
Réhabilitons la mort
NuqneH !
Pauvre mort… Si décriée, si critiquée… Si haïe…
Et pourtant, n’est-elle pas notre fidèle compagne, à nous fiers guerriers Klingons, dont la mort glorieuse sur le champ de bataille nous mène directement au Sto’Vo’Kor ? N’est-elle pas l’ultime but de l’honneur de servir l’empire ?
Oui, je sais, d’aucuns diront qu’elle inquiète… Que les non croyants s’inquiètent de ce qu’il y a après… Mais en y réfléchissant : s’il n’y a rien, ils ne s’en rendront plus compte ! Alors pourquoi râler ?
Cette mort, elle signifie pour nous la fin des douleurs, de l’obligation de payer des impôts, de supporter les cons, de tout ce qui nous fait ch… dans ce bas monde…
Moi, en fier combattant, je n’ai pas peur de la mort. En tout cas, de ma mort. Parce que celle de mes amis, oui, elle me fiche la trouille… Mais n’en parlons pas, je ne voudrais pas faire couler une larme d’émotion sur ces beaux visages burinés qui me lisent.
Et puis combien de poètes l’ont chantée, cette camarde, en en riant même, comme pour l’apprivoiser. Combien en ont ri, pour la rendre plus sympa, plus avenante…
Et puis finalement, n’est-elle pas la grande miséricordieuse qui permet à ceux qui souffrent trop d’enfin être libérés ?
Je veux donc la réhabiliter. Mais attention, je ne veux pas non plus l’appeler, la souhaiter, la draguer comme une demoiselle de petite vertu que je tenterais d’entraîner par quelques propos légers dans une couche prometteuse de fringants ébats.
Je veux juste lui rendre une place plus digne d’elle. Elle mène à un monde meilleur, croient certains, elle finit les souffrances à jamais, croient les autres. Mais surtout, elle est égalitaire.
Et oui, qu’on soit grand ou petit, riche ou pauvre, fort ou faible, elle touche chacun, sans distinction, et à la fin de compte, on se retrouve poussière, humus parmi l’humus…
Et s’il reste une différence après qu’elle soit passée, c’est le souvenir que l’on laisse. Et ce souvenir, on ne peut pas tricher avec lui. Il dépend de savoir si l’on a su aimer ou non. Car c’est lorsqu’on a su aimer qu’on laisse le souvenir de quelqu’un d’aimé…
Je vais me coucher, en me souvenant de tous ces morts que j’ai aimés et qui me manquent…
Et comme disait Khaless : "Lui, l’est pas mort ! Enfin, je peux arranger ça…"
Qapla’
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