Vacances à Venise : La critique
Vacances à Venise est un film de 1955 adapté de la pièce de théâtre de 1952 The Time of the Cuckoo d’Arthur Laurents. C’est un film intermédiaire dans la cinématographie de David Lean entre sa période anglaise et ses blockbusters américains. C’est surtout une magnifique œuvre très bien restaurée qui permet de retrouver la grande Katharine Hepburn nommée par l’American Film Institute « plus grande actrice de légende du cinéma américain » et qui obtiendra sa sixième nomination aux Oscars pour son rôle de vieille fille en vacances.
Tourné entièrement à Venise, le long métrage permet 6 décennies plus tard de découvrir une ville touristique dont la vie à quelque peu changée depuis le 20ème siècle. Sans en faire un film touristique, David Lean filme magnifiquement les lieux emblématiques de la cité et utilise des décors naturels grandioses, tout autant que des ruelles étroites ou des endroits moins glamour pour rendre le parcours de son personnage principal encore plus émouvant.
D’ailleurs, la confrontation entre la ville, véritable protagoniste de l’histoire, et la femme que l’on suit en son cœur renforce aussi la solitude de cette dernière : qu’elle arpente les pavés seule, se retrouve au bord d’un canal ou perdue au milieu de la foule.
Cette dernière a de plus une caméra portable qu’elle use très fréquemment. Un accessoire lui permettant de garder une certaine distance par rapport à ses aspirations, notamment cet espoir d’amour et de couple qu’elle recherche. Il est d’ailleurs fort intéressant de voir l’évolution de cet outil alors que la passion va progressivement envahir sa détentrice.
En plus d’un environnement de toute beauté qui apporte un grand charme à l’œuvre, c’est l’histoire qui retient l’attention. Le récit est basé sur la solitude mettant en parallèle deux individus que tout oppose, une américaine puritaine et refoulée et un italien charmeur et passionné, dans une opposition de milieu de vie qui n’hésite à égratigner ni l’un, ni l’autre.
Le rôle du séducteur est parfaitement interprété par Rossano Brazzi qui joue un homme quadragénaire charmeur à souhait. Il faut aussi souligner l’interprétation pleine de naturel du jeune Gaetano Autiero dans un personnage de gamin plein de vigueur et de gouaille qui sert de guide à l’héroïne.
Mais c’est vraiment Katharine Hepburn qui resplendit sur toute l’histoire et incarne parfaitement un personnage peu sexy s’épanouissant dans un amour interdit. Non manichéenne dans son interprétation, ajoutant élégance et subtilité à la femme qu’elle incarne, c’est une personne humaine qu’elle livre et qui touche profondément. L’actrice n’a d’ailleurs pas hésité à payer de sa personne dans la fameuse scène du canal qui lui vaudrait d’ailleurs une infection aux yeux qui l’indisposera toute sa vie.
Vacances à Venise est un très beau film qui parle d’une époque différente quand les relations humaines étaient plus ampoulées que maintenant. Mais 60 ans plus tard, c’est toujours la même nature profonde de l’humanité et ses aspirations profondes que l’on retrouve, permettant à l’œuvre d’avoir une certaine aura d’intemporalité. Avec des décors naturels magnifiques, une mise en scène intéressante et une galerie de personnages attachants, c’est un long métrage qu’il ne faut pas hésiter à (re)découvrir.
Et bien sûr, une magistrale Katharine Hepburn fait une bien belle démonstration de son talent de comédienne.
Une nouvelle sortie d’actualité en cette période estivale qui fait voyager dans une ville mythique et au cœur des désirs humain.
SYNOPSIS
Jane Hudson, une américaine, passe des vacances seule en Italie. Un enfant des rues, Mauro, lui fait découvrir quelques recoins de la ville de Venise où elle a déposé ses valises. Lorsqu’ils arrivent chez un antiquaire, Renato, Jane tente de résister au charme insistant du bel homme. Toujours célibataire à quarante ans, elle succombe finalement à la tentation sans savoir que Renato est marié et père de famille.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 39
– Titre original : Summertime
– Date de sortie : 13/07/2016
– Réalisateur : David Lean
– Scénariste : E. Bates, H.E. Bates, Arthur Laurents, David Lean, Donald Stewart Ogden
– Interprètes : Katharine Hepburn, Rossano Brazzi, Jane Rose, Macdonald Parke, Isa Miranda, Darren McGavin, Mari Aldon, Jeremy Spenser d’après l’œuvre d’Arthur Laurents
– Photographie : Jack Hildyard
– Montage : Peter Taylor
– Musique : Alessandro Cicognini, Gioacchino Rossini
– Costumes : Vincent Korda
– Décors : Vincent Korda
– Producteur : Ilya Lopert pour London Film Productions, United Artists
– Distributeur : Les Acacias
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