
Inexorable désagrégation
NuqneH !
Tout fout le camp, c’est bien connu...
Et de plus en plus, sans cesse renouvelé par notre soif d’aller de l’avant, en laissant les autres derrière, leur laissant grappiller ce que nous avons pu laisser après la curée...
Nous fonçons vers l’avant, toujours plus loin, sans regarder où nous marchons, tel un Mugato aveugle attaqué par des morpions arcturiens vaccinés contre la Grippe A, défonçant tout sur son passage.
Le profit est notre maître mot, nous entraînant toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus efficacement. Nous ne regardons plus ce qui est à côté de nous, ceux qui nous côtoient, les fleurs, les paysages, les couchers de soleil, les branches d’un arbre sous la neige qui essaiment leurs flocons sous la bise légère... Non, seuls les bilans, les courbes de statistiques et les rapports financiers nous émeuvent, nous font baver d’envie.
Et pourtant, pas besoin d’aller sur Risa ou Bételgeuse pour voir de belles choses ! Il suffit d’ouvrir les yeux là où l’on est, pour voir une mère qui sourit à son enfant, les mains de deux amoureux serrées de passion, un oiseau qui chante sur une branche...
Tout cela est à notre portée, sans qu’il soit besoin d’aller bien loin. Il suffit de se poser un instant, de se vider la tête d’une vie à cent à l’heure qui n’apporte pas plus qu’une autre, et regarder. REGARDER ! Regardez l’herbe en train de pousser, et pourquoi pas ? Bon, ça prend du temps, et le temps, c’est de l’argent. Mais le plaisir, la paix, ne sont-elle pas aussi un certain enrichissement ? Hein ? Quoi ? Comment ? J’entends pas ! Bon, puisque vous ne voulez pas écrire plus fort, c’est que j’ai raison, et vous tort !
Vous ne dites rien, vous vous sentez tous péteux avec vos allures de jeunes loups affamés en train de courir après cette mort à laquelle, ne vous y trompez pas, vous n’échapperez pas, quelle que soit la rapidité de votre course. Si, si, je vous l’assure...
Et oui, je vais donc aller dormir, m’admirer l’intérieur des paupières et me dire qu’un guerrier qui dort, c’est beau... On admire ce qu’on peut...
Et comme disait Khaless : "Je confirme : à mon avis, le malade est perdu !"
Qapla’
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