I have a dream ...
NuqneH !
"Ben, tu t’emmerdes pas quand tu rêves !!!", m’a sorti pas plus tard que ré-cemment un bon ami à moi, après que je lui eusse narré les péripéties oniriques de ma nuitée précédente. Pourtant, mon songe n’avait pas été bien étrange, si l’on pense que je n’avait fait qu’imaginer que j’étais devenu président de la république dans l’ancienne France de la Terre. J’étais un petit bonhomme tout excité, courant partout comme un fou, montant sur des escabeaux pour crier plus fort que les au-tres… Pas bien allumé, mon rêve, non ?
Et pourtant, si je lui avais confié mon vrai rêve, celui que je fais depuis des années, depuis des siècles, me semble-t-il…
Il est tellement fou que je n’ose en parler. Tellement ridicule que mon front rougit à l’idée de la partager.
Il parle d’Amour.
Oh, je sais à quel point c’est idiot, dépassé, ridicule…
Pas l’amour avec un petit "q", non, celui avec un grand "A". Celui qui fait gon-fler le cœur lorsque l’on accepte d’être le vieux ringard qui ose persister à y croire.
Cet amour qui pousse à accepter l’autre, tel qu’il est, avec ses valeurs, ses défauts, ses qualités, ses richesses et ses pauvretés. Cet amour qui permet de dé-couvrir les beautés de…
Mais qu’est-ce que je raconte ? C’est un rêve, un rêve ridicule ! Comme si l’autre pouvait avoir un intérêt quelconque ! Comme si on pouvait faire de nos jours quelque chose gratuitement, sans en attendre un rapport sonnant et trébuchant !
Ce n’est même plus du rêve, mais du délire ! Je devrais me faire enfermer ! Il faut penser mondialisation, actionnaires, rapports économiques : être de son temps !
De ce temps atomique, où chaque humain est un numéro, une statistique. Où nos chers règlements sont les seules échelles de valeurs rassurantes et cade-nassantes. Ouf ! J’ai failli m’égarer.
Je vais retourner me coucher, en espérant songer à de bons bilans positifs, qui permettront d’acheter les super machines qui remplaceront les ouvriers dont on pourra enfin se débarrasser, eux qui nous coûtent si cher ! Tout ira donc bien !
. . .
Mais alors, pourquoi est-ce que je me sens si mal ?
Et comme disait Khaless : "T’es pas le seul !"
Qapla’
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