Black Orion : La critique
BLACK ORION
– Date de sortie : 02/09/2026
– Éditeur : Morgen
– Scénario : Bruno Seelig
– Dessin : Bruno Seelig
– ISBN : 978-2387250575
– Nombre de Pages : 128
– Prix : 19,90 euros
DESCRIPTION
Qu’y a-t-il de plus dangereux pour la Terre que deux ados qui s’ennuient ?
Lorsque Dylan et Olivia mettent la main sur Black Orion, une mystérieuse drogue aux effets cosmiques qui altère durablement leurs réalités, c’est le destin de notre planète qui s’en trouve bouleversé. Mais leur rencontre avec Franco, mi-Freddie Mercury, mi-Pablo Escobar, avec en prime un zeste de dédain pour l’espèce humaine, sera la clé de leur destin astral.
LA CRITIQUE
Dylan et Olivia sont deux adolescents dont l’ennui et une drogue aux effets cosmiques vont précipiter l’humanité dans une aventure où se croisent extraterrestres, trafiquants, FBI et un inquiétant personnage nommé Franco.
Le point de départ pourrait annoncer une fable adolescente classique. Il devient très vite autre chose, une cavalcade spatio-temporelle où chaque nouvelle bizarrerie semble appeler la suivante. L’originalité de Black Orion ne tient pas seulement à son imaginaire débridé. Seelig joue aussi avec la manière de raconter. Le récit principal remonte les événements à rebours, tout comme un Memento de Christopher Nolan, pendant qu’une seconde histoire, en noir et blanc, progresse de façon linéaire dans un coin de chaque planche. Ce dispositif pourrait relever du simple tour de force, mais il donne ici à la lecture une drôle de tension. On avance tout en revenant en arrière, on cherche les liens, on recompose ce que l’auteur a volontairement dispersé.
Cette construction ne rend pourtant pas l’album froid ou cérébral. Au contraire, Black Orion mise sur le mouvement, les couleurs éclatantes et un goût assumé pour l’excès. Le dessin est cartoonesque, élastique, volontiers monstrueux, avec cette énergie de série B qui ne s’excuse jamais d’être spectaculaire. On y retrouve le plaisir brut de l’aventure, celui qui ne demande pas l’autorisation d’être absurde pour devenir grisant.
Il y a quelque chose de très réjouissant dans cette manière de refuser la gravité obligatoire du roman graphique contemporain. Black Orion parle bien de deux ados paumés et d’un monde qui vacille, mais préfère l’élan à la mélancolie. Son humour, ses créatures et ses changements d’échelle ne cherchent pas à désamorcer les enjeux. Ils donnent plutôt à cette apocalypse sous acide une saveur singulière, entre le délire pop et le conte cosmique.
Tout n’est sans doute pas fait pour les lecteurs qui aiment les récits parfaitement balisés. L’album demande d’accepter de se perdre un peu, de ne pas immédiatement comprendre pourquoi telle piste est ouverte ou pourquoi tel personnage semble débarquer d’une autre galaxie. C’est aussi ce qui fait son charme. Seelig ne construit pas un univers à visiter sagement. Il construit une machine à surprises, qui prend son sens à mesure que ses pièces, pourtant improbables, s’emboîtent.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, Black Orion est une BD qui prend la science-fiction par le col et la propulse sans ménagement dans le vide intersidéral. Avec Black Orion, Bruno Seelig livre ainsi une science-fiction généreuse, drôle et visuellement explosive. Une BD qui assume de vouloir divertir avant tout, sans renoncer pour autant à inventer une forme. Et qui rappelle, avec une belle insolence, que l’imagination n’a jamais eu besoin d’être raisonnable pour toucher juste.
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