
Blade Runner Director’s Cut : Critique DVD
C’est sur un événement récent que s’ouvre cette nouvelle rubrique de notre site. En effet, c’est le 8 novembre dernier que WARNER HOME VIDEO offre aux fans de SF la sortie en DVD de BLADE RUNNER, Director’s Cut. Et UNIFICATION ne pouvait laisser passer cet événement.
D’après un sondage effectué par le quotidien britannique The Guardian auprès de soixante des plus grands scientifiques mondiaux, Blade Runner, réalisé par Ridley Scott en 1982, a été désigné meilleur film de science-fiction de l’histoire. Il a recueilli le plus de suffrages, devançant de peu 2001 : l’odyssée de l’espace (1968). Suivent Star wars : épisode 4 - Un nouvel espoir (La Guerre des étoiles) (1977), Star wars : épisode 5 - L’Empire contre-attaque (1980), Alien, le huitième passager (1979) et Solaris (1972).
Entièrement restauré et remasterisé tant au niveau du son que de l’image, Blade Runner est proposé ici dans sa version director’s Cut, ce qui donne une autre dimension à ce chef d’œuvre absolu de la science-fiction dont l’influence continue à se faire sentir auprès des fans et des cinéastes, plus de 20 ans après sa réalisation.
L’action se situe à Los Angeles en 2019. La ville est une mégalopole polluée et battue par une pluie incessante où règne la surpopulation, la saleté, et où la publicité est omniprésente. On ne peut s’empêcher ici de penser à Metropolis (1927). En effet, Blade Runner s’inspire directement du film de Fritz Lang. D’abord, c’est une femme artificielle qui est au centre du conflit dans les deux films. Dans l’un, Futura (la fausse Maria ou le robot) est une créature diabolique et violente, dans l’autre, Rachel est une âme seule et triste. John Frederson, le maître de Metropolis, est l’ancêtre du docteur Tyrell, qui gouverne son empire cybernétique du haut de sa tour. Mais Tyrell est aussi le génie responsable de la création des répliquants (mot inventé par Scott pour désigner les androïdes dans Blade Runner) ce qui en fait aussi l’équivalent de Rotwang, le scientifique fou, le mage de Metropolis. La danse de Zora (suggérée dans l’espace hors-champ de Blade Runner lorsque Deckard se rend au club de Taffey Lewis) fait écho avec celle de la fausse Maria dans Metropolis ; la division sociale selon une hiérarchie verticale est commune aux deux films (les riches vivent en hauteur et les pauvres dans les bas-fonds) et l’utilisation spectaculaire de la lumière et les décors expressionnistes rapprochent l’atmosphère des deux œuvres. Finalement, Los Angeles, telle que représentée dans Blade Runner, ressemble beaucoup à Métropolis.
Les hommes cohabitent désormais avec les « répliquants », androïdes d’apparence humaine utilisés sur des chantiers cosmiques. Ces répliquants sont des créatures artificielles faites de matières organiques et synthétiques, Ils sont fabriqués à l’image de l’être humain. A l’origine, les répliquants étaient des armes de guerre puis furent ensuite utilisés pour accomplir des tâches dangereuses ou très fatiguantes. C’est à ce titre qu’ils ont permis la colonisation de Mars. Notre héros va se trouver confronté ici au dernier modèle d’androïde, le Nexus-6. Beaucoup plus résistants qu’un humain, ces modèles rencontrent cependant des problèmes : la possibilité de régénérer leurs cellules n’a pas été résolue et leur espérance de vie n’est que de cinq ans. De plus, il semble que certains modèles aient développé une conscience propre. Enfin, on ne peut les distinguer d’un être humain qu’à l’aide de techniques complexes.
Ancien policier, Deckard était encore il y a peu un redoutable « blade runner » chargé d’éliminer les répliquants rebelles. A la suite de l’évasion de cinq répliquants de ce modèle ultra-perfectionné et du meurtre de l’équipage et des passagers d’une navette spatiale, Rick Deckard est rappelé par son supérieur qui lui ordonne de les retrouver et de les abattre.
