
Cadences infernales
NuqneH !
Bien que j’aie l’immense privilège d’être un fier guerrier, dont la principale occupation sont les campagnes glorieuses au nom de l’Empire, ainsi que la rédaction de ces chroniques passionnantes que vous attendez tous avec la bave au lèvres et le cœur qui monte de 3 à 5.000 pulsations minute, selon l’espèce à laquelle vous appartenez, il m’arrive d’aller traîner mes bottes à pointe dans certaines grosses entreprises, employant de nombreux salariés...
J’ai souvent eu au cours de ma loooooongue vie, l’occasion d’y passer, mais ma dernière visite en date fut pour moi une véritable angoisse. Les tendances que j’avais déjà eu l’heur de remarquer avaient progressé de façon exponentielle !
En effet, à peine arrivé, je fus stupéfait de voir que chaque employé venait soit d’enterrer sa grand-mère, soit de recevoir sa feuille d’impôts, se partageant en deux camps : ceux qui semblaient porter le poids du Pas’Kal’Os sur leurs épaules, et ceux qui semblaient prêts à faire un carnage de fauve psychopathe venant de voir Saw VI (à Strasbourg, Toulouse ou Frankfort, bien sûr).
Dans un des entrepôts, je vis des manutentionnaires se lancer les caisses comme s’ils étaient en plein match de rugby, avec essais et plaquages, en tirant une tête butée et renfrognée. Lorsque je m’enquis de la raison du peu de soin qu’ils apportaient à leur travail, ce fut pour m’entendre dire : "Pour ce qu’on est payés, faut bien qu’on s’amuse un peu ! Et puis comme on sera peut-être à la porte demain, on prépare notre reconversion dans le sport !".
Puis dans les bureaux, certains mettaient des bombes sous les sièges de leurs petits camarades, d’autres versaient subrepticement du poison dans leurs verres... Tandis que certains travaillaient comme des fous, sans prendre le temps de s’éponger le front, et que d’autres s’amusaient à leur repasser leur propre travail...
Je remarquai alors un autre groupe qui se terrait sous les bureaux, verts de peur... Je ne manquai point de les houspiller, leur disant que cette peur n’était pas digne d’un Klingon, mais me répondirent qu’ils eussent préféré cent fois se battre Bat’leth à la main contre cent Romuliens et leurs belles-mères que souffrir ce que leur faisait subir leur petit chef de service à gourmette de cadre (comme disait D’Porgh’)...
Bref, cette entreprise avait tout l’air d’un laboratoire de l’enfer, dans lequel on aurait testé les pires tourments. Je me félicitai d’avoir passé ma vie sur les champs de bataille plutôt que cette entreprise capable de ravaler le plus fier Klingon au rang du ver de terre... Je continuai ma visite au sein des bureaux, mais cela est une autre histoire...
En attendant, je préfère oublier cette horreur entre les doux draps soyeux de ma couche...
Et comme disait Khaless : "Ce s’rait-y pas plutôt le travail qui l’horrifierait ?…"
Qapla’
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