Une question de vie ou de mort : La critique
SYNOPSIS
Durant la Seconde Guerre mondiale, le pilote britannique Peter Carter survit miraculeusement à un avion en flammes. Il retrouve alors June, l’opératrice radio américaine avec laquelle il était en contact avant de sauter de son avion. Les deux filent le parfait amour jusqu’à ce qu’un messager de l’au-delà vienne dire à Peter que sa survie n’était qu’une erreur. Son sort devra être tranché devant un tribunal céleste…
NOTRE AVIS
Pionnier du genre fantastique, ce film aborde juste après la seconde guerre mondiale un thème à la fois philosophique et politique. On sent bien que les relations entre le vieux continent et les Etats Unis ne sont pas des plus simples...
Cette histoire d’amour improbable, ne l’est pas juste parce que l’un des deux intéressés "serait en partance"...
Le débat qui se joue dans cet espace si particulier, qui s’apparente au purgatoire, est des plus intéressant dans le contexte de l’époque. Une histoire d’amour entre un Anglais et une Américaine, c’était osé, mais c’était utile... pour apaiser les tensions entre les alliés au lendemain des combats et dans la perspective des bouleversements politiques à venir.
On appréciera chez nous avec le sourire, la place donné aux Français, dans cette joute anglo-saxonne en la personne du "guide" de l’infortuné aviateur, qui vient le chercher sans succès. Un humour qui donne à l’oeuvre une dimension presque comique, par moments.
Sur la forme, ça sent l’expérimentation. L’envie de nouveauté. Les décors et illustrations sont fabuleux. Comme le superbe Escalier Céleste, sorte de d’escalator vers le Paradis ou encore l’Espace pour la scène d’ouverture. Galaxies et planètes dessinées par Alfred Junge, un des chefs décorateurs les plus réputés de l’époque, auront par la suite servi de modèle jusqu’à ce que la technologie s’en mêle.
Un film à la fois artistique et fantastique qui trouve dans cette restauration et nouvelle sortie, une belle occasion de montrer que l’imagination et l’inventivité n’ont pas attendu d’avoir "les moyens techniques" pour évoquer des lieux et des espaces inaccessibles.
Le ton et la manière sont extraordinairement actuels. Car si la facture est bien des années quarante, on sent un véritable appétit d’anticipation.
L’univers onirique dans lequel se tient le personnage est doublé d’un monde bien concret, peuplé de protagonistes qui ont eux, les pieds bien sur Terre. Qui proposent des solutions techniquement innovantes. On y parle d’une médecine de recherche, de méthodes avant-gardistes. (Le héros va subir une opération du cerveau).
Et si quelques facilités scénaristiques nous amènent à découvrir assez facilement quel sera le dénouement de l’histoire, on la suit avec un plaisir certain.
A saluer l’interprétation talentueuse de comédiens triés sur le volet. Et l’audace du projet dans sa globalité. Ce qui était surprenant lors de la première sortie, reste à postériori, très étonnant.
On est subjugué par cette vision très spéciale du Paradis, qui est presque effrayant en somme, puisqu’en fait il semble que "rien n’y soit gagné"... et dont l’administration est si complexe.
Un film qui laisse rêveur... Une curiosité.
A voir.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 44
– Titre original : A Matter of Life and Death
– Date de sortie : Version restaurée 11 décembre 2013
– Réalisateurs, Scénaristes : Michael Powell, Emeric Pressburger
– Interprètes : David Niven, Kim Hunter, Marius Goring
– Photographie : Jack Cardiff
– Montage : Reginald Mills
– Musique : Allan Gray
– Costumes : Hein Heckroth
– Décors : Alfred Junge
– Maquillage : George Blackler
– Producteur : The Archers
– Distributeur : Carlotta Films
LIENS
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