La recherche de ces deux hommes et deux femmes (Le cinquième répliquant meurt en essayant de pénétrer dans les locaux de Tyrell Corp) s’avère difficile car ils sont semblables en tous points à l’être humain, à la différence près qu’ils n’éprouvent en principe aucune émotion. Pour distinguer les androïdes, Deckard sait seulement qu’ils sont dénués d’affectivité. L’enquête va le conduire dans un premier temps chez Tyrell Corporation où ils sont conçus et construits. C’est là qu’il rencontre Rachel, répliquant d’un type sophistiqué qui semble animée de sentiments humains et possède des souvenirs que lui a implantés le docteur Tyrell (Joe Turkel).. Elle va l’assister dans sa mission et même lui sauver la vie !
Série Noire
Blade Runner peut être considéré comme le premier thriller futuriste. Le film est très influencé par Metropolis de Fritz Lang. Toute la chasse aux répliquants se déroule dans cet environnement glauque et étouffant, où l’on ne sait plus qui est l’homme, qui est le répliquant, la machine. Le malaise ambiant est amplifié par les décors de rues noires surpeuplées, de gigantesques écrans géants sur les murs des immeubles affichant des publicités ininterrompues. La nuit enveloppe le film de Ridley Scott de bout en bout, noire comme l’avenir décrit dans ce magnifique mélodrame, mise en valeur par les fumerolles lumineuses expulsées par de gigantesques usines pyramidales.
Cyber culture
Blade Runner n’est pas un justicier solitaire de plus. Ce policier, dans la même veine que Philip Marlowe, a des états d’âme. Le film, malgré toutes les inexactitudes, les déviations et les zones d’ombre par rapport au roman initial, a grandement contribué à la découverte de Philip K.Dick en tant qu’ auteur de science-fiction. Certes, le film ne partage pas les mêmes préoccupations que le roman. L’importance des animaux et le statut social de Deckard (qui est marié) sont les sujets principaux du roman. Les mots blade runner et répliquants ne figurent pas dans le texte. Les noms des personnages ont aussi été modifiés. Bien sur, des éléments importants du livre ont été expurgés : la disparition quasi-totale de vie animale, l’exode des humains vers d’autres planètes moins menacées par la pollution. Malgré tout, Blade Runner reste une référence dans le cinéma de SF, annonciateur de mouvements comme le cy
berpunk que l’on retrouvera en 1999 dans Matrix.
Un univers cohérent
Pour créer un univers cohérent, le réalisateur s’est entouré de techniciens de génie : le décorateur Lawrence G.Paul, le spécialiste des effets spéciaux Douglas Trumbull et le designer industriel Syd Mead, créateur de la trentaine de véhicules futuristes différents qui créent l’ambiance et le concept complet du film.
Le film est rempli d’autres éléments participant ainsi à la cohérence et à la richesse de cet univers. Outre les véhicules cités plus haut, on trouve les feux tricolores parlants, les inventions comme le test de Voight Kampf pour établir que le sujet interrogé est bien un Répliquant, et dont Deckard dispose pour son enquête. Le principe consiste à poser des questions, qui provoquent des réactions subtiles de l’organisme du Répliquant : l’appareil va ainsi analyser les variations survenant au niveau de l’œil.
