Youth : La critique

Date : 06 / 09 / 2015 à 14h16
Sources :

Unification


Youth est un très beau film qui parle de la célébrité et de la vieillesse d’une façon fort originale et rarement racontée au cinéma. Un hôtel luxueux en Suisse est l’écrin parfait de cette comédie dramatique douce-amère.

C’est une très bonne idée de montrer la vie d’hommes du spectacle célèbres vieillissant, l’un compositeur et chef d’orchestre à la retraite et son ami réalisateur fameux travaillant sur son dernier projet cinématographique. Deux facettes du milieu artistique qui permettent à la fois d’avoir un aperçu plus vivant que nature de l’envers du décor du cinéma et de la musique symphonique.

En plus d’une description pointue des deux protagonistes principaux, c’est toute une galerie de personnages finement brossés qui se décline dans Youth. Le jeune acteur en vogue qui vient à l’hôtel pour se documenter sur son futur rôle, la fille d’un père célèbre qui lui sert d’agent, l’actrice à succès, et tous les résidents de cet hôtel qui attire le gotha du monde.

C’est vraiment la distribution qui est l’un des points forts du film avec un Michael Caine excellent, qui livre l’interprétation d’une justesse formidable d’un homme qui se retire progressivement de la vie publique. Il est clairement le personnage qui illumine le film de sa présence. Chacune de ses apparitions est marquante et d’une grande puissance.

Son compère Harvey Keitel apporte plus de légèreté et de folie au film, notamment à travers la création du scénario de sa dernière œuvre cinématographique. Un processus qui flirte avec le documentaire tant certaines scènes sont criantes de réalisme.

Quant à Jane Fonda, elle fait une apparition remarquée dans une séquence fantastique qui exprime la quintessence du milieu du spectacle. Une très belle scène merveilleusement écrite dont les dialogues sont de véritables perles.

En plus de l’évocation du milieu people, Youth parle aussi très joliment de la vieillesse, son acceptation et l’impact qu’elle peut avoir sur une carrière dans un métier où la retraite n’est pas forcément à 60 ans. C’est aussi grâce à la confrontation des protagonistes vieillissants avec les jeunes gens en séjour spa, notamment vis-vis de la mise en image de leurs corps, que le film montre le gouffre qui se creuse de plus en plus entre ceux qui ne se voient pas vieillir et la réalité.

Le réalisateur Paolo Sorrentino livre un film très réussi avec une photographie vraiment magnifique. L’hôtel choisi est fort bien mis en lumière, ce qui permet de faire encore plus ressortir les comportements individuels des personnes qui arpentent ces lieux.

La musique est elle-aussi à l’unisson d’un film délicat et poignant et se glisse parfois au cœur même de l’intrigue. Elle sublime d’ailleurs l’une des plus belles scènes du film d’un onirisme fantastique dans laquelle le cinéaste rencontre ses personnages de fiction dans une prairie verdoyante. Tout bonnement magique.

Youth est un très beau film qui sous couvert de la célébrité évoque avec talent et sensibilité la vieillesse, celle du corps et celle de l’esprit. Avec des acteurs saisissants, un Michael Caine époustouflant en tête, et une photographie somptueuse, le film sort clairement de l’ordinaire et devrait marquer les annales du cinéma.

A voir sans hésiter !

IA

Lorsque Youth fut présenté sur les plus prestigieuses Marches au monde, l’excitation était à son maximal. Le retour du Grande Sorrentino, porté par un duo de vétérans du cinéma chéris de tous, ne pouvaient que nous mettre l’eau à la bouche. Est ce que Youth serait précisément ce qu’on attend de lui - une fable "sorrentinisée" sur la vieillesse - ou au contraire raterait t-il son rendez-vous ?

La tête d’affiche d’abord, ou plutôt les têtes d’affiche britano-américaines, Caine et Keitel. Sans surprise, les deux hommes portent le film. Si bien qu’on se retrouve très vite à reléguer l’histoire de leurs personnages au second plan tant on attend impatiemment la prochaine scène les réunissant. Rachel Weisz quant à elle, en fille de Keitel, tire son épingle du jeu, trouvant sa place entre fille maternelle et fragile éconduite.

Sorrentino filme une Suisse superbement loufoque. On pleure de rire face à un orchestre de vaches et une Miss Univers apparue par enchantement. On se lasse pourtant parfois de certaines réflexions sur la vie qui sont bien trop téléphonées et une fin en apothéose dont la longueur finit par ennuyer.

Et pourtant, on ne boude pas son plaisir. Même si on se trouve parfois à l’écart de certaines situations dont on situe moins l’intérêt, Youth fait preuve d’une fraîcheur revigorante.

FB

SYNOPSIS

Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

– Durée du film : 1 h 58
– Titre original : La Giovinezza
– Date de sortie : 09/09/2015
– Réalisateur : Paolo Sorrentino
– Scénariste : Paolo Sorrentino
– Interprètes : Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda, Mark Kozelek, Robert Seethaler, Alex MacQueen
– Photographie : Luca Bigazzi
– Montage : Cristiano Travaglioli
– Musique : David Lang
– Costumes : Carlo Poggioli
– Décors : Ludovica Ferrario
– Producteur : Nicola Giuliano, Francesca Cima, Carlotta Calori pour Indigo Film
– Distributeur : Pathé Distribution

LIENS

– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB

PORTFOLIO

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