
Tucker & Dale fightent le mal : La critique
Date de sortie cinéma : 1er février 2012
Titre original : Tucker & Dale vs. Evil
LE FILM
Synopsis :
Tucker et Dale sont deux gentils péquenauds venus se ressourcer en forêt. Ils y rencontrent des étudiants venus faire la fête. Suite à un quiproquo entraînant la mort d’un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial killers qui veulent leur peau, alors que nos héros pensent que les jeunes font partie d’une secte et qu’ils sont là pour un suicide collectif ! C’est le début d’un gigantesque malentendu dans lequel horreur et hilarité vont se mélanger.
Ce qu’on en pense :
Même si Tucker & Dale fightent le mal et Scary Movie ne jouent pas exactement dans la même catégorie, le premier (comédie épouvante/horreur) n’est pas sans rappeler le second (comédie), les giclées de sang en plus.
Car Tucker et Dale fightent le mal respecte scrupuleusement les références au film d’horreur : tronçonneuse, corps broyé, doigt coupé, visage brulé, et bien sûr effusions de sang.
Mais tout comme dans Scary Movie, on rit souvent de bon cœur.
On se prend notamment d’affection pour ces deux pauvres bougres, archétypes des bouseux de l’Amérique profonde (ceux que l’on voit régulièrement au fin fond du Texas, accrochés à leur droit à porter une arme), qui n’ont qu’une envie, prendre possession et retaper leur résidence secondaire (qui pour le commun des spectateurs n’est qu’une ruine mûre pour la démolition). Et ils n’auraient pu faire que ça de leurs vacances s’ils n’étaient tombés sur une bande d’adolescents pleins de préjugés au détour d’une halte shopping. Les scènes s’enchainent bien, un bon équilibre entre humour et scènes d’action.
Ce qui est intéressant, et très bien retranscrit à l’écran, c’est cette dichotomie entre les actes de Tucker et Dale et la façon dont ils sont perçus par les autres protagonistes du film (adolescents et shériff).
Dans la catégorie bonne surprise, on peut noter les interprètes de Tucker (le texan Alan Tudyk, vu dans Dollhouse et V) et Dale (le canadien Tyler Labine, vu dans Le diable et moi) qui sont parfaits dans leurs rôles de bouseux au grand cœur, dépassés par les évènements.
Côté adolescents, les prestations de Jesse Moss (l’adolescent qui d’entrée n’est pas très net, et le déroulé de l’histoire nous prouve combien), Bandon Jay McLaren (ancien ranger rouge dans Power Rangers SPD, qui aurait mérité plus de temps à l’écran) et Katrina Bowden (une blonde supposée intelligente mais qui ira quand même se baigner dans un lac sombre, à l’écart du groupe, par une nuit sans lune) sont plus qu’honorables. Le passage des autres est trop fugaces pour vraiment marquer les esprits, mais du peu que l’on en voit, leurs interprétations sonnent justes.
Eli Craig signe ici sa première réalisation et c’est la vraie surprise du film car, pour un premier essai, c’est presque un coup de maître. On aurait en effet pu s’attendre à quelque chose de plus brouillon avec plus de temps morts. Et bien il n’en est rien, et les récompenses reçues attestent de sa grande qualité (prix du jury au Fant-Asia Film Festival, AMPIA Award, Audience Award au SXSW Film Festival et meilleur film au Sitges - Catalonian International Film Festival).
Ce film est une très bonne surprise. Bien sur, il faut le prendre au second degré et bien que son scénario pêche par un petit manque d’originalité (il y plus de surprises dans l’enchainement des scènes que dans leur originalité), il se laisse regarder avec plaisir. On passe un bon moment et on est déjà à la fin sans vraiment voir le temps passer. Petit bémol sur la fin car, on a beau être dans un film américain au sacro-saint ‘tout est bien qui finit bien’, la fin est peu crédible. Mais, vu la qualité d’ensemble du film, on passe sur ce manque d’originalité.
LA FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h28
– Réalisateur : Eli Craig
– Scénariste : Eli Craig, Morgan Jurgenson
– Acteurs : Alan Tudyk, Tyler Labine, Katrina Bowden, Jesse Moss, Brandon Jay McLaren
– Directeur photo : David Geddes
– Décors : John Blackie
– Costumes : Mary Hyde-Kerr
– Musique : Mike Shields
– Producteur : Morgan Jurgenson, Albert Klychak, Rosanne Milliken et Deepak Nayar pour Eden Rock Media, Reliance Big Pictures, Loubyloo Productions et T&D Productions
– Distributeur : Wild Bunch Distribution
ON EN PARLE
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