À la frontière du continent : La critique des premiers épisodes

Date : 14 / 10 / 2025 à 16h00
Sources :

Unification


À LA FRONTIÈRE DU CONTINENT

 Date de diffusion : 10 octobre 2025
 Plate-forme de diffusion : Apple TV
 Épisodes : 1.01, Blue Skies - 1.02, Wind of Change
 Réalisateurs : Sam Hargrave, John Curran
 Scénaristes : Jon Bokenkamp, Richard D’Ovodio, Melissa Glenn
 Interprètes : Jason Clarke, Dominic Cooper, Haley Bennett, Simone Kessell, Dallas Goldtooth, Tait Blum, Alfre Woodard, Clifton Collins Jr, Johnny Knoxville, Rusty Schwimmer, Sam Hargrave, John Slattery

LA CRITIQUE

Au fin fond de l’Alaska, un vol J.P.A.T.S. (Justice Prisoner and Alien Transportation System, comprenez "Système de transport des prisonniers et des étrangers de la Justice") en difficulté s’écrase, laissant s’échapper dans la nature sauvage et hostile une centaine de prisonniers plus dangereux les uns que les autres. Mais ce ne sont pas ces tueurs et autres dangereux individus qui intéressent le plus. Un certain Havelock, prisonnier de la CIA monté à bord de l’avion dans le plus grand secret, occupe les préoccupations de Frank Remnick (Jason Clarke). Secondé par un agent de la CIA (Haley Bennett), le Marshal fera tout pour respecter son serment : protéger la population de Fairbanks. Et, tel un Jack Bauer dans son Jour 1 de 24 Heures chrono, Frank devra également jongler entre sa mission de Marshal et la possibilité que les membres de sa famille connaissent des évènements irréversibles.

Dés les premières minutes, The Last Frontier pose le décor : au milieu de la nuit, un prisonnier encagoulé, menotté de la tête au pied, et la vue et l’ouïe obstruées monte à bord d’un transport de prisonniers, les Marshal qui organisent le vol ne pouvant pas dire non à la très puissante CIA. Quand une explosion ouvre une brèche dans la coque de l’avion, les pilotes ne peuvent pas faire mieux que se poser en catastrophe au beau milieu de nulle part alors qu’il fait -10° dehors. Frank Remnick, un "bouseux" du coin, accessoirement directeur de l’antenne des U.S. Marshal en Alaska, est envoyé sur place, découvre le pot aux roses, et se voit adjoindre les services d’une jeune agente de la CIA, alcoolique notoire, qui semble plus intéressée par protéger ses arrières plutôt que retrouver celui qu’elle a aidé à créer : Havelock.

Les deux premiers épisodes de la série, également titrée en France À la frontière du continent, sont très savamment orchestrés, laissant un doute sur la véritable identité de Havelock, emmenant les équipes de recherche sur de fausses pistes, et la réalisation si particulière de Sam Hargrave fait le reste. Le réalisateur - ancien cascadeur - de Tyler Rake utilise ce qui a fait de lui le cinéaste d’action si efficace : il utilise encore une fois les fameux plans-séquences si caractéristiques de la franchise de Netflix avec Chris Hemsworth. Le mystère entourant les deux personnages principaux est également cultivé avec minutie, levant le voile progressivement sur les traumatismes qui les secoue.

Les scénarios de Jon Bokenkamp, créateur de Blacklist, Richard D’Ovodio et Melissa Glenn oscillent entre action, espionnage de haut niveau et enquête policière, entremêlés de secrets, de mensonges et de trahisons. Mais si la série est presqu’exclusivement dédiée à l’intrigue en lien avec la CIA, il reste également plusieurs dizaines de prisonniers à retrouver, et À la frontière du continent ne l’oublie pas. La série met également en scène un personnage de premier plan, là, sous nos yeux : la nature sauvage et impitoyable de l’Alaska. La série ne serait tout simplement pas la même si elle avait eu lieu ailleurs.

Les épisodes ne le disent pas, mais À la frontière du continent a un petit quelque chose de la saga Jason Bourne. Voir un pur produit de la CIA, issu d’un "protocole" expérimental, mettre la pâtée à ses poursuivants fait évidemment penser aux programmes Treadstone ou Outcome de la franchise d’action de Doug Liman / Paul Greengrass. Se plaçant en plus dans la glaciale Alaska, on s’attend à voir débarquer de nulle part le Aaron Cross de Jeremy Renner...

À la frontière du continent remplit son office, permettant aux abonnés de Apple TV de passer un moment agréable devant leur écran. La série devrait s’inscrire là encore dans le haut du panier du streamer (mais existe-t-il un bas du panier sur la plate-forme de streaming à la pomme ?). Et puis, une série qui intitule un de ses épisodes du même titre qu’un hit de Scorpion ne peut pas être mauvaise non plus...

NOTE ÉPISODES

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