Ça - Bienvenue à Derry : Bill Skarsgård évoque son approche de Bob Gray

Date : 11 / 12 / 2025 à 16h00
Sources :

HBO Max


Aujourd’hui, dans cette deuxième partie de la longue interview de Bill Skarsgård distribuée à la presse internationale, nous allons aborder avec lui son approche du personnage de Bob Gray dans la série. Immanquablement, certains éléments constituent des SPOILERS, mais uniquement d’épisodes déjà diffusés au moment où vous lisez ces lignes (pour être plus précis, des épisodes 5 à 7).

Andy dit que vous avez discuté tous les deux de la possibilité de continuer l’histoire pendant le tournage de Ça : Chapitre 2, et que vous étiez très intéressé par Bob Gray, l’identité humaine que Pennywise prétend parfois avoir dans le roman de Stephen King.

Je me souviens qu’on a beaucoup discuté pendant le tournage du deuxième film, du genre : pas exactement à la série, mais il en reste des traces. J’avais l’idée de faire un troisième long-métrage, très différent des deux premiers, au niveau du ton. C’était une sorte de préquelle intéressante, une histoire d’origine, sur l’homme derrière le masque. L’homme que Pennywise s’approprie, mange et dont il prend l’apparence, à savoir Bob Gray. C’était une idée que nous avions effleurée dans le deuxième film. C’était un personnage complètement différent que nous avons pu explorer dans la série.

Dans l’épisode 6, on voit Mme Kersh rencontrer l’entité Ça en utilisant une petite fille de l’hôpital psychiatrique de Juniper Hill comme appât. Elle reconnaît ce clown comme son père disparu, mais nous ne savons pas encore qui était vraiment Bob Gray. Parlez-nous de votre expérience en tant que Pennywise dans cette scène. Il a un moment de confusion apparente lorsqu’elle n’a pas immédiatement peur de lui.

La scène de flashback était amusante car c’était quelque chose qui s’est produit sur le moment. Il réalise qui elle est et qu’elle pourrait lui être utile, c’est un peu comme s’il disait : « Hein… ? Oh ! » Et puis il se met à rire. Je pense que le plus important, c’est qu’il ne cherchait pas à être gentil avec elle. C’est juste une créature calculatrice
qui se dit : « Oh, maintenant je sais qui elle est. Et elle peut me servir ! » C’est ce petit moment auquel vous faites référence dans cet épisode.

On découvre le vrai Bob Gray dans l’épisode 7, Le Black Spot, travaillant comme artiste dans la fête foraine itinérante qui fait étape à Derry en 1908. Quelle liberté aviez-vous pour le représenter ? Évidemment, il a votre visage puisqu’il imite cette personne, mais les cheveux, la voix, l’apparence physique, tout est très différent.

Je ne pense pas qu’il me ressemble beaucoup ! Il y a une photo de Bob Gray dans les films, alors on a créé la prothèse, avec une sorte de crâne chauve géant et de faux sourcils, pour cette photo. Dans la série, on a gardé le même look pour les flashbacks de Bob Gray. Dans le deuxième film, il y a une scène où Pennywise se maquille avec du sang pour ressembler à Bob Gray. On l’avait donc aperçu, mais vous n’aviez jamais vu le vrai Bob Gray. Vous aviez toujours vu soit une photo, soit Bob Gray en train d’effrayer quelqu’un.

Ça : Bienvenue à Derry révèle que Bob Gray n’est pas malveillant. C’est un pauvre type. Il a une jeune fille, qui deviendra plus tard Mme Kersh, et il partage avec elle de véritables moments de tendresse tandis qu’elle prépare son costume de clown, celui de Pervenche, le rôle que sa défunte mère interprétait.

Dans cette scène, on avait l’impression qu’il disait : « Oh, c’est un père si gentil ! » C’était cet homme innocent et doux qui a perdu sa femme. Je suis sûr qu’il aime sa fille, mais je ne voulais pas d’une version aussi simplifiée et réduite à ce personnage. C’est un alcoolique, et je pense qu’il est vraiment malheureux parce qu’à un moment de sa vie, il était au grand cirque, sous le chapiteau, et maintenant il est réduit à cette fête foraine itinérante. Il n’est donc pas très heureux là où il est. Il a sa fille, mais il a perdu sa femme et il boit beaucoup trop. Il y a quelque chose d’amusant dans son côté sardonique et amer, même si nous n’avions que quelques scènes pour le montrer. C’est différent. Ce n’est pas Pennywise.

Dans le flashback de 1908 de l’épisode 7, on voit même le numéro qui capte l’attention de Ça, qui observe depuis une grange voisine sous la forme d’un petit garçon inquiétant.

C’était vraiment intéressant d’interpréter Bob Gray dans le rôle de Pennywise. Je me demandais : « Comment rendre humaine la version du clown ? » Ce n’est pas l’entité démoniaque en elle-même, mais ce qu’elle imite.

