Les Beaux Jours d’Aranjuez : La critique
Les Beaux Jours d’Aranjuez commençait plutôt bien. Des plans de Paris complètement déserté s’enchaînent et sont parfaitement magnifiés par la 3D, format qu’a choisi le réalisateur Win Wenders pour tourner le film. Nous pénétrons ensuite dans une maison, dans laquelle un écrivain allemand assis devant une machine à écrire, tente de commencer la rédaction d’un roman. Nous voyons alors les personnages de son livre apparaître. L’homme et la femme, attablés à la table de son jardin commencent à déclamer les propos issus de l’imagination du romancier. Très rapidement leurs propos philosophiques abscons ainsi que leur manière de jouer très artificielle, m’ont perdu puis profondément ennuyé.
Soumise à une sorte d’interrogatoire par l’homme, la femme raconte les différentes étapes de sa vie sexuelle. Le problème est que tout comme le spectateur, l’homme est très souvent distrait par le mouvement de la nature. La mise en scène très immersive invite à apprécier le mouvement des feuilles, le bruissement du vent l’ondulation de l’herbe, mais aussi se détourner des propos des personnages qui n’ont pas vraiment trouvé d’écho ou de sens à mes yeux. Était-ce un moyen de détourner le spectateur des propos nébuleux et des enjeux inexistants du récit ?
Il très rare que je me sente autant exclu d’une œuvre. Quelle impression terriblement désagréable que de devoir lutter pour arriver à comprendre de quoi parlent les personnages. Le but d’un film est avant tout de divertir, et là, je dois avouer que la projection s’est vite transformée en quelque d’extrêmement pénible à vivre. Au final, qu’ai-je retenu à l’issue de la projection ? Pas grand chose, si ce n’est la bande originale très plaisante à écouter.
Loin de l’idée de vouloir condamner une œuvre qui est sans aucun doute le fruit d’un travail investi de la part de tous ceux ayant participé, mais je me vois obliger de déconseiller très fortement Les Beaux Jours d’Aranjuez à nos lecteurs, pour ainsi leur éviter de perdre leur temps. L’hiver approchant, soyez forts et ne vous laissez surtout pas berner par son affiche au beau ciel bleu et ensoleillé. C’est malheureusement le genre de film traumatique qui peut dégoûter les spectateurs et les empêcher de découvrir des œuvres d’auteur audacieuses et autrement plus réussies. Peut-être y a-t-il néanmoins un sens caché à côté duquel je suis passé et je serai donc ravi d’échanger avec nos lecteurs ayant eu le courage d’aller voir le film, dans les commentaires.
SYNOPSIS
Un beau jour d’été. Un jardin. Une terrasse. Une femme et un homme sous les arbres, avec un vent d’été doux. Au loin, dans la vaste plaine, la silhouette de Paris.
Un dialogue commence, des questions et des réponses entre la femme et l’homme. Il s’agit d’expériences sexuelles, d’enfance, de souvenirs, de l’essence de l’été et de ce qui différencie les hommes et les femmes, la perspective féminine et la perception masculine.
Derrière, dans la maison qui donne sur la terrasse, sur la femme et l’homme : l’écrivain, en train d’imaginer ce dialogue et de le taper à la machine. Ou est-ce l’inverse ? Seraient-ce les deux personnages, là dehors, qui lui racontent ce qu’il couche sur le papier : un ultime et long dialogue entre un homme et une femme ?
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h37
– Date de sortie : 09/11/2016
– Réalisateur : Win Wenders
– Scénaristes : Win Wenders, Peter Handke
Interprètes : Reda Ketab, Sophie Semin, Jens Harzer, Nick Cave, Peter Handke
– Photographie : Benoît Debie
– Montage : Béatrice Babin
– Décors : Virginie Hernvann
– Costumes : Judy Shrewsbury
– Producteurs : Alfama Films, Neue Road Movies
– Distributeur : Alfama Films
LIENS
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














