Princess : La critique

Date : 19 / 08 / 2016 à 11h00
Sources :

Unification


Princess raconte l’histoire vraie d’une jeune finlandaise, Anna Lappalainen, ayant passé 50 ans en hôpital psychiatrique de 1933 à son décès en 1988. Cette dernière, souffrant de délires graves, se prenait pour une princesse de la cours d’Angleterre et a révolutionné l’hôpital dans lequel elle était traitée ainsi que le village mitoyen. En 1995, sa mémoire fut d’ailleurs honorée à travers un monument commémoratif, érigé dans le parc de l’Hôpital Psychiatrique de Kellokoski.

Le film revient donc sur un personnage hors norme et haut en couleur, mais permet aussi de brosser le portrait de la psychiatrie et des soins donnés aux patients au siècle précédent. Une manière de traiter les personnes considérées comme folle qui donne froid dans le dos, même si certaines méthodes extrêmes ont été abandonnées par l’Hôpital Psychiatrique de Kellokoski peu de temps avant l’entrée de Princess.

Il n’en reste pas moins que l’avènement de la lobotomie en Finlande est montré avec réalisme et sans jugement, ainsi que d’autres traitements comme les électrochocs. Les patients étant internés pour de longues durées, voire leur vie entière, et les soignants étant souvent à leur contact, on comprend rapidement l’impact lumineux qu’a pu avoir sur eux cette femme extravagante et enjouée qui n’hésitait pas à distribuer de généreux chèques en bois aux personnes qu’elle jugeait nécessiteuses.

Le film suit le parcours étonnant de cette patiente, ses relations d’amitié qu’elle noue autour d’elle, tant chez les autres malades que parmi le corps soignant. Mais aussi les confrontations souvent houleuses qui l’opposent à un jeune médecin ambitieux jugeant que ses affabulations se doivent d’être soignées pour son bien même.

Princess pose judicieusement la question de la folie et de sa perception, de la maladie et de l’impact de cette dernière sur l’entourage de la personne. Un ressenti qui dépend finalement des normes de chacun et qui montre que l’acharnement thérapeutique, même à bon escient, n’est pas toujours la meilleure des choses.

Les acteurs sont convaincants dans les différents rôles qu’ils occupent avec une Krista Kosonen étonnante en suivante suicidaire et parfois encore plus déjantée que sa « princesse ». Et un Peter Franzen impeccable en jeune médecin aux idées bien arrêtées.

Mais c’est vraiment Katja Kukkola, formidable dans le rôle-titre, qui fait à la fois sourire et émeut profondément. La comédienne est plus vraie que nature et semble s’être entièrement investie dans un personnage qui ne saura laisser personne indifférent.

La réalisation de Arto Halonen est très propre et ce dernier donne à son histoire un cachet véridique du siècle précédent. Sans compter que certains passages, notamment médicaux, donnent froid dans le dos.

Princess est un beau film très intéressant sur un établissement psychiatrique qui se voulait avant-gardiste et une patiente surréaliste qui a clairement marqué le lieu, et ses habitants, de sa présence excentrique. Avec une réalisation soignée, une actrice principale lumineuse et une histoire montrant que la réalité sait toujours donner des leçons à la fiction, c’est une œuvre qui interpelle vraiment.

Étonnant et poignant. Comme quoi la folie peut apporter du bonheur aux gens qui sont ouverts d’esprit.

SYNOPSIS

Princess s’inspire d’une histoire vraie, celle d’Anna Lappalainen (1896-1988), qui a passé plus de cinquante ans à l’hôpital psychiatrique de Kellokoski. Atteinte de schizophrénie, Anna se prend pour Princesse, membre de la famille royale d’Angleterre. Même si Princesse compte elle-même parmi les patients de l’hôpital, elle consacre sa vie à aider ses proches et gagne le respect des autres patients, mais aussi du personnel soignant.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

– Durée du film : 1 h 44
– Titre original : Prinsessa
– Date de sortie : 24/08/2016
– Réalisateur : Arto Halonen
– Scénariste : Pirjo Toikka, Arto Halonen, Paavo Westerberg
– Interprètes : Katja Kukkola, Krista Kosonen, Samuli Edelmann, Peter Franzen, Pirkka-Pekka Petelius
– Photographie : Hannu-Pekka Vitikainen
– Montage : Tuuli Kuittinen
– Musique : Tuomas Kantelinen
– Costumes : Ritva Muikku
– Décors : Jukka Uusitalo
– Producteur : Arto Halonen pour Art Films Productions, Mainostelevisio (MTV3)
– Distributeur : Aramis Films

LIENS

– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB


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