Le mage du Kremlin : La critique
LE MAGE DU KREMLIN
– Date de sortie : 21/01/2026
– Titre original : The Wizard Of The Kremlin
– Durée du film : 2 h 25
– Réalisateur : Olivier Assayas
– Scénaristes : Olivier Assayas, Emmanuel Carrère d’après l’œuvre de Giuliano da Empoli
– Interprètes : Paul Dano, Jude Law, Alicia Vikander, Tom Sturridge, Will Keen, Jeffrey Wright, Andrei Zayats, Kaspars Kambala
LA CRITIQUE
Le mage du Kremlin est un très bon film adaptant l’œuvre de Giuliano da Empoli qui s’inspire de la réalité des 30 dernières années en Russie.
Le scénario d’Olivier Assayas et d’Emmanuel Carrère tourne autour d’un jeune homme doué pour raconter des histoires et qui comprend comment le monde, notamment la Russie, fonctionne. Il est alors recruté pour rentrer au service d’un certain Vladimir Poutine qui va, au début des années 2000, devenir le maître de la Russie.
Le film d’Olivier Assayas est passionnant à découvrir. On ne voit jamais les 2h30 passer tant la progression est bien faite, les rebondissements surprenants et l’écriture d’une grande qualité. En effet, la narration repose beaucoup sur les échanges entre divers protagonistes qui sont éclairés à l’aune des événements internationaux se déroulant à l’époque.
D’ailleurs de nombreuses images d’archives ont été intégrées dans leur récit, dont certaines qui ont été reproduites à l’identique avec des comédiens, ces derniers apparaissant aussi dans le film pour interpréter des personnages historiques ayant vraiment existé.
Le long métrage montre très bien la manière dont la fin de l’URSS a fait souffler un vent de fraîcheur et de liberté sur le pays. Elle a aussi généré une violence importante qui a redistribué le pouvoir et les richesses aux mains d’un nombre de personnes réduit.
L’œuvre est extrêmement documentée et d’une grande fidélité à la réalité. Elle montre très bien les arcanes du pouvoir et la manière dont certains individus tirent les ficelles afin de réaliser leurs objectifs, souvent aux dépens d’une population qui passe de plus en plus à l’arrière-plan.
Le travail fait sur les décors par Francois-Renaud Labarthe est magnifique. En effet, dans l’impossibilité de tourner en Russie, c’est la Lettonie qui a été choisie. Les lieux sélectionnés ont été entièrement modifiés afin de faire reconstituer les intérieurs de certains endroits russes importants, comme le bureau du président.
Les choix musicaux sont aussi agréables, utilisant différents types musicaux pour montrer les divers milieux dans lesquels le personnage principal évolue et la façon dont ils se sont progressivement modifiés au fil du temps.
Paul Dano est incroyable en homme de l’ombre aux idées redoutables. Il interprète très bien un individu changeant progressivement en fonction de son travail et qui n’est pas dupe des horreurs qu’il a commises. Jeffrey Wright est très sympathique en professeur américain voulant écrire un livre sur un grand auteur russe qui croise son chemin. Jude Law crève littéralement l’écran en Vladimir Poutine, semblant plus vrai que nature. Will Keen est très bon en grand manitou des médias, tombé en déchéance. Tom Sturridge est impeccable en oligarque aimant les fêtes. Et Alicia Vikander est formidable en jeune femme dont est amoureux le personnage principal, qu’il croise régulièrement au fil du temps.
Sans compter que certains éléments présentés sont très réfrigérants et mettent bien en évidence les différentes façons de penser et de fonctionner des Russes par rapport à celles des Occidentaux de l’Ouest et des Américains.
Le mage du Kremlin est un très bon film s’inspirant de la réalité et de personnages existants pour proposer une immersion vivace au cœur du pouvoir russe. Avec son histoire extrêmement bien documentée et écrite, sa réalisation parfois grandiose et ses personnages formidablement interprétés, le long métrage est passionnant à suivre et on ne voit jamais le temps passer.
Spectaculaire et glaçant.
SYNOPSIS
Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine. Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia, femme libre et insaisissable, incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Yorick Le Saux
– Montage : Marion Monnier
– Costumes : Jürgen Doering
– Décors : Francois-Renaud Labarthe
– Producteurs : Olivier Delbosc, Sidonie Dumas pour Curiosa Films, Gaumont Production
– Distributeur : Gaumont Distribution
LIENS
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