Accepter son impuissance
NuqneH !
Lors de ma longue vie de combats, j’ai eu à affronter de nombreuses situations périlleuses, à me battre contre des ennemis parmi les plus redoutables : Borg, Orions, Goa’ulds (non, pardon, je me trompe d’univers), enfin tout plein de gens pas gentils du tout. J’ai souvent été blessé (mes nombreuses cicatrices en témoignent, mais je n’en montrerai certaines qu’à des dames compatissantes, pourvu qu’elles soient libres et accortes) et parfois découragé, lorsque les morts de mes camarades étaient trop nombreuses.
Mais lors de ces combats, il est un guerrier qui ne m’a jamais quitté. Toujours là pour les moments les plus importants de ma vie, heureux ou douloureux. Toujours à côté de moi pour me redonner le moral, me redonner raison de me battre pour rester debout face aux épreuves de la vie. Toujours présent pour rire ou pleurer avec moi, en un perpétuel échange de fraternité.
Il a toujours été un guerrier pour lequel l’honneur, la compassion (je sais, ce n’est pas une des vertus principales d’un Klingon, mais c’est une valeur forte chez beaucoup d’autres peuples), la droiture et la fidélité ont toujours fait partie de lui comme ses propres os. Ses nombreux amis (dont je suis immensément fier de faire partie) pourront témoigner avec moi que jamais il n’abandonna qui que ce soit.
Et voilà que maintenant, cet être si fort a perdu (temporairement, je l’espère) sa puissance et la souffrance a envahi son être de ses hideux tentacules sournois et inexorables. Malgré son immense courage, il a parfois tendance à brièvement se décourager et lors de ces moments, je souffre.
Oui, je souffre. Je sais, c’est lui qui a mal ; c’est lui qui est rongé par la douleur. Mais je souffre. Je souffre de ne rien pouvoir faire pour lui. D’être impuissant. Moi, le fier guerrier, vainqueur de tant de batailles, je ne puis lutter…
Alors je fais comme lui : j’accepte cette souffrance, même si elle n’est qu’une goutte d’eau dans la mer de la sienne. J’accepte ma faiblesse, mon inutilité et je pense à lui. Je l’aime à distance, en espérant que cet amour servira à quelque chose, qu’il lui donnera l’énergie – unie à celle envoyée par ses autres proches – de tenir jusqu’au bout. Jusqu’à la guérison, quelle qu’elle soit.
Et ce soir, je ne vais pas me coucher. Je pense à lui dans la nuit, et je n’ai pas sommeil…
Et comme disait Khaless : "L’amour, on a quand même rien inventé de mieux (et tant pis pour mon image de marque, mais le répétez quand même pas…)"
Qapla’
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