
Sauna on Moon : La critique
SYNOPSIS
Dans une ville emblématique de la réforme et de l’ouverture chinoise, l’activité des thermes Sauna On Moon est en difficulté. Avec ses employées, Wu, le gérant, poursuit son rêve de bâtir un « royaume du plaisir » avec philosophie, effort et optimisme.
Suite à un très particulier défilé de mode, Wu pleure de joie en voyant enfin le succès récompenser ses efforts. Entre temps, certaines de ses employées démissionneront, d’autres seront arrêtées alors que les dernières décideront de rester à ses côtés pour de meilleurs lendemains…
NOTRE AVIS
S’il on doit saluer l’intrépidité de l’auteur qui a choisi un sujet particulièrement difficile à traiter en Chine, on peut regretter le manque de scénario. Cette chronique d’une maison close dans un pays où la prostitution est un sujet tabou était une gageure et le côté quasi-documentaire des prises de vues qui s’enchaînent sans véritable fil conducteur, laisse deviner comme une urgence.
La photo particulièrement soignée rend admirablement hommage à ces jeunes femmes que la société chinoise préfère ignorer, voire nier, mais qui pourtant existent bel et bien. Quelques images plutôt crues, mais on est loin du porno ou même de l’érotisme sulfureux auquel on s’attend à trouver dans un film asiatique.
On est plus ici dans la description d’un quotidien, pas des plus glamour. L’ambiance est bien parfois à la fête et les rapports entre "le patron" et "les filles" décrits comme familiaux, qui montrent ici des "travailleuses" bien traitées, n’en font pas moins état d’une certaine misère morale et sociale. Dont à l’évidence la Chine n’a pas envie d’entendre parler, puisque le déplore Zou Peng son film ne sortira pas dans son propre pays.
« Ce qui prime pour moi c’est de me faire respecter et donc faire ce qui est important de faire. Si j’avais voulu que le film soit visible en Chine, il aurait dû être différent... » et c’est une concession que Peng n’était pas prêt à faire.
Passé du monde de la mode à celui du cinéma Zou Peng dévoile ici les corps mais aussi les âmes. Il a étudié la peinture étant enfant, et on sent le poids de l’esthétique dans cette composition qui s’attache à rendre compte de "la manière dont les gens survivent" dans un milieu et un contexte économique qui bouleverse les traditions.
Pour autant, dans une Chine très conservatrice en ce domaine, celle ne ne pas reconnaître l’existence du travail du sexe reste bien ancrée dans les mœurs. L’officiel "Sauna" est pourtant bien censé transporter ses clients jusqu’au septième ciel... Mais affiche une façade de pureté qui en dit long sur l’hypocrisie de la société.
Un film courageux à la facture irréprochable qui a le mérite de faire flotter un léger souffle de liberté là où il semble cruellement manquer.
Intéressant.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 35
– Date de sortie : 26 septembre 2012
– Titre original : Chang’E
– Réalisateur,Scénariste : Zou Peng
– Acteurs : Wu Yuchi, Lei Ting, Yang Xiaomin
– Directeur photo : Yu Lik Wai
– Décors : Luo Jiandong
– Costumes : Sun Li
– Musique : Wang Lei
– Producteur : L’Est Films Group
– Distributeur : Aramis Films
LIENS
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PORTFOLIO
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