War Machine : La critique du film Netflix
WAR MACHINE
– Date de diffusion : 06/03/2026
– Plate-forme de diffusion : Netflix
– Titres originaux : War Machine
– Durée du film : 1h37
– Réalisateur : Patrick Hughes (II)
– Scénaristes : Patrick Hughes (II), James Beaufort
– Interprètes : Alan Ritchson, Esai Morales, Dennis Quaid, Stephan James, Joshua Diaz, Richard Cotta, Keiynan Lonsdale, Alex King, Jake Ryan, Daniel Webber, Jack Patten, Heather Burridge, Victory Ndukwe, Matt Testro, Christopher Kirby, Blake Richardson, James Beaufort, et Jay Courtney
LA CRITIQUE
War Machine est un pur produit d’action et de science-fiction de Série B que réalise Patrick Hughes. Si ce nom ne vous dit rien, sachez que nul autre que Sylvester Stallone avait fait appel au petit Patrick quand il a fallu prendre les rênes de son Expendables 3 en 2013-2014. Depuis, le réalisateur n’a eu de cesse de monter en grade dans le petit monde de Hollywood (Hitman and Bodyguard et Hitman and Bodyguard 2) pour finalement devenir ce cinéaste qu’on choisit pour mettre en scène des films toujours plus musclés. Et en parlant de muscles, le long métrage met en scène un certain Alan Ritchson, celui-là même qui a pris le pouvoir au royaume hollywoodien des films d’action depuis qu’il incarne Jack Reacher dans la série dédiée au plus célèbre ancien colonel de la Police Militaire. Bref, le War Machine de cette année (à ne pas confondre avec la satire Netflix de David Michôd sorti en 2017) possède tous les ingrédients pour faire passer les abonnés du streamer, fan d’action sans trop se prendre la tête - et j’en fais partie, un bon moment.
Le film met donc en scène une bande de soldats en quête du Saint Graal : réussir les épreuves de sélection du fameux RASP (Ranger Assessment and Selection Program, entendez Programme d’évaluation et de sélection des Rangers), réputé le plus sélectif et difficile au monde. Après une série d’épreuves, un groupe d’une quinzaine d’hommes et de femmes, sensés être les meilleurs parmi tous les candidats, sont envoyés au milieu de nulle part - sans doute dans Les Rocheuses (c’est en tout cas ce qu’on veut nous faire croire, mais le tournage a eu lieu entre autres en Nouvelle-Zélande) - et entament l’ultime épreuve : "La Marche de la Mort". Mais avant de devenir des membres de l’élite de l’Armée Américaine, ils devront faire face à quelque chose qui n’était pas du tout prévu au programme : Une machine venue d’ailleurs - qui ressemble étrangement à l’ED-209 de Paul Verhoeven, version géant - atterrit sur Terre en catastrophe et les prend pour cible !
War Machine prend son temps. Le film emprunte le schéma narratif classique : un premier acte qui nous laisse découvrir le personnage principal, Numéro 81, celui tenu par Ritchson. Vétéran d’Afghanistan, ingénieur de métier, on sait pourquoi, après avoir été blessé au combat, il veut tant réussir le RASP, et ce qu’il est prêt à faire pour y arriver. Occasion également de découvrir les autres personnages subalternes du film. Et si le second acte est exclusivement dédié à décrire l’arrivée de ladite machine de guerre, et à montrer comment elle si prend, tel un Yautja mécanique, pour décimer ce qui se fait de presque mieux chez les militaires américains, le troisième acte est celui du combat final, celui de l’homme contre la machine.
Le film pose évidemment la question du sens que l’on donne au titre : War Machine. Parle-t-on de l’objet non identifié qui semble avoir été construit exclusivement pour tuer ? Ou parle-t-on de Numéro 81 ? Ce dernier, par son aptitude au combat, sa détermination et sa rage de vaincre, prend des allures de véritable machine à vaincre n’importe quel ennemi. Ritchson campe d’ailleurs ce rôle à la perfection. Il n’est pas simplement Monsieur Muscle dans une tête bien faite. 81 est également vulnérable, et cette vulnérabilité donne de l’épaisseur (sans mauvais jeu de mots) au personnage.
Mais dans un ensemble plutôt réussi, la fin du film est néanmoins précipitée : aucun ingénieur dans tout le monde entier n’a réussi à trouver la faille de la Machine de Guerre, et il a fallu un simple soldat - même s’il a lui même une formation dans l’ingénierie - pour leur montrer comment y parvenir. De plus, bien amoché par son combat titanesque contre la machine, 81, le genou en vrac, de retour à la base sur une seule jambe, se met tout à coup à gambader - tel un jeune premier - vers les autres combats qui l’attendent. Ces deux choix scénarisriques, survenant l’un à la suite de l’autre, à la toute fin du film, enlèvent une partie de sa crédibilité à l’ensemble, c’est dommage.
Enfin, War Machine se place-t-il comme le premier film d’une franchise à explorer et à exploiter ? L’évènement décrit dans le long métrage n’est pas isolé. Il fait partie d’un cataclysme mondial contre lequel le Monde va devoir s’unir et se battre. Par la révélation finale, le film pose-t-il les jalons pour une suite ? Cette fin me fait penser à World Invasion - Battle Los Angeles, où, dans un contexte comparable, une équipe de soldats découvre comment se débarrasser d’un envahisseur alien, le film se terminant sur ces soldats en quête de victoire contre un ennemi qu’ils savent désormais vaincre. Sauf que World Invasion - Battle Los Angeles n’a jamais connu de suite. En sera-t-il de même ici ?
War Machine est donc un film d’action dans le domaine de la science-fiction qui fait le boulot : celui de nous divertir quand on a deux heures à tuer, ou si on veut passer une soirée peinard dans son canapé. À un acteur principal qui crève l’écran, on ajoute un réalisateur qui maîtrise son sujet et qui livre une vision de l’héroïsme exacerbée. On regarde le long métrage sans se demander quelle heure il est, ou même si la fin arrive bientôt. Un film haletant et percutant qui ne se prend pas trop la tête. Bien joué Netflix...
NOTE
SYNOPSIS
Après la mort de son frère au combat, un ingénieur militaire rejoint les Rangers de l’armée américaine et participe à un exercice d’entraînement de routine au cours duquel son platoon et lui-même rencontrent une gigantesque machine meurtrière venue d’un autre monde.
BANDE ANNONCE
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