphonie de Bee’Thoven, le grand compositeur Klingon, et que vous êtes dans des sanisettes publiques. Vous êtes assurés d’avoir un bon public hilare quand vous sortirez du cagibi !
Cette haine du bruit tracassier est peut-être la raison finale de mon amour du lit. Au lion d’or ! Pardon, au lit, on dort ! Et quand on dort, on n’entend rien. Je vais d’ailleurs aller le vérifier pas plus tard que tout de suite…
Et comme disait Khaless : "C’est ça ! Qu’on lui crève les tympans, puis les yeux, puis la rate, puis…"
Qapla’
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