
Le fils de l’autre : La critique
SYNOPSIS
Alors qu’il s’apprête à intégrer l’armée israélienne pour effectuer son service militaire, Joseph découvre qu’il n’est pas le fils biologique de ses parents et qu’il a été échangé à la naissance avec Yacine, l’enfant d’une famille palestinienne de Cisjordanie. La vie de ces deux familles est brutalement bouleversée par cette révélation qui les oblige à reconsidérer leurs identités respectives, leurs valeurs et leurs convictions.
NOTRE AVIS
La première chose qui frappe quand on découvre Le fils de l’autre, c’est la simplicité du film... les personnages, les décors, l’histoire même... tout est simple.
Attention je n’ai pas dit qu’il était basique ou élémentaire, mais qu’il est très accessible. Pas besoin de connaissances approfondies en géopolitique moderne, le sujet du film n’est pas d’en débattre.
Ici on s’intéresse à deux jeunes garçons, et leurs familles, qui voient leurs vies bouleversées.
Il aurait été facile d’opposer deux familles que tout séparait, tomber dans la facilité du fossé de sang, mais ce n’est pas le cas. Bien sûr, la violence de l’environnement est présente, on sent des blessures dans le vécu de chacun, mais elle ne prend pas le pas sur l’histoire personnelle des deux jeunes garçons.
Nous avons deux familles ’complètes’ : des parents, des frères et sœurs et dans chaque famille un garçon de 17 ans. On n’est pas dans les stéréotypes, l’histoire se déroule de nos jours et chacun peut se reconnaitre dans cette époque.
C’est par hasard que Joseph découvre qu’il n’est pas le fils de ses parents. Forcément, sa découverte a une incidence sur Yacine et sa famille. Même si on a l’impression que Yacine ne semble pas autant concerné que Joseph.
Un sentiment accentué par un temps à l’écran pas toujours égal.
Chacun réagit à sa manière. Chacun a des interrogations différentes. Chaque membre des familles se comporte différemment, appréhende la situation et l’assimile à sa façon.
Louis Aragon a écrit « L’avenir de l’homme est la femme » [ndlr, Le fou d’Elsa (1963)] et c’est très vrai dans ce film... la première réaction viendra des femmes... des mères.
Emmanuelle Devos et Areen Omari sont impériales dans leur interprétation... la première est une actrice confirmée (César, entre autres, de la meilleure actrice en 2002 pour Sur mes lèvres), la seconde n’est peut-être pas une actrice professionnelle mais son interprétation de mère est impeccable. Elles sont tour à tour émouvantes, aimantes, fortes...
Les hommes sont plus dans le déni, dans la colère... leur réaction aurait-elle été différente si les enfants concernés avaient été des filles ? Sans doute. Leurs interprètes sont aussi très justes.
Que dire de Jules Sitruk (Joseph) et Mehdi Dehbi (Yacine) ?
Ceux sont quand même leurs personnages qui sont les plus concernés par cette découverte.
Chacun est un garçon de son époque, à l’aise dans ses baskets, qui pensait avoir son destin entre ses mains. Le premier allait faire son service dans l’armée israélienne, le second étudiait à Paris et voulait devenir médecin.
Là encore, le casting est formidable. Chacun incarne son personnage avec justesse, on compatit à leur détresse, à leurs interrogations.
Cette découverte les chamboule et on découvre avec eux certaines conséquences auxquelles on n’aurait pas forcément pensé (la réaction de la religion notamment).
La conclusion du film est magnifique et donne à réfléchir : "Tu vis ma vie, ne la gâche pas". On ne se pose pas forcément de question sur sa vie, sur ses choix mais qu’en est-il quand on vit la vie de l’autre ? Quelle responsabilité avons-nous ?
On sait alors quelle décision a été prise, point qui n’est pas dévoilé dans le film. Bien sûr la question est posée à plusieurs reprises, mais ce sont les toutes dernières secondes du film qui la dévoile.
Petit regret, plutôt qu’un panoramique final dans lequel on ne voit qu’un des deux jeunes hommes, on aurait aimé les retrouver tous les deux, façon miroir.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h45
– Date de sortie : 4 avril 2012
– Titre original : Le fils de l’autre
– Réalisateur : Lorraine Levy
– Scénariste : Nathalie Saugeon, Lorraine Levy et Noam Fitoussi
– Acteurs : Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk et Mehdi Dehbi
– Directeur photo : Emmanuel Soyer
– Décors : Miguel Markin
– Costumes : Rona Doron et Valérie Adda
– Musique : Dhafer Youssef
– Producteur : Virginie Lacombe et Raphael Berdugo pour Cité Films
et Rapsodie Production
– Distributeur : Haut et Court
LIENS
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PORTFOLIO
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