
J’aime pas les fêtes !
NuqneH !
Et ben non ! Je ne les aime pas, ces fêtes décidées, organisées. Il est obligatoire d’être gai, de faire ribouldingue. C’est la règle ! Tu es cancéreux, tu viens de te faire plaquer par Bobonne, tu as été viré de ton boulot ; qu’importe ! C’est le moment de faire la fête, donc, tu la fais.
Et ceux qui sont seuls, malades, désespérés, on s’en fout : IL FAUT FAIRE LA FÊTE !! Madame La Société de Consommation l’a dit, il faut obéir. Sinon, t’es un ringard, une lopette, un moins que rien…
Attention, je ne parle pas des fêtes que l’on décide pour un anniversaire, ou la réussite d’un diplôme, ou même un mariage. Celles-là ont un sens, une raison : on est heureux de ce qui arrive à un ami, il est normal qu’on se réjouisse avec lui et pour lui. C’est une fête décidée par les participants, libres de choisir de faire la bamboche.
Mais les fêtes de fin d’année, par exemple. Oh, ces p… de fêtes de fin d’année ! Avec leurs guirlandes, leurs lumières, leurs ravalement de façade à la peinture dorée… Bientôt, les gens s’enguirlanderont eux-mêmes ! (Notez qu’ils le font déjà toute l’année en homonymie).
Ces fêtes institutionnelles auxquelles il faut se plier. Fêter la fin d’une année qui vous a peut-être apporté un décès, une sale blague ou autre chose, pour en accueillir une nouvelle qui sera peut-être pire...
Mais faut faire la fête, arborer des mines réjouies devant ceux qui n’auront rien parce qu’ils sont à la rue, ou seuls. Bien leur montrer que nous, on est heureux... ou qu’on fait semblant de le croire.
On va dépenser, se faire des cadeaux, la bise et tout le reste. OK, il y a des groupes qui seront sincères et vraiment heureux de se retrouver. Il y en a même qui iront voir les exclus, ceux qui n’y ont pas droit, à ces fêtes de consommation internationale. Mais ceux-là sont d’irréductibles gaulois inadaptés, qui font encore passer le cœur avant le porte-monnaie... de merveilleux fous qu’ils vaut mieux ne pas fréquenter, des fois qu’y seraient contagieux.
Et pendant ce temps, les marchands de jouets, de réjouissances, de produits de luxe se frotteront les mains, palpant de leurs doigts crochus, noirs, jaunes ou blancs les beaux billets tout neufs fraîchement acquis... La fabrique à cornards fonctionne tant et plus, et on dépense, et on dépense !
On dépense même tant qu’on finit par croire que c’est le prix payé qui fait le plus beau cadeau, le plus estimable. Alors qu’un tout petit truc offert du fond du cœur est tellement plus merveilleux…
Je préfère aller me coucher, faire la fête seul dans mon lit, en me consolant par la pensée que cette période a quand même parfois gardé un point positif : la trêve de Noël.
Et comme disait Khaless : "Toujours dans le rêve, le bonhomme !"
Qapla’
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