L’Apogée
Mais c’est aussi sur le plan technique que le film marque la fin d’une ère. Technologiquement, Blade Runner a en effet été réalisé à un moment clef dans l’histoire des effets spéciaux au cinéma. 1982, l’année de son lancement, est bien une date mémorable puisqu’il s’agit de l’introduction des images numériques au sein du septième art dans les films Star Trek II : The Wrath of Kahn (Meyer) et ensuite Tron (Lisberger). Les effets de Blade Runner ont été réalisés traditionnellement et représentent le point culminant des techniques manuelles qui dans les années suivantes ont été graduellement remplacées par des méthodes numériques. Blade Runner comprend plus de 65 prises à effets spéciaux qui, pour la plupart, représentent plusieurs mois de travail dans la conjugaison des diverses techniques pour arriver à un seul plan de quelques secondes : la construction d’une ville miniature et de modèles réduits (véhicules), la création de peinture sur verre (matte paintings), la superposition d’effets atmosphériques tels la pluie, le feu et la fumée. Une bonne part du succès de Blade Runner est dû à la crédibilité de son univers qui passe principalement par les incroyables plans aériens de la ville qui incluent des panneaux publicitaires et des voitures volantes. D’autres films, The Empire Strikes Back (Kirshner, 1980) et Close Encounters of the Third Kind (Spielberg, 1977) en particulier, sont de parfaits exemples des anciennes techniques d’effets spéciaux. C’est aussi pourquoi les scènes qui furent ajoutées ensuite à ces versions originales, loin d’apporter le moindre intérêt aux œuvres, sautent aux yeux par leur décalage. A ce titre, Blade Runner demeure l’apogée de cette évolution d’abord par la date de sa réalisation et surtout par l’intégration réussie des diverses techniques dans les conditions visuelles les plus difficiles (la nuit et sous la pluie) pour enfin créer un univers cohérent et visuellement extraordinaire. Tout au long du film, on se laisse prendre au jeu : un peu comme pour Jurassic Park où, malgré toutes les explications sur les effets spéciaux distillées avant même la sortie du film, le spectateur se laissa entraîner dans l’histoire.
Filmer l’humain
Comme dans Alien, on peut admirer dans ce film la façon que Ridley Scott a de filmer les femmes, ici la répliquante Rachel associée à Deckard, à la fois machines organiques terrifiantes et repoussantes puis dans le plan suivant magnifiquement belles... Tout au long du film, le réalisateur tente de brouiller les pistes : qui est l’humain ? qui est le répliquant ? les répliquants ont-ils des sentiments ? Lequel des deux est le plus " humain ". La course poursuite haletante entre Deckard et Roy Batty (Rutger Hauer) est menée habilement alternant les scènes de combats, conversations philosophiques, le tout dans l’obscurité ou sur les toits battus par la pluie, là où héros et répliquant se confondent dans un clair-obscur qui les rend à peine perceptibles...et si semblables !
Au cours de sa chasse, Deckard apprend à être humain et c’est le chef des répliquants, qui, à l’instant sa propre mort, exprime le mieux le tragique de cet événement : "I’ve seen things you people wouldn’t believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched sea beams glitter in the darkness at Tanhauser Gate. All those moments will be lost in time like tears in rain... Time to die."
Le réalisateur
Ridley Scott : Bien avant le cinéma, c’est dans les milieux de la publicité que se révèle Ridley Scott. Il crée sa propre compagnie de production et réalise plus de 3000 spots publicitaires ; notamment une publicité pour Apple ayant pour thème 1984 de George Orwell.
C’est dans Duellistes, dont la réussite est récompensée au Festival de Cannes 1977, que son étoile monte au firmament du 7ème art.
Il réalisera ensuite deux des œuvres les plus importantes du cinéma fantastique des vingt dernières années : Alien et Blade Runner (1982). Aujourd’hui, ses dernières réalisations, moins convaincantes, sont éloignées du genre qu’il a profondément marqué de son empreinte...
Dans les années 80, Scott créait un style et une manière de filmer qui influenceront la publicité, les clips, bref la pop-culture dans son ensemble bien plus encore que le 7ème art.
Autres réalisations : Legend (1985), Thelma et Louise (1991) et G.I.Jane (1997).
Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site IMDB à l’adresse : http://www.imdb.com/name/nm0000631/
Les acteurs principaux
Harrison Ford est né le 13 juillet 1942 à Chicago, dans l’Illinois. Peu intéressé par les études, il se jette rapidement à la recherche d’un emploi. Rapidement ses désirs vont vers le cinéma et dès 1966 il est engagé par contrats pour de petits rôles chez Columbia Pictures.
