Arès : La critique
Arès est un excellent film de science-fiction français, ce qui n’est pas si courant. En effet, le film de genre français tente d’exister, mais manque de moyens pour rivaliser avec, notamment, les films américains. Or Arès a du budget et sait parfaitement l’utiliser.
La France du futur n’est pas très joyeuse. Le chômage est endémique et atteint des niveaux records, les grandes entreprises, surtout pharmaceutiques, détiennent le pouvoir et le sport de prédilection à la télévision sont des matchs de boxe ultra-violent dans des arènes, sortent de cubes fermés. Le dopage étant légalisé, c’est plus une vitrine des derniers bons produits à acheter pour se shooter qu’un combat mené dans l’esprit du sport.
Le héros est un ancien champion fauché en pleine gloire par un nouveau produit dopant que son organisme n’a pas accepté. Vivotant de combats de plus en plus miséreux, il se décide à tester une nouvelle substance pour obtenir l’argent permettant de sauver sa sœur injustement envoyée en prison.
Un tel scénario semble peu passionnant et pourtant, il est non seulement formidablement bien écrit, mais il réserve de nombreuses surprises et interroge profondément sur l’humanité, tout en brossant un portrait futuriste faisant froid dans le dos.
Dès les premières images, on se rend compte que les effets spéciaux vont être présents. En effet, Paris by futur est impressionnant. Le numérique se met au service de l’œuvre en créant des images d’éléments qui nous sont proches mais suffisamment altérés pour donner une impression de nouveauté.
L’intrigue se passe principalement dans des zones dégradées dans lesquelles la loi du plus fort prédomine, renforçant le côté crépusculaire du long métrage.
L’interprétation est aussi très bonne. Ola Rapace crève l’écran en rôle-titre. Sa très belle voix de basse fait vibrer lorsque sa voix off raconte certains éléments permettant de mieux comprendre le personnage.
Il faut aussi signaler le personnage truculent et haut en couleur interprété fort justement par Micha Lescot. Ce dernier apporte couleur et humour dans une histoire sombre et désespérée.
Hélène Fillières est très bonne en flic énigmatique qui aide le héros. Alors que Thierry Hancisse fait un entraîneur plein de gouaille, Ruth Vega Fernandez superbe en femme ambitieuse prête à tout pour parvenir à ses objectifs et Eva Lallier émouvante en adolescente irritante.
Jean-Patrick Benes livre une très bonne mise en scène lorgnant souvent vers le thriller. Quant au montage efficace de Vincent Tabaillon, il maintient l’attention en permanence.
Reconstitution d’intérieur, création d’éléments futuristes et photographie travaillée permettent une complète immersion dans un monde que j’espère ne pas être le nôtre dans un futur proche.
Arès est un film de science-fiction qu’il faut vraiment découvrir, d’autant qu’il est français et particulièrement bien fait. Malin, cogneur, sombre, avec un visuel graphique vraiment intéressant, bénéficiant d’une belle réalisation et d’acteurs à la hauteur, ce serait dommage de se priver d’un long métrage vraiment réussi.
Je souhaite sincèrement qu’il trouvera son public afin d’espérer voir sur nos grands écrans d’autres œuvres de genre toutes aussi bonnes.
Sombre et réfléchit.
SYNOPSIS
Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa soeur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en oeuvre pour les sauver : elle et ses filles.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 20
– Titre original : Arès
– Date de sortie : 23/11/2016
– Réalisateur : Jean-Patrick Benes
– Scénariste : Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit
– Interprètes : Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse, Hélène Fillières, Ruth Vega Fernandez, Eva Lallier, Louis-Do de Lencquesaing, Elina Solomon
– Photographie : Jérôme Alméras
– Montage : Vincent Tabaillon
– Musique : Christophe Julien, Alex Cortés
– Costumes : Pierre Canitrot
– Décors : Jérémy Streliski
– Producteur : Sidonie Dumas, Matthieu Tarot pour Productrice, Albertine Productions, Gaumont, Cinéfrance
– Distributeur : Gaumont Distribution
LIENS
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PORTFOLIO
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