El Acompanante : La critique
El Acompañante, "C’est l’histoire de deux antihéros reliés par une même cause : se remettre d’une dure chute." Dixit Pavel Giroud, auteur pleinement investi qui nous livre le picth de son film sur un ton quasi sarcastique :
« Dans les années 80 à Cuba, on enfermait les malades du SIDA dans un
Sanatorium géré par des militaires. Les patients ne pouvaient en sortir qu’une fois par semaine, surveillés par un accompagnant. Mon film raconte l’histoire de l’un d’entre eux, un boxeur célèbre sanctionné pour dopage et obligé de travailler comme l’accompagnant du patient le plus conflictuel ».
Audacieux, sans prévenance pour le pouvoir ni condescendance envers les malades et leur entourage, le scénario fait mouche. Et suscite un vif intérêt pour la société cubaine et la manière dont ont été gérées "certaines priorités", traitée la population, durant quelques années, afin d’offrir en façade, la vision d’un pays d’exception.
"El Acompañante n’est pas un projet complaisant... Ce n’est pas un film qui met en avant les avancées de la santé publique ou les exploits sportifs. C’est une histoire qui s’avance dans des zones grises de la société et explore la condition humaine face à des situations extrêmes..." revendique le réalisateur.
Et c’est passionnant. Le spectateur s’en rendra vite compte.
La grande force du film réside dans une interprétation sans faille à tous les niveaux. Pas de véritable "premier rôle", pas de "second plan". Tous les comédiens sont admirables, chacun à leur place et expriment leur partition avec intelligence et talent.
La limite entre documentaire et fiction est ténue, tant leur naturel nous entraîne dans le morne quotidien de leurs personnages, dessinés avec soin.
L’histoire est là et bien écrite. Le récit d’une aventure humaine avant tout, dans un contexte socio-politique qui fait un décor plus qu’exotique. Une intrigue bien menée, dans une ambiance générale qui interpelle à l’heure où l’île s’ouvre enfin au Monde, depuis la levée de l’embargo américain.
Un film de belle facture. Une technique efficace. Image, illustration musicale parfaitement étudiées. Une mise en scène millimétrée, dans des cadres bien choisis. Un ensemble qui nous fait voyager. Au delà de la destination géographique, ce "convoyage" nous permet de découvrir non seulement un pays mais aussi et surtout sa population, dans un environnement rarement dévoilé à l’étranger.
L’impression de se glisser dans des endroits jusqu’alors interdits, d’apprendre des choses cachées pendant des années au reste de la planète est une sensation plutôt inédite.
Le bémol, si l’en est un, serait la dureté du propos et la violence induite par la situation, même si peu d’images sont véritablement "choquantes. Evidemment destinées à un public averti, qui se réjouira de la qualité indéniable de l’oeuvre. Qui mérite incontestablement le Prix du public - Prix CCAS remporté au Festival Cinélatino 2016.
Captivant.
SYNOPSIS
Cuba, années 80. Horacio Romero, boxeur accusé de dopage, est contraint de devenir l’accompagnateur de Daniel, un jeune soldat qui a contracté le SIDA lors d’une mission en Afrique.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 44
– Titre original : El Acompañante
– Date de sortie : 17 août 2016
– Réalisateur : Pavel Giroud
– Scénaristes : Alejandro Brugués, Pierre Edelman, Pavel Giroud
– Interprètes : Yotuel Romero, Armando Miguel Gómez, Camila Arteche
– Photographie : Ernesto Calzado
– Montage : Jacques Comets
– Musique : Ulises Hernández, Sergio Valdes
– Costumes :Celia Ledón , Lisandra Ramos
– Décors : Onelio Larralde
– Producteur : Daniel Díaz Ravelo
– Distributeur : Happiness Distruibution
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