On le retrouve à l’écran dans Dead Heat On a Merry-Go-Round dès 1966. Malheureusement, les rôles tardant à venir, il se reconvertit dans la menuiserie.
En 1973, George Lucas lui permet de retrouver les plateaux de cinéma pour American Graffiti. Mais il gagne la reconnaissance du public et des producteurs pour son rôle de Han Solo, rebelle "grande gueule" au grand cœur, du film mythique La guerre des étoiles. Désormais, il devient une étoile montante d’Hollywood et il est appelé par Spielberg pour incarner le désormais célèbre Indiana Jones dans la trilogie Les aventuriers de l’arche perdue, Indiana Jones et le temple maudit puis Indiana Jones et la dernière croisade ...
En 1985, il est nominé pour l’oscar du meilleur acteur pour Witness, une enquête passionnante parmi les Amish...
Sollicité depuis par les plus grands réalisateurs du moment, il se retrouve notamment dans la peau de Jack Ryan, agent puis directeur de la CIA dans la série de films Jeux de Guerre et Danger Immédiat ...
Les rôles d’action s’enchaînent : dans le rôle du Président des Etats-Unis dans Air Force One , dans celui de Quinn Harris dans 6 jours, 7 nuits ...
Harrisson Ford renoue avec les grandes figures charismatiques d’Hollywood.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site IMDB
Rutger Hauer, est né le 23 Janvier 1944 à Breukelen (Hollande). Issu d’une famille de comédiens, Rutger Hauer connaît une enfance agitée (délits, fugues..).. Il abandonne lui aussi rapidement ses études pour vagabonder, écrire de la poésie et profiter de la vie. Il se lance dans le cinéma en interprétant un petit rôle dans Monsieur Hawarden (1968) de Harry Kumel et c’est la série télévisée Floris qui le fait connaître du public hollandais. C’est alors qu’il rencontre Paul Verhoeven et tourne avec lui Turkish delices (1973). Ce film, qui parle de sexualité et de fantasmes de façon très crue, reçoit un très bon accueil critique. Leur collaboration se poursuit avec Le Choix du destin (1977), Spetters (1980) et La Chair et le sang (1985).
C’est en 1981 qu’il s’envole pour les Etats-Unis pour y affronter Sylvester Stallone dans le film policier Les Faucons de la nuit et Harrison Ford dans Blade runner (1982). Souvent cantonné dans des rôles de psychopathes (Hitcher, Que la chasse commence !), cet acteur aux traits germaniques sait également tirer profit de son physique athlétique pour tenir la vedette de quelques thrillers d’action comme Osterman week-end (1983) de Sam Peckinpah et Vengeance aveugle (1987), où il campe un justicier expert en arts martiaux. Il est aussi le héros du fantastique Ladyhawke, la femme de la nuit (1985), où il interprète un chevalier héroïque..
A partir des années 90, Rutger Hauer s’illustre dans de nombreuses séries B destinées uniquement au circuit vidéo comme Turbulences 3 (2000), mais il apparaît également cette même année dans des films où on ne l’attend pas comme Simon le Magicien (2000), où il incarne un comte passionné de poésie. Quelques réalisateurs le sortent toutefois de l’oubli comme George Clooney, qui en fait un tueur à gages est-allemand dans Confessions d’un homme dangereux (2002), et Robert Rodriguez qui l’imagine en prêtre cannibale dans Sin City (2005).
Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site IMDB :
Blade Runner final cut ?
La sortie en DVD de cette version remasterisée de Blade Runner fait suite à des années d’annonces et de démentis qui donnèrent naissance à une des plus spectaculaires arlésiennes du monde du DVD et du cinéma. Cette nouvelle étape ravira tous les fans ! Mais elle ne met pas fin aux rumeurs.
Cette édition serait suivie d’une sortie au cinéma, pour le 25e anniversaire du film, de la nouvelle version, le vrai director’s cut définitif, dont parle depuis longtemps Ridley Scott et attendue par tous les fans !
