
Pitié ! Pas de pitié...
NuqneH !
Comme chacun le sait, la mentalité klingonne est basée sur l’honneur, la force et la gloire obtenue au combat. La pitié ne fait pas partie de nos valeurs, ni de nos inclinations. Lorsqu’un ennemi à terre demande pitié, nous ne lui accordons pas plus que nous ne la demanderions à celui qui aurait réussi à nous vaincre…
Pas de pitié ! Ni pour nous, ni pour les autres !
Oui, mais voilà… Depuis le temps que nous nous connaissons, vous avez bien compris qu’à la suite de mes voyages et de mes réflexions, mes valeurs ont évolué et, même si je revendique toujours mon héritage Klingon, j’en suis venu à apprécier certains sentiments plus… pacifiques.
Et oui, certains penseront que je m’amollis, d’autres que je m’assagis…
Mais voilà : je n’ai pu m’empêcher de trouver de la richesse dans la paix, l’amour et la tolérance. Traitez-moi de vieux con, ce n’est pas grave, mon Bat’leth vous prouvera qu’il me reste de la vigueur.
Mais malgré cette évolution pacifique de ma pensée, je reste farouche sur ce plan : non, pas de pitié !!!
Parce avoir pitié de quelqu’un, surtout hors du combat, c’est-à-dire quand on voit un pauvre type dans la misère, une femme ayant plus que son quota de malheurs, un malade souffrant le martyre ; c’est se sentir supérieur à lui. Daigner se pencher sur ce pauvre misérable cas et le couvrir de sa pitié condescendante.
Et bien non. Avons-nous le droit de nous prévaloir de la bonne fortune que nous avons eu de ne pas avoir subi son destin, sommes-nous supérieur à lui parce que la chance nous a plus souri qu’à lui ? Parce que la question se pose : si nous avions été à la place de telle ou telle personne dans la mouscaille, aurions-nous été plus fort que lui ? Dans mon cas, j’en doute…
Alors pas de pitié, non !
Mais de la compassion. Se mettre au niveau de celui qui souffre et lui proposer notre aide, humblement, non en supérieur, mais en égal. Souffrir avec lui, non pas physiquement, mais en tentant de prendre sur soi un peu de sa douleur, un peu de son désespoir. Lui donner de ce temps qui nous est si précieux, à notre époque où il faut surtout produire et être efficace… Lui donner notre sourire, notre soutien, notre oubli de nous même pour lui dire à quel point il est important à nos yeux… Lui dire combien nous voudrions partager sa souffrance pour lui en enlever une part.
De la compassion, c’est bête comme mot, ça fait grandiloquent… Bien sûr... Mais c’est si beau quand on réussit à redonner un peu d’espoir… Alors, tant pis pour la grandiloquence !
Bon, l’est peut-être temps que j’aille au lit, le gâtisme me guette !
Et comme disait Khaless : "Encore un de ses sermons ! Non, PITIÉ ! Oh, pardon…"
Qapla’
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