
Tortures abominables (3)...
NuqneH !
Après avoir évoqué les deux précédentes tortures, je voudrais finir (temporairement) avec une autre souffrance. Le besoin de crier son ras-le-bol alors que cela vous est interdit ou du moins impossible.
Oui, là aussi réside une terrible douleur morale. Vous êtes face à une situation, ou un acte que vous ne pouvez accepter, et il vous faut vous taire, car hurler votre indignation ferait nettement plus de mal que de bien. Ou au moins ne servirait à rien, si ce n’est vous faire mettre au ban de la société.
Il arrive souvent que des technocrates aux neurones phagocytés mettent au point une directive civile ou militaire devant laquelle un enfant de 5 ans verrait tout de suite l’inutilité, voire le côté néfaste de la chose. Car ne vous y trompez pas, chez nous, Klingons, il en va comme chez vous : les décideurs décident sans consulter les personnes concernées par la mesure en travail et actent dans leur coin-coin.
Vous avez alors envie de crier combien cette décision est bête, inutile, voire mauvaise. Et vous ne dites rien, face au mur infranchissable que vous savez dressé devant vous. Les hautes instances, réfugiées derrière ce mur, ne vous entendront pas, et c’est tant mieux, car s’ils vous remarquent, ce sera pour vous museler proprement et rapidement.
Alors, vous faites le poing dans la poche, vous ruminez et faites le gros dos en attendant ce qui va vous tomber sur le coin de la cafetière.
Et ça ne rate jamais ! Ça finit toujours par vous empoisonner la vie, alors que d’autres solutions, pas plus couteuses ni difficiles à mettre place auraient été nettement plus profitables.
Vous devez vous taire, ne rien dire ! Et pourtant, ça vous démange comme une poignée de fourmis Mambala dans le calcif. Vous voudriez leur dire, à tous ces décideurs et empêcheurs en penser en rond que vous en avez marre, que vous voudriez les voir abandonner leur perchoir de perroquets bien peignés.
Mais le silence est votre seul refuge, car soit vous criez seul, et l’on ne vous entend pas, soit vous réussissez à trouver d’autres compères, et l’action vous échappera, et risquera de tourner à la violence qui, comme chacun sait, est le dernier refuge de l’incompétence.
Vous rongez votre frein, vous désespérant de votre impuissance, de votre voix inaudible, de votre rage inutile. Votre torture, c’est de devoir vous taire, encore et toujours… et à jamais.
Moi, je hurle dans mon lit. C’est tout aussi inutile, mais ça détend.
Et comme disait Khaless : "Moi, depuis le temps que je demande qu’on me débarrasse de lui… et nul ne me soulage !…"
Qapla’
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