Le Gang des Antillais : La critique
Dans les années 70, l’État français avait promis d’aider à l’insertion des Français des DOM-TOM. Malheureusement, cette aide ne sera jamais à la hauteur des difficultés ressenties par ces Français pour la plupart discriminés par une société pas encore totalement prête à les accueillir.
Le Gang des Antillais est inspiré du roman autobiographique éponyme de Loïc Léry. Le héros Jimmy choisit donc de rejoindre un gang pour faire des braquages pour survivre, mais aussi et surtout pour exprimer sa colère. Le film n’est pas manichéen et n’hésite pas à montrer les facettes sombres des protagonistes antillais, comme leur addiction à la drogue et à l’argent facile. Malheureusement, la réalisation et le scénario sont loin d’être à la hauteur d’un sujet aussi ambitieux et qui nécessiterai beaucoup plus d’explication de fond.
Si les acteurs sont très crédibles et bénéficient de guests prestigieux comme Mathieu Kassovitz, Lucien Jean-Baptiste ou encore Jocelyne Beroard la chanteuse du groupe Kassav, ils ne sont pas mis en valeur par une mise en scène qui manque d’envergure. C’est très plat, les scènes d’action sont minimalistes et manque d’énergie. On aurait voir plus de scène de braquages, mais aussi un sens du suspens beaucoup plus poussé. De plus, le film comporte beaucoup d’ellipses qui nuisent à la densité de intrigue et la crédibilité de l’évolution des personnages.
Le film tente d’être exhaustif en évoquant le combat politique de certains antillais, mais là encore cela est fait de manière très superficielle. Tout ceci est est bien dommage, car le sujet du film était propice à des développements d’une grande richesse. La dernière partie du film, lorsque le héros se retrouve en prison est de loin la partie la plus intéressante du film. Son évolution y est encore une fois trop rapide, mais la relation qu’il développe avec son éducateur parvient enfin à donner au film tout son sens. C’est regrettable qu’il ait fallu attendre la dernière partie pour que le film arrive enfin à être à la hauteur de son sujet et du message qu’il veut nous transmettre : la réconciliation de tous passe avant tout par celle que l’on doit faire avec soi-même.
Vous l’aurez compris, Le Gang des Antillais n’est pas un film inintéressant à regarder, mais sa direction artistique n’est pas suffisamment ambitieuse pour totalement nous satisfaire. Un sujet important et nécessaire qui aurait mérité mieux !
SYNOPSIS
Dans les années 70, le BUMIDOM promettait de favoriser l’insertion en métropole des français des DOM-TOM. Jimmy Larivière, arrivé à Paris pour refaire sa vie, ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec un groupe de trois jeunes Antillais va l’entraîner dans une série de braquages retentissants.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h30
– Date de sortie : 30/11/2016
– Réalisateur : Jean-Claude Barny
– Scénaristes : Jean-Claude Barny, Thomas Cheysson, Loïc Nilly, Loic Léry
– Acteurs : Djedje Apali, Eriq Ebouaneyt, Adama Niane, Zoé Charron, Zita Hanrot, Vincent Vermignon, Lisa Lomi, Karim Belkhadra, Djibril Pavadé, Mathieu Kassovitz, Jocelyne Beroard, Lucien Jean-Baptiste, Romane Bohringer
– Photographie : Claude Garnier
– Montage : Svetlana Vaynblat
– Décors : Arnaud Lucas
– Costumes : Véronique Gely
– Musique : Thibault Kientz-Agyeman, James Edjouama
– Producteur : Serge Lalou, Sebastien Onomo pour Les Films d’Ici
– Distributeur : Happiness Distribution
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