
The Master : La critique
SYNOPSIS
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Freddie, un matelot alcoolique, vagabond, qui se concocte ses propres mixtures, souvent dangereuses, tombe par hasard sur un grand bateau de croisière où il trouve asile. Le navire transporte les membres d’un groupe nommé la Cause mené par le charismatique "maître", Lancaster Dodd, qui se dit scientifique, philosophe « mais avant tout un homme » selon ses propres termes. Les deux hommes s’apprécient rapidement, et seront inspiré l’un par l’autre. Le vétéran va suivre le gourou et compléter ses suiveurs qui traversent un monde en reconstruction. Mais les idées, et les méthodes, du meneur ne sont pas du goût de tout le monde, et même la femme de Lancaster constate que la violence à peine contenue de Freddie est une menace constante sur leur mouvement.
NOTRE AVIS
The Master est un film réalisé avec soin, à tous les niveaux, avec un sujet pas évident, qu’il est difficile d’évaluer pour une critique. Un peu mou, peut-être, mais définitivement maîtrisé, sans mauvais jeu de mot. Paul Thomas Anderson, le réalisateur de There will be blood et Magniolia, s’attache ici à dresser des portraits sans concession mais aussi sans jugement sur deux hommes que tout séparent mais que tout rapproche également, d’abord par le biais de l’alcool, copains de beuverie, ensuite une sorte de filiation mystique, l’un nourrissant l’autre moralement, éthiquement, au point qu’ils semblent devenir inséparable.
Pourtant c’est bel et bien le portrait d’un loser alcoolique et d’un gourou mystificateur qui est dressé ici. L’un se ment à lui-même, attirant à lui les ennuis, attise la violence, l’autre croit à ses propres mensonges et attire à lui les gens perdus en mal de repères, il devient un guide qui prétend tout savoir et tout étudier. La force du film est justement de ne pas prendre le parti pour qui que ce soit, ni même de les ridiculiser, ce que parfois ils font très bien tout seul, et si un ou deux jugements sont faits, par le biais de personnages secondaires, ceux-là sont, littéralement, battus comme plâtre, pour les faire taire.
Le contexte est important. Les années 50, les USA deviennent les numéros un, le retour à la réalité, de jeunes recrues qui vont devoir devenir de "simples" citoyens, les gagnants sont peut-être aussi les perdants, pour la vie de tous les jours. C’est aussi un nouveau monde, renaissant, ou l’industrie profite de nouveaux atouts technologiques, c’est le début de l’ère de l’atome, de la guerre froide… L’ennemi n’est plus nazi ou japonais. L’ennemi c’est l’idée anticapitaliste, mais aussi les mystificateurs qui séduisent les esprits faibles, par le biais des femmes au foyer et des plus jeunes, tandis que les maris bâtissent un monde qu’ils espèrent meilleur. The Master, c’est l’esprit médiocre et l’esprit brillant qui se rencontrent sur un terrain meuble et nouveau où vont pousser les théories les plus folles concernant les vies antérieures, la psychologie, la science… Un sujet, donc, et un film, ici, qui n’est clairement pas à la portée de tout le monde. A mille lieux des blockbusters de l’été, ce film est non seulement maîtrisé, mais offre des rôles magnifiques à Joaquin Phoenix (Gladiator, Walk the Line) et Philip Seymour Hoffman (Truman Capote) entouré d’autres noms connus comme Amy Adams ou Laura Dern.
Détail technique qui donnera sans doute du fil à retordre à bien des salles de cinéma, le film est le premier long-métrage à avoir été tournée en 65 mm depuis plusieurs dizaines d’années. C’est sans doute ce qui donne autant de cachet à l’image, à l’instar de grands classiques de Hitchcock , en passant par Lawrence d’Arabie ou 2001 l’odyssée de l’espace, et aussi peu de liberté d’action à la caméra.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 17
– Titre original : The Master
– Date de sortie : 9 janvier 2013
– Réalisateur : Paul Thomas Anderson
– Scénariste : Paul Thomas Anderson
– Interprètes : Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams, Jesse Plemons, Laura Dern et Rami Malek
– Directeur photo : Mihai Malaimare Jr.
– Musique : Jonny Greenwood
– Décors : Jack Fisk et David Crank
– Costumes : Mark Bridges
– Producteur : Joanne Sellar, Paul Thomas Anderson, Daniel Lupi et Megan Ellison pour The Weinstein Company et Annapurna Pictures
– Distributeur : Metropolitan FilmExport
LIENS
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– Lien vers fiche imdb.fr
PORTFOLIO
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