Une sortie DVD en édition spéciale y fera suite qui inclurait (attention, tenez-vous bien !) trois versions : la version salle originale de 1982 (définitivement épuisée), le Blade Runner : Director’s cut de 1992 et... l’International cut (plus violent), quasiment invisible aujourd’hui. De nombreux bonus seront également de la partie.
Puis Blade Runner aurait ensuite les honneurs de la sortie en HD-DVD et Blue-Ray.
Pour paraphraser l’un des héros du film, gageons que pour Blade Runner, "Quand une lumière brille deux fois plus fort, elle brille deux fois plus longtemps"
C’est un film unique, un chef-d’œuvre dont chaque projection révèle une nouvelle signification cachée dans les images et dans l’histoire. Blade Runner est aujourd’hui un film de référence et plusieurs films de science-fiction s’en inspirent directement ou lui rendent hommage : parmi eux, The Fifth Element (Besson, 1996), Dark City (Proyas, 1997) et The Matrix (Wachowski, 1999). Un remake japonais de Blade Runner, I.K.U. (2000) réalisé par Shu Lea Cheang, marie la science-fiction avec le cinéma érotique asiatique.
Lors de sa sortie initiale en salles, Blade Runner fut un échec financier important et le film disparut très rapidement des écrans. Lorsqu’il fut disponible en vidéocassette, un petit groupe d’amateurs se mirent à écrire des articles sur le film. C’est ainsi que Blade Runner devint ce qu’il est toujours aujourd’hui : un film culte adoré par les fans et critiqué par d’autres. Quoi qu’il en soit, Blade Runner est un exemple parfait de l’impact du marché de la vidéo sur l’histoire du cinéma puisque sans lui, le film serait probablement passé aux oubliettes. Enfin, le film est truffé de symboles et c’est dans les détails que l’histoire se dévoile. On ne peut donc se contenter de le voir une seule fois.
La Musique de Vangelis
Malgré les critiques très diversifiées et même parfois contradictoires de Blade Runner, deux éléments de sa production font l’unanimité : la création d’un univers crédible et la musique. Vangelis PAPATHANASSIOU est un musicien d’origine grecque (Ancien membre d’Aphrodite’s Child) dont la réputation repose essentiellement sur l’utilisation de synthétiseurs dans la composition de bande musicales cinématographiques. En 1981, Vangelis obtint l’Oscar de la meilleure musique pour le film Chariots of Fire (Hudson) ; puis il entreprit d’écrire la musique de Blade Runner. Dans le film de Ridley Scott, la musique prend une place très importante, surtout dans la version où la narration de Harrison Ford est absente. Dès l’ouverture du film, Vangelis met en place l’univers technologique et sombre de Blade Runner avec une pièce qui marie des éléments d’ambiance et de bruitage à une musique quasi méditative. Comme la pluie qui s’abat continuellement sur les personnages du film, la musique de Vangelis rend grandiose la cité de Los Angeles en 2019 et ponctue parfaitement les émotions de Rachel et Deckard tout au long du film. Vangelis, comme Scott, croise les genres en mêlant la musique électronique généralement associée à la science-fiction avec un langoureux solo de saxophone, signature musicale des films noirs des années 40. La pièce finale qui accompagne les deux amoureux dans leur fuite de la ville est en soi une incitation importante pour le spectateur à regarder le film jusqu’à la toute fin du générique. L’album de Blade Runner ne fut publié qu’en 1994, 12 ans après la sortie originale du film mais une version illégale (bootleg) circulait depuis bien longtemps. Aujourd’hui, cet album demeure l’une des meilleures ventes dans la catégorie des bandes originales de films.
