Rambo - Last Blood : La critique
Rambo : Last Blood est le cinquième bon volet des aventures d’un John Rambo qui a maintenant dépassé les 70 ans.
Le scénario de Matt Cirulnick et Sylvester Stallone est vraiment très sombre et montre un personnage allant au Mexique pour essayer d’y retrouver sa fille adoptive enlevée par un cartel. Le récit qui commence avec une certaine légèreté, malgré une ouverture impressionnante, réserve par la suite beaucoup de violence psychologique et physique. Dans ce dernier opus, Rambo tire donc une révérence bien amère sur l’humanité.
Rambo est toujours très bien incarné par Sylvester Stallone qui est devenu un homme hanté par ses souvenirs. Son personnage, à l’instar d’une société devenue plus violente et inhumaine, va se retrouver confronté à la traite des femmes au Mexique qui est un véritable problème dramatique pour le pays, alors que de nombreuses femmes sont enlevées et utilisées comme prostituées contre leur gré.
Le comédien maîtrise parfaitement son personnage et n’essaye pas de jouer avec son âge. C’est bien un Rambo de 70 ans qui est présenté, usé par les morts du passé qui le hante et par une guerre dont il n’est jamais revenu. Ses histoires de bonheur étouffé et sa mélancolie planent sur tout le long métrage et esquisse un individu qui n’a jamais réussi à se retrouver réellement.
Malgré ses 73 ans, Sylvester Stallone fait toujours ses scènes d’action. Évidemment, il est moins puissant et impressionnant qu’auparavant, mais sa volonté inflexible et sa préparation minutieuse permettent de continuer à croire à son personnage.
Toujours est-il que si Rambo ne fait vraiment pas dans la dentelle, il ne cible que des individus peu recommandables auxquels le spectateur n’a aucune raison de s’attacher. Cette plongée dans le côté obscur, malsain et sans générosité de l’humanité fait souvent mal et montre sans aucune concession comment des destins peuvent être brisés. Si les "méchants" sont cette fois mexicains, ils auraient tout autant pu être américains. Rambo ne fait pas de distinction et tape uniquement sur des individus peu recommandables, tout en évitant, il faut le reconnaître, de faire tomber sa foudre létale sur quelques femmes, toutes aussi méprisables, dont il croise le chemin.
Contrairement aux autres opus verdoyants, l’œuvre se passe principalement en deux lieux, une ville mexicaine et surtout un ranch texan écrasé par le soleil et dépourvu d’arbres. Ce qui résonne comme une vraie allégorie vis-à-vis de la sécheresse qui habite le personnage.
Si le long-métrage d’Adrian Grunberg prend le temps de s’installer, ce n’est que pour enfoncer le spectateur dans plus de noirceur. Un récit qui s’achève dans une apothéose de violence et de sang qui a le mérite d’être efficace et courte et de ne pas s’attarder sur les morts.
La musique de Brian Tyler accompagne à merveille ce personnage que les amateurs prendront plaisir à retrouver, fatigué, usé, mais toujours intraitable et fidèle à ceux qui ont gagné son respect.
Rambo : Last Blood est un bon Rambo qui signe la fin d’une ère. Avec un grand acteur dans l’un de ses rôles fétiches et qui encore une fois sait l’incarner parfaitement et une vision peu reluisante de la noirceur humaine, le long métrage signe des retrouvailles funestes réussies avec un homme qui n’a rien à perdre et qui fait le ménage d’une façon plutôt violente.
Sombre et sans compromis.
Le début du générique devrait ravir les amateurs en proposant une succession de séquences tirées des 4 volets précédents et qui permettent de retracer la vie d’un Rambo inexorable. Un bien beau au revoir à l’une des grandes icônes du cinéma.
SYNOPSIS
Cinquième épisode de la saga Rambo. Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va affronter un cartel mexicain après l’enlèvement de la fille d’un ami.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 40
– Titre original : Rambo Last Blood
– Date de sortie : 25/10/2019
– Réalisateur : Adrian Grunberg
– Scénariste : Matt Cirulnick, Sylvester Stallone d’après l’œuvre de David Morrell
– Interprètes : Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta, Adriana Barraza, Yvette Monreal, Óscar Jaenada, Rick Zingale, Fenessa Pineda
– Photographie : Brendan Galvin
– Montage : Carsten Kurpanek, Todd E. Miller
– Musique : Brian Tyler
– Costumes : Cristina Sopeña
– Décors : Franco-Giacomo Carbone
– Producteur : Avi Lerner, Kevin King Templeton, Yariv Lerner, Les Weldon pour Millenium Films, Balboa Productions, Campbell Grobman Films, Lionsgate
– Distributeur : Metropolitan FilmExport
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