Stuart fails to save the universe : La Critique de la saison 1

Date : 22 / 07 / 2026 à 18h00
Sources :

Unification


STUART FAILS TO SAVE THE UNIVERSE

 Date de diffusion : Dès le 24/07/2026
 Plateforme : HBO Max
 Épisode : 1.01 à 1.10
 Créée par : C. Lorre, Z. Penn, B. Prady
 Interprètes : Kevin Sussman, Brian Posehn, Lauren Lapkus, John Ross Bowie

Stuart Bloom, propriétaire d’une librairie spécialisée en bandes dessinées, doit rétablir la réalité après avoir cassé un appareil conçu par Sheldon et Leonard, provoquant accidentellement un cataclysme multiversel. Dans cette quête, Stuart est aidé par sa petite amie Denise, son ami géologue Bert et Barry Kripke, physicien quantique et véritable casse-pieds. Au fil de leur aventure, ils rencontrent des versions alternatives de personnages que nous connaissons et apprécions. Mais comme le laisse entendre le titre de la série, tout ne se déroulera pas comme prévu.

LA CRITIQUE

Stuart fails to save the universe est la nouvelle série spin-off de l’univers lancé par la série culte The Big Bang Theory. Elle fait entièrement l’impasse sur les autres opus de la franchise pour se recentrer à la fois sur son type d’humour, mais aussi sur des personnages qui y apparaissaient souvent. Stuart y tient toujours son "magasin de BD" et y passe bien entendu le plus clair de son temps. Il est toujours très attiré par son amie Denise, une grande dégingandée très franche, et le géant Bert n’est pas loin, tout comme un "antagoniste de choix", Barry Kripke.

Toutefois, on comprend vite que les choses ne sont pas comme elles devraient être. En effet, tout ce petit monde habite un univers post-apocalyptique bourré de références à Resident Evil, Je suis une légende, et à tous ces autres films survivalistes. Les clients du magasin bravent les dangers, naturellement, pour venir chercher le dernier Batman, en l’échangeant contre des boîtes de conserve ; des gens se battent en toile de fond d’un dialogue entre deux personnages principaux, mais ces derniers ne détournent même pas la tête ; des énormes papillons de nuit tapent contre la fenêtre du magasin, mais son propriétaire précise juste qu’il faut éteindre la lumière pour les faire partir, des mains de l’enfer surgissent de terre, il suffit de les écraser, etc.

Une quête loufoque à la H2G2 est confiée à notre petit groupe, dont on ne connaît pas vraiment l’enjeu et qui est déjà, selon le titre, vouée à l’échec (si Stuart s’en charge… il y a des chances). Ils devront, quoi qu’il en soit, sauver le monde en glissant dans différents univers, à la façon de Sliders, Code Quantum ou Dr Who

L’humour de rupture cher à Chuck Lorre est là, bien entendu, et les personnages sont les mêmes que ceux de The Big Bang Theory, mais la gravité et la loufoquerie des situations les éloignent des codes de la sitcom.
Mis en scène comme un film d’action, un thriller psychologique ou un épisode de Black Mirror, les épisodes, consacrés chacun à un univers différent, emprunteront au contraire à tous ces genres, jusqu’à certaines prises de vues directement parodiées des grands films que vous reconnaîtrez, même si vous ne vous souviendrez pas forcément où vous les avez déjà vus…

Dans leurs pérégrinations, nos anti-héros croiseront bien entendu des invités surprise de la franchise, plus ou moins connus, ou de très subtiles allusions, parfois via un objet de décor ou une référence à ceux-ci, mais aussi à la culture pop américaine, à la manière des fameuses guest stars de The Big Bang Theory. Les petits panneaux de fin portant un message désuet sont aussi là, mais une sorte de discussion s’engage entre les créateurs de la série et le téléspectateur directement dans le générique de début, donnant même quelques spoilers humoristiques et tenant compte de la culture de la critique que semble posséder aujourd’hui tout le public visé.

Devenue série de SF multivers, et si l’action y fait continuellement référence, l’intérêt n’est peut-être pas là. En effet, si les personnages de The Big Bang Theory finissent par quitter leur costume de losers au cours de la série (et surtout à la fin de celle-ci), les personnages secondaires qui en sont tirés pour ce spin-off se doivent de la conserver (il faut toujours des faire-valoirs). Et le plus important d’entre eux est Stuart, l’un des plus fascinants personnages secondaires de la télé n’ayant pas pris le dessus sur la série toute entière (Sheldon avait déjà éclos et décentralisé l’intérêt de la série dès son début), avec Munch de New York Unité Spéciale et le lieutenant Randy Disher dans Monk.

La série suit donc des personnages décalés dans des mondes qui le sont tout autant, et l’humour fuse. Leurs faiblesses deviennent une force, leurs connaissances ringardes sont des valeurs sûres sur lesquelles ils peuvent compter. Les personnalités de nos anti-héros sont non seulement conservées, mais exploitées à fond, comme celle du doux géant Bert qui, plein d’empathie, sait se mettre en retrait et féliciter Stuart des avancées de sa conquête maladroite de Denise. Chacun aura plusieurs fois son heure de gloire, et même l’infâme Kripke sortira de son rôle antagoniste assez vite alors que sa première réussite est effacée par la suite des événements.

La série dit à nos personnages qu’il est sain de chercher à s’améliorer et à trouver son bonheur, mais leur dit aussi que les choses changent et que ce qu’ils pensent désirer peut tourner au vinaigre. Le "meilleur des mondes" n’en est pas un, et tous les thèmes de la SF abordés ici le leur démontrent.

L’humour peut paraître trop prenant, et dépasse même en intensité celui de The Big Bang Theory en le condensant, ainsi ceux qui n’ont pas aimé la série mère n’ont aucune chance d’aimer ce spin-off, mais l’ensemble est bien mieux fait que bon nombre de série du genre, et le nouveau groupe est fantastiquement exploité. La thématique du multivers est aussi très bien trouvée, car colle à merveille à l’univers chaotique qui entoure les agissements de ces personnalités marginales. Elles peuvent s’y exprimer à outrance, sans pomper sur les autres séries, voire même aller bien au-delà. Attendez-vous à des agissements impossibles dans les autres volets de la franchise qui prend là un tournant un peu plus adulte (malgré le caractère enfantin de ceux qui l’anime).

Véritable lettre d’amour meta à l’univers des séries populaires et aux sitcoms, la série est aussi un grand hommage à l’écriture des personnages secondaires, si importants, et à ceux qui les interprètent. Certains trouveront cela "too much", sans aucun doute, mais d’autres en seront presque émus.

Sur Unif’, nous suivront semaine après semaine, la critique de chaque épisode, sans spoiler, le jour de la diffusion.

Note de la saison :

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