American Caper : La critique du T.1
AMERICAN CAPER T.1
– Date de sortie : 04/09/2026
– Éditeur : Urban Comics
– Auteur : Dan Houser
– Dessin : David Lapham
– ISBN : 9791026857259
– Pages : 136
– Prix : 14,50 euros
DESCRIPTION
"Un avocat dépravé accro aux jeux d’argent. Un tueur à gages mormon. Une femme au foyer consommatrice de pilules rouges. Une reine de beauté mexicaine en fuite. Un milliardaire de Wall Street qui joue au cow-boy, et des évadés déterminés à se venger. Tous se retrouvent à Verone, dans le Wyoming, une petite ville comme les autres où tout est toujours de la faute de quelqu’un d’autre."
LA CRITIQUE
Dan Houser, le scénariste de cette fresque qui dépeint l’arnaque américaine à grands traits, n’est pas n’importe qui, il est co-créateur de Rockstar Games et scénariste des jeux vidéo GTA San Andreas et Red Dead Redemption. Et c’est avec encore plus de verve et de liberté qu’il s’attaque à ce que l’Amérique a de pire à offrir dans ce premier tome d’American Caper.
L’histoire tourne d’abord autour d’un avocat paumé et constitué de tous les maux de la terre, et qui, de plus, est pris entre les deux feux de la composante américaine actuelle : sa fille woke et sa femme suprémaciste.
C’est le cœur de la narration, car il s’agit de présenter les Américains comme pris entre le marteau et l’enclume, dans un maelström de violence institutionnalisée dont ils ne peuvent pas sortir. Personne ne pouvant être neutre, nous en sommes tous victimes, et aux yeux de ceux qui "combattent" dans un camp ou dans l’autre, ne pas faire partie du leur (le camp du bien vu par chacun) est forcément être complice de l’autre. Tous ces gens qui ont un "combat" semblent isolés, même s’ils font partie d’une cohorte, et ne pas se rendre compte qu’ils produisent les maux propres de la société qu’ils détestent. Imaginons même qu’ils aient eu des pensées pures au début de leur engagement, ils sont très vite cooptés par des manipulateurs, des partis, des "associations", des mouvements qui leur enlèvent leur capacité à raisonner en leur bourrant le crâne de pensées automatiques, prémâchées et bourrées d’éléments de langage répétés comme des litanies.
Pour imager le tout, il y a ceux qui préfèrent le clafoutis avec des cerises dénoyautées et d’autres qui pensent que c’est une hérésie, et ces deux camps font bien savoir à l’autre que seul leur point de vue compte et qu’il faut interdire l’autre. Les choses se complexifient encore quand on sait que d’autres préfèrent le clafoutis aux prunes, et que d’autres (l’extrême majorité silencieuse) s’en foutent royalement.
Et c’est bien tout le problème dans cette BD qui vise juste, le sort que l’on réserve au tout-venant, universellement. Car, le voisin idéal (un Flanders sans doute) de notre avocat véreux est très loin d’être tout blanc, bien au contraire. Car sachez qu’après ses dîners au barbecue familial, notre mormon est tueur à gages. Emporté par ce flot de violence et de combats, il n’a en effet pas eu le choix. Et c’est le cas pour tous les personnages que l’on croisera dans ce premier tome, laids de l’intérieur (ce qui se concrétise sur leurs illustrations). Avec son style direct et ses publicités ridicules du monde de consommation ultralibéral américain qui fleurissent çà et là, American Caper évolue dans la corruption, le désespoir et la violence exacerbée, et ceci de façon à peine exagéré, d’un monde ricain fracturé qui rejette la faute sur l’autre camp.
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