L’affaire SK1 : La critique
« Le Tueur de l’est parisien », cette expression vous dit forcément quelque chose. C’est ainsi que la presse qualifiait l’auteur d’une série de meurtres particulièrement sordides commis envers sept jeunes femmes dans les années 90. Pendant sept ans, la police a enquêté pour finalement mettre la main sur cet assassin presque par chance au détour d’une rue du quartier de Pigalle. C’est de cette traque et du procès qui s’en est suivi dont il est question dans L’affaire SK1.
Première réalisation de Frédéric Tellier, le film fait le choix intéressant de présenter ce faits divers selon deux lignes temporelles. Celle qui ouvre le film est celle de 2001, lors du procès de Guy Georges, car c’est bien de lui dont il s’agit. La lumière sera faite sur Me Frédérique Pons (interprétée par Nathalie Baye). Alors avocate de l’accusé, elle va tout faire pour essayer de comprendre la monstruosité de son client et ainsi tenter de démêler le vrai du faux. Cette partie du récit tient sa force dans le fait qu’elle prend son envol au fil du film. Si au départ, c’est cette frange de la narration qui pose les enjeux du film, c’est aussi celle qui va finalement les refermer lors du dénouement du procès, et la fameuse scène des larmes.
L’autre face de la pièce est celle débutant en 1991, la traque du tueur dont les agissements commencent à retentir dans tout Paris. Le 36, quai des orfèvres vu à travers le prisme du jeune inspecteur Frank Magne (joué par Raphaël Personnaz) traque. De fil en aiguille, le spectateur va vite s’apercevoir que l’enquête s’est enlisée entre fausses pistes et rivalités mal placées. A chaque nouvelle scène de meurtre, l’urgence monte pour la police judiciaire d’un côté mais aussi et surtout pour le spectateur qui n’a plus qu’une hâte : que l’on trouve Guy Georges.
Guy Georges, justement, qui ne rentre véritablement en jeu qu’à partir de la moitié du film. Car le réalisateur fait le choix, malin, de ne jamais le montrer « en office ». La première fois qu’on le voit, c’est lorsqu’il séquestre une jeune femme qui réussira à s’échapper avant qu’il n’ait pu tenter quoi que ce soit. Si nous ne le voyons jamais tuer ou avoir une réelle intention de tuer, Tellier réussit même à laisser planer le doute auprès du spectateur tout au long du film, jusqu’à ses aveux. Car ce Guy Georges interprété brillamment Adama Niane apparaît aussi doux qu’un agneau jusqu’à sa première et unique confrontation avec Frank Magne, l’obligeant à dévoiler toute sa monstruosité.
L’Affaire SK1 est un bon film. Il peut mettre mal à l’aise. Mais là où on aurait pu craindre une tension malsaine amenée par une mise en scène de Guy Georges tuant, il n’en est rien. Non, le malaise du spectateur viendra du fait qu’il commencera à voir ce qu’il se cache derrière l’assassin. Restituer une affaire aussi longue et complexe que celle du tueur de la Bastille, tout en donnant une profondeur à ce dernier sans donner dans la caricature, voilà un défi réussi brillamment.
SYNOPSIS
Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française. Il va croiser la route de Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre le destin de l’homme qui se cache derrière cet assassin sans pitié. Une plongée au cœur de 10 ans d’enquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, d’avocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « l’affaire Guy Georges, le tueur de l’est parisien ».
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 00
– Titre original : L’affaire SK1
– Date de sortie : 7 janvier 2015
– Réalisateur : Frédéric Tellier
– Scénariste : Frédéric Tellier et David Oelhoffen d’après l’oeuvre de Patricia Tourancheau
– Interprètes : Raphaël Personnaz, Nathalie Baye, Olivier Gourmet, Michel Vuillermoz, Adama Niane, Christa Theret, Thierry Neuvic et William Nadylam
– Photographie : Javier Julia
– Montage : Matias Boucard
– Musique : Christophe La Pinta et Frédéric Tellier
– Décors : Nicolas Prier
– Costumes : Elisabeth Rousseau-Lehuger
– Producteur : Julien Madon et Julien Leclercq pour Labyrinthe Films
– Distributeur : SND
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.