C’est une surprise quand on ouvre la porte des coulisses et qu’un nouveau visage apparaît, avec le maquillage familier, mais on devine la ligne du crâne chauve.

On est au début du XXe siècle, donc c’est une sorte d’imitation de vaudeville. Je me suis bien amusé. Je n’avais pas l’impression d’avoir complètement cerné le personnage de Bob Gray. Puis je me suis dit : « OK, maintenant je joue Bob Gray. » Mais Bob joue Pennywise, son numéro de clown. Il y avait donc plusieurs niveaux de lecture. Plus on ajoute de niveaux à une performance,
plus on s’éloigne de soi-même.

En fait, c’était un clown plutôt drôle. Son numéro n’a rien de sinistre. C’est un vrai spectacle pour enfants.

Tout était chorégraphié et écrit en séquence. Oui, il y a quelque chose de touchant là-dedans. Je pense que Bob Gray est un artiste qui utilise sa vie comme divertissement. Il y a donc la tristesse de la perte de sa femme dans ce petit numéro de clown assez bizarre. Mais les enfants semblent apprécier, et c’étaitle but. Le but, c’est que l’entité de Ça voie les enfants attirés par ce clown, et elle trouve cela utile.

À la fin de son spectacle, Bob Gray se tourne vers le public et lui sourit, un sourire tout à fait ordinaire. Mais la petite marionnette de créature des bois à côté de lui se tourne elle aussi… et elle arbore les deux dents proéminentes de la version de Pennywise dans Ça.

C’est voulu ! Le fait que le gopher [NDLR : Petit mammifère fouisseur d’Amérique du Nord, proche de la marmotte] ait les yeux jaunes et les dents de lapin est voulu. L’entité de Ça incorpore le gopher et l’homme. Exactement.

Pouvez-vous me parler de la voix de Bob Gray ? Car il a une façon de parler très particulière, avec une intonation très musicale. Il me fait penser à W.C. Fields.

Il y avait quelque chose dans cette époque qui m’a fait dire : « Tiens, il y a du potentiel. » Quand j’ai eu le physique de ce type, j’ai su qu’il me fallait une voix pour compléter ce visage, et c’est ce qui est sorti. C’est ma façon d’imiter le style d’antan. Qui sait vraiment d’où il vient, mais il est d’une autre époque, il est très sec et il fume beaucoup. Ça se ressent dans sa façon de parler.

Cette nuit-là, un petit garçon inquiétant l’approche et tente de l’entraîner dans les bois. Bob Gray fume et boit un verre et, d’un ton irascible, lance au gamin : « Tu ne vois pas à quel point je suis occupé ? »

Je me suis bien amusé avec le personnage de Bob Gray, surtout dans cette scène avec le petit garçon. À l’origine, c’était écrit : Bob Gray est très inquiet pour cet enfant qui apparaît et il s’enfonce dans les bois. « Oh, je vais t’aider… » Mais je me disais : impossible. Ce type n’aime pas du tout les enfants. Il est en pause, il boit du whisky, il fume, et au début du XXe siècle, je ne pense pas que les adultes étaient connus pour
être très gentils avec des enfants étrangers à l’allure de sans-abri. De toutes les scènes de la série, celle-ci est celle qui m’a le plus fait rire, du moins en termes de jeu d’acteur. J’ai trouvé Bob Gray assez amusant.

Dans le prochain article, nous aborderons la relation père-fille, avec Ingrid Kersh.


Copyright © par leurs ayants droits. Tous droits réservés. Les séries et films, leurs personnages et photos de production sont la propriété de leurs ayants droits.



 Charte des commentaires 


Ça - Bienvenue à Derry : Pourquoi la série n’a toujours pas été (…)
Ça - Bienvenue à Derry : Un acteur emblématique confirme son (…)
Ça - Bienvenue à Derry : Un spin-off avec Dick Hallorann ?
Ça - Bienvenue à Derry : Un plan épique pour les saisons 2 et 3
Ça - Bienvenue à Derry : Bill Skarsgård aborde le nouveau Ça
Star Wars - The Mandalorian & Grogu : Un retour aux sources (…)
Man Of Tomorrow : Des tournages dans une prison qui suscitent la (…)
John Rambo : Noah Centineo pense avoir triché pour obtenir son rôle
Paris Police 1910 : Critique des deux premiers épisodes Canal+
Avengers - Endgame : Jon Favreau reconnaît qu’il a eu tort
L’Enfant bélier : La critique
Antonio Banderas : Il ne pouvait jouer que des méchants en raison (…)
Brèves : Les informations du 28 avril
The Boys Universe : Marie Moreau qui pleure, le Petit Soldat qui rit !
Netflix - Bandes annonces : 28 avril 2026
Unification france est copyright (c) 1997 - 2026 Unification France. Tous droits réservés.