L’outsider : La critique
Le 17 juin dernier, le procureur général, via son réquisitoire lors du procès civil, a remis chaque protagoniste de la fameuse affaire Kerviel à sa place. Le moment était donc idéal pour sortir L’outsider, le film de Christophe Barratier qui revient sur les événements qui ont conduit à cette affaire. Le film se déroule effectivement avant le déclenchement de l’emballement médiatique et suit au plus prés Jérôme Kerviel de son arrivée à la Société Générale à sa chute.
La première qualité du film est son scénario et le rythme haletant qui accompagne l’intrigue. Au départ, on pourrait même penser que c’est une comédie, tant l’ambiance, les excès et les blagues douteuses de ces très jeunes traders font sourire. Petit à petit, le long-métrage prend des accents plus sombres et se transforme quasiment en thriller. On a beau connaitre la fin, on se laisse cueillir par la destinée de ce jeune homme et on découvre et comprend petit à petit l’ampleur de sa folie financière. À noter que Barratier n’a pas cherché à simplifier à l’extrême les us et coutumes d’une salle de marché. Cependant, même si on ne comprend pas toujours tous les mécanismes financiers, les conséquences des actes sont assez limpides pour que le spectateur ne soit pas perdu.
À cela, il faut ajouter que ce n’est pas tant un film sur la folie de la financiarisation de l’économie qu’un long-métrage sur l’impact humain de cette folie. On découvre les effets terribles de la pression qu’exerce l’établissement sur les traders, comment le fait d’en faire partie a changé le rapport de Kerviel à sa famille proche et son comportement amoureux. On aimerait les détester ces traders, mais on ne voit que des humains dont la perception et la valeur de l’argent ont été détruites par le système. En conséquence, il n’y a pas à proprement parlé de méchants.
Le casting est lui impeccable. Arthur Dupont remporte la mise avec une interprétation de Kerviel à multiples facettes. François-Xavier Demaison est épatant en trader en chef tour à tour énervant, drôle, inquiétant ou attachant. Le reste du casting est au diapason.
En définitive, le film montre bien que Kerviel est coupable des faits qui lui sont reprochés. Il montre aussi que, si la banque n’avait peut-être pas conscience des colossaux enjeux de la fraude de son trader, elle était peut-être bien contente de fermer les yeux quand ceux-ci lui rapportaient tout ou partie de son bénéfice annuel.
À voir.
SYNOPSIS
On connaît tous Jérôme Kerviel, le trader passé du jour au lendemain de l’anonymat au patronyme le plus consulté sur les moteurs de recherche du net en 2008… l’opérateur de marchés de 31 ans dont les prises de risque auraient pu faire basculer la Société Générale voire même le système financier mondial… l’homme condamné deux ans plus tard à cinq ans de prison dont trois ferme et aux plus lourds dommages-intérêts jamais vus pour un particulier : 4,9 milliards d’euros. La chaîne hiérarchique de la « SocGen » s’est défendue d’avoir eu connaissance de ces prises de positions risquées. Pourtant, le trader junior avait le vent en poupe. Fin 2007, chiffres à l’appui, il a fait gagner à la Société Générale 1 milliard et demi d’euros sur l’année écoulée. Du jamais vu dans les salles de marchés de la banque à la Défense. A cette époque, Kerviel est dans une spirale de réussite. Une « bonne gagneuse », une « cash-machine » comme le surnommaient ses collègues. Il est jeune, il a une gueule … celui que tout le monde envie sur le plateau où travaillent les traders, cornaqués par une hiérarchie avec pour devises quotidiennes : « Tu gagnes, je gagne » ou « Qui peut le plus, peut encore plus ». On connaît Kerviel… mais on ne sait rien de Jérôme. Personne n’aurait pu prédire que le jeune Breton parviendrait à devenir trader. Jérôme est né en 1977 dans une banale bourgade de pêcheurs du Finistère. Adolescent sans histoire, il mène une vie ordinaire avec son frère et ses parents, un couple uni et travailleur. Il suivra des études convenables qui le mèneront à un DESS de finance. Il est recruté en 2000 par la Société Générale où on l’affecte au « middle office », sorte de secrétariat chargé de comptabiliser les ordres passés par les prestigieux traders qui officient dans la mythique salle des marchés, considérée à l’époque comme la meilleure au monde sur les produits financiers dérivés. Entré par la petite porte, Jérôme Kerviel va gagner ses galons et sa place en apprenant vite. Très vite.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 57
– Titre original : L’outsider
– Date de sortie : 22/06/2016
– Réalisateur : Christophe Barratier
– Scénariste : Christophe Barratier et Laurent Turner
– Interprètes : Arthur Dupont, François-Xavier Demaison, Sabrina Ouazani, Mhamed Arezki, Sören Prévost, Ambroise Michel, Benjamin Ramon et Stéphane Bak
– Photographie : Jérôme Alméras
– Montage : Yves Deschamps
– Musique : Philippe Rombi
– Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
– Décors : Emile Ghigo
– Producteur : Jean Labadie, Jérôme Corcos, Stéphane Simon et Christophe Barratier pour Galatée Films, France 2 Cinéma, Le Pacte, Gecko Films, Outside Films et Logline Studios
– Distributeur : Le Pacte
LIENS
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