Garance : La critique
GARANCE
– Date de sortie : 23/09/2026
– Durée : 1h55
– Réalisateur : Jeanne Herry
– Scénario : Jeanne Herry
– Interprètes : Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud
Garance est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à la potentialité de la mort.
LA CRITIQUE
Après l’excellent Je verrai toujours vos visages et sa justice réparatrice, la réalisatrice Jeanne Herry s’attaque à un autre sujet sociétal : l’alcoolisme. Cette fois-ci, elle laisse tomber l’œuvre chorale pour se concentrer sur Adèle Exarchopoulos qui livre ici une prestation époustouflante. Elle la filme de très près et dans presque chaque plan, pour bien montrer que le combat se fait en elle-même. Les autres sont là, bien entendu, mais sont des satellites qui lui seront pourtant bien utiles, car notre Garance a besoin d’aide, et d’abord d’ouvrir les yeux sur sa maladie. Sans jamais juger, mais en accompagnant sa vie, elle devra se laisser imprégner des autres. On retrouve ici le positivisme de la réalisatrice, qui croit aux bienfaits de la bienveillance, douce et non imposée.
On suit donc la vie de Garance, et l’aggravation inéluctable de sa maladie, mais, et c’est très important, sans sombrer dans un pathos facile, mais plutôt en éludant à chaque fois ces scènes de descente aux enfers que l’on connaît déjà sur le sujet. Ainsi, on ne nous montre pas de scènes crades et faciles, mais on s’attarde sur les conséquences de celles-ci, le déni et la solitude en tout premier.
C’est ce qui fait la singularité de l’œuvre, mais aussi ce que l’on pourrait lui reprocher, paradoxalement. Le film n’est-il pas qu’une tranche de vie, certes bien filmée, mais un peu édulcorée ?
Il apparaît en fait que c’est surtout une façon de traiter le sujet autrement et de faire du cinéma plutôt que du sensationnalisme. Dans le même ordre d’idées, il ne faut pas voir l’aspect LGBT comme une propagande de plus, mais bien comme une façon de présenter une sensibilité différente entre deux femmes. Pour une fois, il paraît impossible de voir un homme remplacer la si différente amante qu’incarne Sara Giraudeau (par opposition au personnage de Garance). Là, oui, cela marche parfaitement !
Pour résumer, le film est poignant et, pour y arriver, ne joue pas d’artifices en exploitant au contraire le hors-champ et les ellipses temporelles, le faisant ressembler à un documentaire. Il traite d’un sujet que quasiment tout le monde a connu dans sa vie, d’une manière ou d’une autre.
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