L’éveil d’Edoardo : La critique
L’éveil d’Edoardo parle des premier émois adolescent, de l’amour et du sexe. Mais il parle aussi d’un problème plus délicat à gérer, le phimosis. Un petit bout de peau empêche le gland de sortir de son fourreau pénien et rend tout rapport sexuel extrêmement douloureux.
L’histoire se base sur Edoardo, un jeune homme semblable à tout ceux de son âge quoique un peu plus sensible et réfléchi. Tout comme son meilleur ami, il souhaite trouver l’amour et épancher son désir dans les bras d’une jeune femme, mais son problème physique lui pose un véritable problème qu’il va chercher à résoudre. Le scénario suit son évolution et les choix qu’il va faire pour avoir une vie semblable aux autres et trouver l’amour.
Il s’agit du premier film du réalisateur Duccio Chiarini qui en cosigne le scénario. Après avoir réalisé plusieurs courts métrages et un documentaire, il se lance dans la fiction en signant une œuvre inspirée de ses amours de jeunesse et des émotions qu’il a ressenties lors de son passage à l’âge adulte. L’ajout du problème physique du personnage principal permet de donner une autre perspective à cette période charnière du début de l’âge adulte, propice à la découverte de la sensualité.
Si la mise en scène reste d’une facture classique, le film est un premier long métrage plutôt réussi.
Les paysages de cartes postales d’Italie, et ceux de ces cabanes sur pilotis, rêve de pêcheur, donnent un sentiment de légèreté à une histoire tragi-comique. Le choix de la période estivale, favorable aux premiers émois, donne au film une certaine fraîcheur. L’histoire se déroule au gré des jours ponctués de sorties, de baignades et de soirées. Une véritable bouffée de vacances d’autant que le film se joue dans la langue de Dante, tellement mélodieuse aux oreilles.
Les acteurs, pour la plupart amateurs, se sortent bien de leurs rôles, ces derniers retraçant des histoires qu’ils ont vécus il n’y a pas si longtemps que cela. Leur spontanéité et leur naturel donnent une sincérité rafraîchissante à leurs personnages.
Matteo Creatini joue très bien le personnage d’Edoardo. Omniprésent à l’écran, le jeune acteur réussi a toujours être juste, même lors de certaines scènes délicates à tourner (je ne regarderai plus les poulpes de la même façon). Il réussit à capter un jeune homme confronté à un problème tabou, celui d’un problème sexuel. La façon dont il va composer avec et aller de l’avant avec optimiste est très belle. Le film offre d’ailleurs au personnage un magnifique final.
Franscesca Agostini en jeune fille dont Edoardo est amoureux offre un beau portrait de femme forte et décidée qui choisit de prendre sa vie en main. L’alchimie entre les deux acteurs fonctionne très bien.
Quant à Nicola Nocchi en meilleur ami obsédé par le sexe et Bianca Ceravolo en sœur complètement déjantée, ils incarnent tous deux des personnages fort drôles et truculents.
L’éveil d’Edoardo est un film sensible et délicat qui tout en parlant d’amour et de désir ose aborder un sujet plus fort et douloureux. Entre des paysages magnifiques et des acteurs généreux, l’œuvre virevolte entre rires et amertume mais attise toujours l’attention.
Agréable, rafraichissant et permettant de décomplexer un sujet tabou. Une plaisante surprise.
SYNOPSIS
C’est l’été sur la côte italienne. Pour Edoardo, 17 ans, le temps des premiers émois est venu. Mais maladroit et timide avec les filles, il découvre que le sexe est plus compliqué que ce qu’il pensait…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 26
– Titre original : Short Skin
– Date de sortie : 17/06/2015
– Réalisateur : Duccio Chiarini
– Scénariste : Duccio Chiarini, Marco Pettenello
– Interprètes : Matteo Creatini, Franscesca Agostini, Nicola Nocchi, Mariana Raschillà, Bianca Ceravolo, Bianca Nappi, Michele Crestacci, Francesco Acquaroli
– Photographie : Baris Ozbicer
– Montage : Roberto Di Tanna
– Musique : Woodpigeon
– Costumes : Ginevra De Carolis
– Décors : Ilaria Fallacara
– Producteur : Duccio Chiarini, Babak Jalali pour Asmara Films
– Distributeur : Epicentre Films
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