
La solitude à l’hosto...
NuqneH !
"On est loin de son pays natal, quand on se retrouve à l’hôpital…", chantait un poète Klingon, le cher Piè’R P’Ret.
Je reviens sur cette expérience passée que j’ai subie il y a déjà quelques temps… Ce sentiment d’infériorité, de dépendance absolue que l’on subit malgré toute la gentillesse possible du personnel.
Je pense surtout à ceux qui sont en long séjour, âgés, souvent condamnés par une Nature injuste à ne jamais revoir leur domicile, et quelque fois même leur famille.
Leur univers se réduit bientôt à un vieux transistor, une télé de plus en plus pauvre, une pièce qui en permanence sent vaguement les déjections malgré tout le soin des gens de l’entretien, une fenêtre qui présente sans cesse la même mire du même coin de ciel traversé par la même branche d’arbre, seule chose qui change au gré des saisons.
Leur avenir est sombre, et bien souvent leur espoir (quel espoir au juste, ils n’en savent même plus rien) s’écoule goutte à goutte comme la perfusion qui leur emprisonne le bras.
Parfois, une connaissance qui se souvient brutalement d’eux leur apporte un fabuleux trésor : un paquet de gâteaux qui va illuminer une bouche désormais habituée au régime sans sel, sans sucre, sans graisse, sans saveur…
Leur seule conversation possible est avec eux-mêmes, car les infirmières ont trop de travail pour pouvoir avoir le temps de leur parler vraiment. Mais comme ils se connaissent, ils n’osent pas se plaindre à celui qui est leur seul interlocuteur, de peur de la réponse qui arrivera.
Et ils survivent, accrochés à une vie qui n’est plus digne d’eux, qui les racornit, qui les érode peu à peu. Ils survivent car ils ne savent plus faire autre chose.
Ils se sont fait une raison, on accepté leur déchéance, parce qu’ils ne peuvent faire autrement. Ils se nourrissent alors de leurs souvenirs, parfois bon, parfois mauvais, et c’est alors qu’apparaissent immanquablement les regrets. Regrets de n’avoir pas eu le temps de faire ceci ou cela, de dire assez "je t’aime", de n’avoir pas profité de leur santé maintenant enfuie, d’avoir négligé les amis…
Et ils dorment, dorment toujours un peu plus, comme pour s’entraîner à la mort. S’habituer à l’absence, leur absence…
Si je vais me coucher, sera-ce une insulte à leur sort. J’espère que non.
Et comme disait Khaless : "Ben, mon colon ! Il a une de ses prémonitions de son avenir, le bougre…"
Qapla’
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