Pluribus : Vince Gilligan veut qu’on lui explique
Vince Gilligan, créateur et producteur exécutif de Pluribus, a tiré une leçon importante de ses explications lorsqu’il a dû répondre aux questions sur la signification de son premier grand succès, Breaking Bad.
Je disais sans cesse : "Voilà ce que ça veut dire. Non, vous vous trompez, ne l’interprétez pas comme ça." Et c’était une erreur de ma part. Je veux que ce soient les spectateurs qui m’expliquent la série Pluribus. Je suis convaincu qu’ils la comprennent mieux que moi. On crée la série. Pendant le tournage, je suis tellement absorbé par le travail que je ne vois pas l’ensemble, mais j’aime l’idée que d’autres l’interprètent. Je trouve que leurs interprétations sont bien plus intéressantes que la mienne.
Et c’est en effet un concept riche qui amène les spectateurs à se demander s’il aborde des thèmes profonds comme les effets de la pandémie, l’intelligence artificielle, l’immigration et d’autres sujets d’actualité. En réalité, Gilligan a eu cette idée il y a dix ans et la peaufine depuis. Il est ouvert à toutes les interprétations.
Pour parler de cela, Gilligan a récemment retrouvé ses acteurs pour parler de Pluribus, sa nouvelle série après les succès retentissants de Breaking Bad et Better Call Saul. Ce drame de science-fiction novateur met en scène un virus mondial qui a transformé la quasi-totalité de l’humanité en une entité collective de béatitude partagée. Quelques individus, ayant échappé à la contamination, tentent désormais de résister, notamment Carol (Rhea Seehorn), une romancière qui doit sauver le monde de ce bonheur soudain.
À l’origine, Gilligan pensait confier le rôle de Carol à un homme, mais lorsqu’il a commencé à écrire le scénario, c’est Seehorn qu’il avait en tête. Pour Seehorn, qui a brillé dans un second rôle dans Better Call Saul et pour qui il s’agit de son premier rôle principal dans une série, c’est particulièrement touchant, d’autant plus qu’on l’appelle par le nom de son personnage dans la rue :
Oui, c’est mon premier rôle principal, et c’est vraiment génial. Et oui, il m’arrive d’entendre "Bonjour, Carol !" dans les supermarchés, ce qui est assez drôle, mais les fans ont été absolument incroyables. Le fait que la série, y compris les propos de Vince, soit ouverte à l’interprétation et ait suscité des conversations très nuancées, avec ces incroyables changements de ton qui font passer la comédie au drame psychologique profond, soulève des questions et tout ça, fait que les gens viennent me voir avec des opinions vraiment intéressantes sur la série. Ils se sentent très impliqués et très attachés au personnage. Et je me sens très chanceuse d’avoir créé quelque chose que nous avons fait du mieux que nous pouvions, et nous en sommes tous très fiers.
Karolina Wydra (qui incarne Zosia) a, elle, immédiatement ressenti une connexion avec Carol, interprétée par Seehorn :
Ce que j’aime, c’est que Zosia est là pour subvenir aux besoins de Carol. Je suis là pour la protéger, pour qu’elle se sente comprise et bien. Et c’était formidable d’incarner un personnage qui n’exprime pas toute la palette des émotions, quelqu’un de joyeux, d’imperturbable, et de partager avec elle ces magnifiques scènes où l’on ressent toute cette palette d’émotions.
Carlos-Manuel Vesga, le premier acteur colombien à être nommé aux Emmy Awards, incarne Manousos, un homme qui, comme Carol, n’a pas été infecté et se sent profondément seul. Il a lui-même éprouvé ce sentiment, étant lui-même un étranger débarquant soudainement aux États-Unis et interprétant un tel rôle :
J’aurais aimé dire que j’en rêvais, mais je ne me le permettais même pas. C’était tout simplement impensable. Je dis simplement que ce genre de chose n’arrive pas habituellement à un acteur colombien, et pourtant, c’est arrivé.
Jeff Hiller, qui a remporté un Emmy l’an dernier pour Somebody, Somewhere et qui partage l’affiche avec une autre série nommée cette saison, Widow’s Bay (également produite par Apple TV+) , a été pour le moins surpris par sa nomination aux Emmy Awards du meilleur acteur invité dans une série dramatique pour Pluribus. Son rôle ne dure que sept minutes à l’écran, et il confie qu’il n’en avait aucune idée lorsqu’on l’a contacté pour l’interpréter. Il tient à remercier chaleureusement Seehorn et les membres de l’équipe technique pour leur générosité :
Eh bien, c’est toujours difficile d’être une guest star, et c’est particulièrement difficile dans une série au concept aussi complexe. Si ça a fonctionné, c’est uniquement parce que Rhea a sacrifié un dimanche, un jour de repos précieux pendant ce tournage exténuant, m’a invité et on a répété pendant des heures. C’est grâce à cela que la performance a été possible.
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