Bienvenue à Marwen : La critique
Bienvenue à Marwen est un très beau et étrange film de Robert Zemeckis inspiré d’une étonnante histoire vraie qui a déjà donné lieu à un livre, Welcome to Marwencol, et à un documentaire primé Marwencol.
Après avoir été sauvagement battu en sortant d’un bar, un artiste qui a perdu toute capacité de dessiner se met à la photographie en recréant un petit village belge pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il y fait évoluer de nombreuses figurines, dont son alter ego, et raconte leurs histoires en photos.
Le scénario de Caroline Thompson et de Robert Zemeckis expose très bien cette belle histoire de reconstruction d’un homme brisé, tout en rendant hommage au véritable individu, Mark Hogancamp, qui en est la source.
Le long métrage de Robert Zemeckis alterne point de vue réel et histoire des figurines racontée en images de synthèse, avec une utilisation judicieuse de la motion capture sur les acteurs les incarnant. Les transitions sont bluffantes et on met parfois quelques secondes avant de remarquer qu’il s’agit d’animation et non pas de véritables acteurs à certains moments.
Outre les effets spéciaux très spectaculaires, la photographie de C. Kim Miles illumine le long métrage et lui donne un cachet vraiment particulier.
La réalisation technique est réellement de toute beauté. Le passage d’une séquence dans le village des poupées animées à celui de la vie réelle est d’une délicatesse extrême et permet de vivre des moments aussi bien intenses que poétiques. Le montage de Jeremiah O’Driscoll est bien précis et permet d’obtenir une œuvre singulière.
Les décors de Stefan Dechant, notamment les divers bâtiments du village miniature, sont magnifiques. Tout comme les accessoires très méticuleux et les poupées plus vraies que nature.
Il faut aussi saluer le remarquable travail de Joanna Johnston sur les costumes. Ceux des poupées sont d’une grande minutie et franchement réalistes, chacun dans le genre des différents protagonistes les portant. En effet, si les tenues des femmes sont colorées, celles des hommes correspondent à des uniformes, américain pour le héros, nazis pour les méchants.
Les acteurs sont collégialement très bons. La plupart ont d’ailleurs un rôle double avec une figurine les représentant dans le monde irréel du personnage principal. Steve Carell est prodigieux à la fois en homme se cherchant et son avatar de plastique. Il incarne avec subtilité un homme ayant du mal à se remettre de son agression et utilisant son univers intérieur comme thérapie.
Leslie Mann en voisine chaleureuse, Eiza Gonzalez en cuisinière amicale, Gwendoline Christie en aide à domicile à la langue bien pendue, Merritt Wever en vendeuse généreuse ou encore Janelle Monáe en kinésithérapeute sont des femmes passionnantes surtout lorsque leurs marionnettes se battent contre les méchants. Quant à Diane Kruger, en sorcière, elle est une personne fictive des plus captivantes.
Bienvenue à Marwen est un film surprenant et touchant parlant aussi bien de la guérison et de la tolérance que de la passion. Difficilement classable, et possédant une poésie envoûtante, l’œuvre fait passer un très bon moment de cinéma. Une mise en scène léchée, de grands acteurs, une réalisation technique de haut niveau et une histoire singulière en font clairement un ovni cinématographique qu’il ne faut pas hésiter à aller découvrir.
Différent et apaisant.
SYNOPSIS
L’histoire de Mark Hogancamp, victime d’une amnésie totale après avoir été sauvagement agressé, et qui, en guise de thérapie, se lance dans la construction de la réplique d’un village belge durant la Seconde Guerre mondiale, mettant en scène les figurines des habitants en les identifiant à ses proches, ses agresseurs ou lui-même.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 56
– Titre original : Welcome to Marwen
– Date de sortie : 02/01/2019
– Réalisateur : Robert Zemeckis
– Scénariste : Caroline Thompson, Robert Zemeckis d’après l’œuvre de Jeff Malmberg
– Interprètes : Steve Carell, Leslie Mann, Eiza Gonzalez, Diane Kruger, Gwendoline Christie, Merritt Wever, Janelle Monáe, Siobhan Williams
– Photographie : C. Kim Miles
– Montage : Jeremiah O’Driscoll
– Musique : Alan Silvestri
– Costumes : Joanna Johnston
– Décors : Stefan Dechant
– Producteur : Steve Starkey, Jack Rapke, Cherylanne Martin, Robert Zemeckis pour Universal Pictures, Imagemovers, DreamWorks Pictures
– Distributeur : Universal Pictures International France
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