Foot - age de gueule
NuqneH !
Lors de mes nombreux voyages, mes pas m’ont mené vers les civilisations les plus étranges qui puissent être. J’ai vu des choses merveilleuses, atroces, émouvantes, admirables, et parfois d’autres, profondément ridicules.
L’une d’elles fut le séjour que je passai sur la planète Footix IV, réputée pour ses jeux.
Imaginez une planète avec deux continents. L’un, tout petit, est habité par des êtres d’une richesse incommensurable, vivant dans un luxe total, se gobergeant en permanence de festins plantureux, profitant des charmes vénaux de créatures à plaisirs tarifés, se traînant dans la luxure la plus onéreuse qui soit... L’autre continent, lui, abrite de pauvres familles, survivant à peine sur un sol aride et peu généreux, des paysans dont la seule possession est un amour propre qui les pousse à accueillir le visiteur comme s’ils vivaient dans l’opulence, se privant parfois des semaines après pour avoir été à la hauteur de l’idée qu’ils ont de l’hospitalité.
Les premiers vivent d’un jeu qu’ils diffusent sur les programmes d’holovision de plusieurs systèmes solaires. Les seconds subsistent difficilement, grâce aux maigres rétributions que les premiers leur donnent en échange de la fourniture des récoltes, travaux manuels et autres tâches pénibles.
Le jeu lui-même, je ne peux vous l’expliquer, tant il m’a semblé à la fois puéril et complexe. Mais je ne pus m’empêcher de m’insurger contre cette injustice que les riches faisaient supporter aux paysans. Mais, m’expliqua-t-on (du côté des riches), c’était "dans l’ordre des choses" et que "puisque les programmes en question se vendaient bien, pourquoi n’en profiterait-on pas ?"
Que les pauvres dépérissent était aussi probablement "dans l’ordre des choses", et l’idée stupide que j’eus soudain, idée incongrue et ne pouvant sortir que d’un cerveau malade, trop longtemps abîmé par les combats. En effet, je suggérai étourdiment que les riches partagent leurs fortunes avec les pauvres. Les riches rirent beaucoup, puisque ce n’était pas "dans l’ordre des choses", puis me firent comprendre que l’Espace m’attendait et que je ne devais pas le faire attendre...
Je fis comme ils avaient dit, non sans avoir au préalable infiltré un virus dans leur système de communication, bloquant leur émetteur pour au moins un an. Cela, c’était dans "MON ordre des choses"
Et comme disait Khaless : "Qu’on les fasse rissoler dans de l’huile de coude !"
Qapla’
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