68, mon père et les clous : La critique

Date : 27 / 04 / 2019 à 09h00
Sources :

Unification


Ce premier film de Samuel Bigiaoui est un documentaire sur les derniers mois de la boutique de son père, Bricomonge, une quincaillerie située rue Monge à Paris. Alors qu’elle doit être bientôt remplacée par un Carrefour, le film permet d’observer la mélancolie du patron et des clients face à la fin d’une époque où chaque boutique du quartier était un point de référence et où les commerçants étaient des personnes participants à notre vie.

Bigiaoui filme donc, pendant quelques mois, son père, qui tient depuis 30 ans cette boutique. Voilà qu’on suit les relations complices du père du Samuel avec les clients et les amis qui passent juste pour dire « bonjour », mais aussi avec ses employés, tous d’origines diverses et plein d’affection pour ce patron un peu atypique.

Parce-que la belle idée de Samuel Bigiaoui, c’est de mélanger deux histoires en même temps, celle de la boutique bien sûr, mais une autre plus personnelle : le portrait de son père. Homme intellectuel et cultivé, ancien maoïste, militant dans les années 60-70 qui a finalement choisi comme vie d’ouvrir ce petit commerce.

C’est très touchant de voir le réalisateur chercher à le comprendre dans un mélange de pudeur et de questions franches. Parce que l’intérêt de Samuel Bigiaoui est aussi de comprendre cette génération gauchiste et militante qui a certainement vécu quelque chose d’unique, mais dont les générations suivantes tentent encore de comprendre les motivations et les contradictions, comme par exemple à être contre le système capitaliste puis se lancer dans le commerce…

Le rythme de son film est très maîtrisé sans longueurs inutiles avec un montage impeccable. À noter le très bon travail de postproduction sur l’image qui donne une uniformité à l’ensemble du film.

C’est un plaisir de découvrir un film si personnel et en même temps si peu égocentrique.

SYNOPSIS

Ouverte il y a 30 ans, en plein Quartier latin, la quincaillerie de mon père est un haut lieu de sociabilité. C’est aussi l’ancien terrain de jeu de mon enfance. Bricomonge va fermer. À l’heure de l’inventaire et des comptes, j’accompagne mon père dans les derniers moments du magasin. Et je cherche à comprendre ce qui a amené le militant maoïste qu’il était dans les années 1960-1970, intellectuel diplômé, à vendre des clous.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

– Durée du film : 1 h 24
– Titre original : 68, mon père et les clous
– Date de sortie : 01/05/2019
– Réalisateur : Samuel Bigiaoui
– Scénariste : Samuel Bigiaoui
– Photographie : Samuel Bigiaoui
– Montage : Saskia Berthod
– Producteur : Petit à petit production
– Distributeur : Sophie Dulac Distribution

LIENS

– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB

PORTFOLIO

68 mon père et les clous

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