Bruno Reidal, confession d’un meurtrier : La critique

Date : 23 / 03 / 2022 à 10h00
Sources :

Unification


BRUNO REIDAL, CONFESSION D’UN MEURTRIER

 Date de sortie : 23/03/2022
 Titre original : Bruno Reidal, confession d’un meurtrier
 Durée du film : 1 h 41
 Réalisateur : Vincent Le Port
 Scénariste : Vincent Le Port
 Interprètes : Dimitri Doré, Jean-Luc Vincent, Roman Villedieu, Alex Fanguin, Tino Vigier, Nelly Bruel, Ivan Chiodetti, Dominique Legrand

LA CRITIQUE

C’est en tombant par hasard sur le nom de Bruno Reidal dans un livre parlant des serials killers du XXe siècle que Vincent Le Port a eu l’idée de mettre en scène Bruno Reidal, confession d’un meurtrier.

Le scénario de Vincent Le Port s’appuie sur les mémoires du criminel et retrace sa jeunesse et son passage à l’acte. En effet, celui-ci à peine âgé de 17 ans s’est spontanément rendu à la police après avoir tué un enfant. Il n’a jamais regretté ce fait, alors qu’il a lutté pendant toute sa jeune existence contre des pulsions criminelles. Mais il n’a jamais non plus accusé qui que ce soit de l’avoir poussé à commettre un tel acte et a reconnu en être le seul responsable.

Un comportement d’autant plus étonnant que le fait divers s’inscrit au début du XXe siècle dans le Cantal et qu’il concerne un jeune homme descendant de paysans, avec un esprit brillant et faisant des études de séminariste.

Le film de Vincent Le Port est vraiment remarquable. Il permet de s’immerger totalement dans la psyché d’un tueur et de suivre pas à pas toutes ses pulsions et ses réflexions. D’autant que le jeune homme a lui-même écrit ce qu’il ressentait. Une demande qui a été faite par les professeurs de médecine qui le traitait et qui lui ont demandé de formaliser par écrit toute sa vie et ses pensées.

La mise en scène suit donc le personnage principal de près, de sa petite enfance à ses 17 ans. Les images, souvent muettes, sont commentées par la voix off du protagoniste principal qui explicite ce qu’il ressent.

Celui-ci est incarné de façon éblouissante par Dimitri Doré qui est particulièrement prodigieux. Sa posture, ses regards et sa tenue fuyante sont maîtrisés à merveille. Alors que de sa voix douce et calme énonce des horreurs et commente les moindres faits importants de sa vie.

L’œuvre ne juge d’ailleurs jamais le personnage, laissant ses propres mots s’exprimer pour faire prendre conscience au spectateur la manière dont un tel crime était finalement inévitable, au vu des pulsions que pouvait de moins en moins réprimer son auteur.

Il faut aussi saluer la très belle interprétation de Roman Villedieu qui incarne le personnage à 10 ans et est particulièrement juste. Jean-Luc Vincent et très bon en professeur Lacassagne, médecin réputé à l’époque.

Le spectateur peut trouver une véritable fascination vis-à-vis de cette plongée dans une psyché tourmentée parfaitement narré par son propriétaire qui fait preuve d’une analyse pointue de sa situation et ne fait aucune concession concernant ses actes et ses comportements.

La reconstitution du début du siècle précédent est aussi très bien faite. On se croit vraiment projeté dans une époque différente où l’accès à l’éducation était un grand privilège que la plupart des gens ne pouvaient s’offrir et où une certaine violence intrinsèque au sein des familles, et de la vie en général, faisait partie du quotidien.

La très belle photographie de Michaël Capron a aussi un grand impact sur la qualité du film. En effet, si le spectateur est au courant du crime du jeune homme, il ne sait pas comment celui-ci est arrivé. C’est là une grande qualité du long métrage que de réussir à captiver le spectateur de la première image à la dernière. D’autant que de très belles scènes bucoliques viennent se glisser dans un récit sombre et tourmenté.

L’œuvre est vraiment singulière, tant dans son fond que dans sa forme et fait une proposition cinématographique impressionnante qui reste très longtemps en mémoire. Le saisissant portrait de ce criminel particulier est d’autant plus vivace que le personnage réussi à être attachant et que se retrouver immergé au cœur de ses pensées les plus profondes permet de dresser le tableau glaçant d’un tueur que, finalement, seule la prison a empêché de sévir à nouveau.

Bruno Reidal, confession d’un meurtrier est un excellent film incroyable et extrêmement brillant. Avec une histoire vraie qui a défrayé la chronique à l’époque, une réalisation magnifique et un comédien principal qui est éblouissant, on n’est pas près d’oublier cette affaire criminelle d’une grande puissance.

Saisissant et envoûtant.

SYNOPSIS

1er septembre 1905. Un séminariste de 17 ans est arrêté pour le meurtre d’un enfant de 12 ans. Pour comprendre son geste, des médecins lui demandent de relater sa vie depuis son enfance jusqu’au jour du crime. D’après l’histoire vraie de Bruno Reidal, jeune paysan du Cantal qui, toute sa vie, lutta contre ses pulsions meurtrières.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Photographie : Michaël Capron
 Montage : Jean-Baptiste Alazard
 Costumes : Véronique Gely
 Décors : Arnaud Lucas
 Producteur : Thierry Lounas, Roy Arida, Pierre-Emmanuel Urcun pour Capricci Films, Stank
 Distributeur : Capricci Films

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Bruno Reidal, confession d'un meurtrier


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