Valley of Stars : La critique
Imaginez un film qui soit à la fois un documentaire et une fiction d’espionnage tirée de faits réels comportant des éléments fantastiques. Une ambition démesurée qui pourrait donner un piètre résultat à force de jouer sur autant de tableaux. C’est pourtant ce qu’est arrivé à faire le scénariste-réalisateur Mani Haghighi, avec Valley of Stars, pour un résultat déroutant, mais somme tout réussi.
Ceux qui comme moi ne connaissent pas l’histoire de l’Iran, vont être quelque peu déboussolés par le début du film, évoquant de nombreuses personnalités historiques et autres événements ayant eu lieu dans les années 60. Surtout que très rapidement survient un passage brutal de la fiction au documentaire avec des interviews face caméra. Même si les projections sont dorénavant toutes numériques, cela m’a tellement déstabilisé que j’ai eu l’impression qu’une bobine s’était malencontreusement glissée en plein milieu de ce que devait être le film. Contrairement à la série Narcos qui appuie sa fiction par des images d’archives de l’époque pour assurer aux spectateurs la crédibilité des faits, Valley of Stars se plaît au contraire à semer le trouble chez le spectateur qui n’aura de cesse de se demander si la fiction présentée est une exagération ou non de la réalité. En effet, le film se targue d’être tiré de faits réels, mais comportent ici et là de nombreux événements en apparence surnaturels qui ne cessent de mener la vie dure aux personnages, mais aussi aux spectateurs, avides de connaître la vérité. Nous n’obtenons pas d’explication rationnelle sur tout, mais à vrai dire, ce sur quoi nous n’avons pas eu de réponse précise sert l’intrigue de manière tellement intelligente que cela ne dessert aucunement le film.
Outre les quelques fulgurances de mise en scène qui parsèment le film, la photographie est absolument magnifique et son association avec l’excellente bande-son magnifie certains décors ou scènes de manière parfaite. La vision de ce bateau abandonné en plein désert et tous les événements s’y rapportant resteront, sans aucun doute, gravé de manière indélébile dans ma mémoire de cinéphile. Les acteurs ont quant à eux de vraies gueules de cinéma qui servent parfaitement à la galerie de personnages hauts en couleur de l’intrigue. Pour résumer, la direction artistique est véritablement sublime et participe grandement au plaisir qu’on a à suivre le film.
S’il y a une chose que l’on peut reprocher à Valley of the Stars c’est son rythme un peu poussif, notamment dans sa manière d’illustrer le surnaturel. Cependant, cela n’enlève rien à sa réussite globale, qui se reflète notamment dans une fin inattendue et très réussie. Un film qui sort des sentiers battus et qui mérite amplement que vous le découvriez lors de sa sortie dans les salles.
SYNOPSIS
23 janvier 1965. Le lendemain de l’assassinat du Premier Ministre iranien, l’agent Babak Hafizi est envoyé par la police secrète sur l’île de Qeshm, à l’est du Golfe Persique, pour enquêter sur le suicide suspect d’un dissident en exil. Parcourant la mystérieuse vallée des étoiles accompagné d’un géologue et d’un ingénieur du son, Babak va découvrir que ce lieu renferme bien des secrets : d’un cimetière hanté à une disparition mystérieuse, le trio devra essayer de démêler mythes et réalité.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Titre original : Ejhdeha Vared Mishavad !
– Durée du film : 1h48
– Date de sortie : 25/01/2017
– Réalisateur : Mani Haghighi
– Scénariste : Mani Haghighi
– Acteurs : Ami Jadidi, Homayoun Ghaizadeh, Ehsan Gouzardi, Kiana Tajammol, Nader Fallah, Ali Bagheri, Kamran Safamanesh, Javad Ansari
– Musique : Christophe Rezaï
– Photographie : Houman Behmanesh
– Montage : Hayedeh Safiyari
– Producteurs : Mani Haghighi, Mehdi Davari, Chavosh Shirani, Lili Golestan, Taraneh Alidoosti, Alireza Bazel, Mani Haghighi
– Distributeur : Happiness Distribution
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