Site officiel de Vangelis : http://www.vangelisworld.com/
La vision
Blade Runner est un film très riche et plusieurs interprétations thématiques sont possibles. D’une part, ce film porte sur la vision humaine, à la fois biologique et psychologique. Le film débute avec un gros plan d’un œil (de qui ?) et les yeux (ou la vision) sont constamment cités au cours de la narration : "If only you could see what I’ve seen with your eyes." Batty, le répliquant en chef, tue le docteur Tyrell en lui enfonçant les yeux dans le crâne et cite au moment de sa propre mort : "I’ve seen things you people wouldn’t believe". Mais l’étude de la vision va plus loin. Deckard, un être humain froid ,qui a perdu tout sens de la vie. Sans émotions, il ne voit pas l’importance de vivre chaque jour pleinement. Il n’est qu’un témoin : "All I could do was watch him die". Paradoxalement, les répliquants sont privés de ces sensations puisqu’ils en manquent de vie et que chaque seconde qui les sépare de la mort compte. Les étiquettes "humain" et "être artificiel" sont ici interchangeables. L’omniprésence de photographies qui renvoient aux divers souvenirs personnels des personnage, à leurs passés (réels ou fictifs ?), est aussi un élément lié à la vision. La photographie joue ici le rôle d’aide mémoire, d’objet qui permet de "voir dans le passé". C’est d’ailleurs en étudiant une photographie de Leon que Deckard retrouve Zora dans le film. Finalement, le fameux test Voight-Kamff qui permet d’identifier un répliquant mesure la dilatation de la pupille en tant qu’indice de l’état émotionnel du sujet. Deckard ne subit jamais ce test lui-même... !
Les animaux
Blade Runner est aussi un film qui parle d’animaux. En effet, chaque personnage est associé à un animal. Le docteur Tyrell a un hibou (artificiel) dans son bureau, Batty hurle comme un loup lorsqu’il constate la mort de Pris, maquillée comme un raton laveur. On le voit avec une colombe. Léon est lent comme une tortue dont il a un peu le profil (cet animal est d’ailleurs mentionné lors de son test au début du film) et Zora danse avec un serpent. Un véritable zoo défile devant nos yeux tout au long du film : des oiseaux, des autruches, un hibou, des poissons, une licorne..., tous plus irréels, plus décalés les uns que les autres. Ici encore, le thème sous-jacent est l’importance de la vie, sous toutes ses formes. Le roman explique qu’il y a bien peu d’animaux véritables sur terre ; ceux que l’on voit dans le film seraient donc artificiels comme les répliquants. La rareté des animaux véritables est soulignée lorsque Deckard demande à Zora si son serpent est réel et que celle-ci lui répond : "penses-tu que je travaillerais dans un club comme celui-ci si je pouvais me payer un vrai serpent ?"
Si vous êtes tentés d’aller plus loin...
Blade Runner est un chef-d’œuvre qui a fait l’objet de nombreuses études et publications. On peut conseiller quatre livres très intéressants sur le sujet :
1. Bukatman, Scott, Blade Runner, British Film Institute, Great Britain, 1997.
2. Sammon, Paul M., Future Noir : The Making Of Blade Runner, Harper, New-York, 1996.
3. Kerman, Judith B. (Ed.), Retrofitting Blade Runner : Issues in Ridley Scott’s Blade Runner and Philip K Dick’s Do Androids Dream Of Electric Sheep ?, Bowling Green State University Popular Press, U.S.A., 1991.
4. Shay, Don, Blade Runner : The Inside Story, Cinefex - Titan Books, London, 2000.
Note : Blade Runner (The Director’s Cut) fut l’un des six premiers films à être lancés dans le format DVD en 1996.
Mais Internet est aussi une source inépuisable :
– Blade Runner (Internet Movie Database)
– The Replicant site
– Blade Zone
ou encore http://www.BRmovie.com/ ...
Image restaurée d’après le master d’origine - Son remastérisé - DVD VIDÉO - Pas de bonus
Date de sortie en salle : 15 septembre 1982
Editeur : Warner Home Vidéo
Distributeur : Warner Home Vidéo France
Référence 8377900
Sortie DVD le 8 novembre 2006
Vous souhaitez acheter ce DVD : Lien amazon.fr
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.
















