L’art du con bas
NuqneH !
Les ennemis qui jalonnent la vie d’un humanoïde moyen sont nombreux. Entre la feuille d’impôts, le petit doigt de pied qui rentre en collision avec un pied de lit qui ne lui a rien fait, l’assiette qui glisse sournoisement vers un carrelage assoiffé de neutralité larvaire, le bus matinal qui s’obstine à passer sous le nez du voyageur à la bourre et ce, quelle que soit l’heure à laquelle la dite victime s’aventure à tenter la chasse au transport en commun, au mépris de toute prudence... Et j’en oublie... Alors, le pauvre hère accuse immanquablement et dans le désordre : Dieu, le diable, son percepteur, son cancer de la canine du haut à droite, sa malchance, son voisin de palier, le mamamouchi du coin, ou le premier péquenot dont il croisera le chemin.
Pour un Klingon, l’ennemi, c’est l’occasion de se couvrir de gloire sur un champ de bataille couvert de cadavres, la possibilité de foncer en Chronopost au Sto-Vo-Kor, en aller simple ! Mais quel honneur y a-t-il à tenter de combattre le correspondant qui s’obstine à être déjà en liaison sub-spatiale alors qu’on a justement besoin de le joindre de toute urgence pour discuter du prochain plan de bataille ! Où a lutter avec l’énergie du désespoir contre une pile de disrupteurs sagement rangés sur une étagère et qui décident tout à coup à l’unisson de vous tomber sur le crâne sous la fallacieux prétexte que vous passiez justement par là !
Non, je vous le dis, il n’y a aucune gloire à combattre ces veules ennemis qui se cachent sous le lâche anonymat de l’objet utilitaire soi-disant dépourvu de volonté propre, tel le cintre si bien débusqué par notre maître à tous, le glorieux D’Prog...
C’est pourquoi, aujourd’hui, et pour la semaine, je reste au lit !
Et comme disait Khaless : " Qu’on les désentripaille !"
Qapla’
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