La Terre et l’ombre : La critique
La Terre et l’ombre commence par le retour, non pas du fils, mais du père prodigue. Alfonso ne revient pas pour reconquérir sa femme Alicia, mais pour accompagner son fils Gerardo gravement malade. Ce dernier qui vit avec sa mère mais aussi sa femme Esperanza et son fils Manuel, a développé une maladie respiratoire sans grande chance de rémission, à cause de la fumée émise par le brûlage des champs de canne à sucre entourant leur maison. Une maison pour laquelle Alicia s’était battue, afin que les industriels de la canne à sucre ne se l’approprie pas. La maladie de Gerardo est malheureusement devenue le dramatique prix à payer pour toute la famille.
Ce sont sur ces bases au combien tragiques que repose l’intrigue de La Terre et l’ombre. Ainsi les difficultés d’Alfonso pour rétablir la communication avec ses proches constituent le cœur du film et des saynètes très touchantes entre Alfonso et son petit-fils ponctuent le film. La force du film est de nous montrer la brutalité des sentiments comme la colère ou la culpabilité qui vont s’opposer au rétablissement des liens d’Alfonso avec les autres membres de sa famille. Parallèlement, le film présente un ancrage plus politique et sociologique en présentant les conditions de travail très précaires auxquelles sont confrontées Alicia et Esperanza, ouvrières sur les champs de canne à sucre.
La Terre et l’ombre est un film terriblement poignant. Il montre le deuil d’une Terre et d’êtres que l’on sacrifie au nom du progrès. Le film montre frontalement les ravages collatéraux de la mondialisation sur les plus fragiles. Les acteurs, pour la plupart amateurs, sont impressionnants de justesse et la caméra scrute avec une grande maîtrise la souffrance qui s’exprime sur leur visage et sur leurs corps.
Les nombreux plans-séquences donnent à la mise en scène une grande ampleur, permettant de montrer le désastre proche du cauchemar éveillé auquel font face les personnages. La Terre et l’ombre a d’ailleurs été très justement récompensé par la Caméra d’or, lors du dernier Festival de Cannes. Le choix du réalisateur de privilégier la puissance des images aux dialogues presque absents, égarera sans doute une partie du public. Mais pour ceux qui seront sensibles à l’atmosphère qui se dégage du film, une émotion intense les habitera bien après la projection du film.
SYNOPSIS
Alfonso est un vieux paysan qui revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade. Il retrouve son ancienne maison, où vivent encore celle qui fut sa femme, sa belle-fille et son petit-fils. Il découvre un paysage apocalyptique. Le foyer est cerné par d’immenses plantations de cannes à sucre dont l’exploitation provoque une pluie de cendres continue. 17 ans après avoir abandonné les siens, Alfonso va tenter de retrouver sa place et de sauver sa famille.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 01h37
– Date de sortie : 03/02/2016
– Réalisateur : César Acevedo
– Scénariste : César Acevedo
– Interprètes : Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa, Matrleyda Soto
– Photographie : Mateo Guzmán
– Montage : Miguel Schverdfinger
– Décors : Marcela Gómez Montoya
– Producteurs : Burning Blue, Ciné Sud Promotion, Topkapi Films, Rampante Cine
– Distributeur : Pyramide Distribution
LIENS
PORTFOLIO
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