Hardcore Henry : La critique

Date : 10 / 04 / 2016 à 14h07
Sources :

Unification


Vous n’aimez pas les films de genre et détestez les jeux vidéos, il y a peu de chance que vous aimiez Hardcore Henry.
Si ce n’est pas le cas, alors sachez-le, le film est tout simplement génial !

En tant que grande fan de film de genre et de jeux vidéo, je pratique de temps en temps les FPS (jeu de tir à la première personne) mais adore les rail-shooter (tirs sur rails), j’attendais beaucoup du film, ce qui est à double tranchant, la désillusion pouvant être grande. De plus, il était évident de se demander si un film entièrement tourné en caméra subjective, un mode de vue à la première personne, avait la potentialité de ne pas lasser rapidement ou rendre malade comme dans certains films tournés en found footage.

Et bien, il n’en est rien. Certaines séquences ne bougent pas et quand l’action est dense, les mouvements ne sont pas pénibles à supporter. En fait, on se retrouve en plein cœur de l’action et on a l’impression d’assister à la démonstration magistrale d’un gamer de haut niveau sur une partie hardcore d’un FPS. Pris au jeu, on aurait même envie de sortir une manette pour piloter soi-même le personnage.

Vous pourriez objecter que la technique, c’est bien, et là, les effets spéciaux sont remarquables d’autant qu’ils sont très divers et imaginatifs, mais que le scénario, ce n’est pas mal non plus.

Autant le dire de suite, tous les clichés des jeux vidéo sont au menu du scénario. Personnage débraillé, blondes dénudées, méchant caricatural, recharge d’énergie, trousse à pharmacie et bien sûr équipement invraisemblable pour n’en citer que quelques uns. L’histoire lorgne aussi sur la série B de science-fiction avec son méchant aux pouvoirs psychiques. Le script se permet même une petite scène parodique brillante et hilarante de ce genre de jeu. En bref, on est très loin de Proust ou d’un scénario primé. Mais franchement, quand c’est assumé de cette façon, on s’en moque complètement, car tout est parfaitement écrit pour être jubilatoire au plus haut niveau.

Les détracteurs des jeux vidéo n’hésiteront pas à tirer à boulet rouge sur un pareil synopsis en en dénonçant la violence, le sexisme (et ce dernier est vraiment modéré) et la pauvreté du langage. Qu’importe, car le film, comme la plupart des jeux vidéo, est un grand exutoire dans lequel on s’amuse à dégommer tout ce qui bouge. Et dans Hardcore Henry, cela bouge beaucoup.

À vrai dire, lorsqu’on signe un scénario aussi abouti dans la surenchère et les poncifs, on touche au chef d’œuvre dans lequel tout ce qui est critiquable est maîtrisé au mieux dans une histoire parfaitement caricaturale, mais représentant l’essence même de ce type de jeux vidéo.

En ce qui concerne la réalisation, elle est bluffante. On pourrait penser, à tort, que mettre une caméra sur un cascadeur et lui demander d’enchaîner les scènes d’action est d’une grande facilité. Il n’en est rien. Le travail fournit sur le film est incroyable. Chaque scène est maîtrisée au millimètre près. Le montage est impressionnant. La composition du film est réalisée au cordeau. Ilya Naishuller signe un premier long métrage qui est un coup de maître et restera longtemps la référence de ce futur genre de film qui devrait voir le jour, surtout si comme je l’espère vivement le film est un succès au box-office.

Tous les amateurs de jeux vidéo le savent, la musique fait partie intégrante de l’immersion dans le jeu. Tout comme les effets spéciaux, la réalisation et la photographie, elle a été particulièrement soignée par Darya Charusha. En fait, le compositeur, et le réalisateur, jouent subtilement avec elle, ce qui entraîne une submersion encore plus profonde.

Mais qu’en est-il des acteurs ? Le méchant, très bien interprété par Danila Kozlovsky, est méchant au possible et tout autant caricatural. Il veut (roulement de tambours) créer une armée qui lui permettra (deuxième roulement de tambours) de dominer le monde. L’acteur ne se laisse pas démonter et fait un boss final formidable dont la fin est à la hauteur du personnage.

La composante féminine est très bien incarnée par Haley Bennett. Elle est, évidemment, la femme à sauver. Brillante, très belle, c’est là aussi l’archétype de la scientifique glamour.

Sharlto Copley livre un personnage loufoque et formidable. Un rôle a multiple facette qui ne laissera pas les spectateurs indifférents. Une composition étonnante pour un personnage véritable fil rouge de l’histoire.

Quant à Henry, c’est trois cascadeurs qui incarnent ce personnage muet. Une véritable idée de génie qui permet au spectateur de s’identifier plus complètement avec le personnage.

Les effets spéciaux sont formidables, mais les cascades tout autant. L’action ne s’arrête pas et réussit à se renouveler constamment, un véritable tour de force. Entre poursuites à pied, rail-shooting dans une boîte de nuit chaude, course-poursuite incroyable sur route ou passage en mode sniper, on retrouve toutes les phases d’un bon jeu de FPS et de tir. Et tout s’enchaîne sans temps mort avec des rebondissements multiples et des révélations au compte-goutte tout du long de l’histoire. Le tutorial et le discours du méchant ne sont pas oubliés ainsi qu’une scène musicale somptueuse qui semble sortie de nulle part.

Hardcore Henry est une véritable claque, tant visuelle qu’innovatrice. C’est une immersion étonnante dans un film qui renouvelle les codes du genre qui est proposé. On s’y croit tellement, qu’à la fin du film, on aimerait mettre la main sur le jeu afin de savoir quels seraient nos choix et si nous serions aussi bons que cet Henry qui dépote vraiment. À vrai dire, nombre de personnages de film d’action peuvent rentrer chez eux tant les scènes sont parfois dantesques et les ennemis innombrables.

En fait, si la bande annonce ne vous irrite pas, n’hésitez pas à découvrir Hardcore Henry sur grand écran pour en prendre plein les yeux. Vous ne serez pas déçu de votre visite au cœur d’un jeu vidéo live assumé et réalisé d’une main de maître par un véritable fan de ce type de jeux.

Epoustouflant !

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SYNOPSIS

Attachez votre ceinture. Hardcore Henry est certainement l’expérience la plus intense et la plus originale à vivre au cinéma depuis bien longtemps ! Vous ne vous souvenez de rien. Votre femme vient de vous ramener à la vie. Elle vous apprend votre nom : Henry. Cinq minutes plus tard, vous êtes la cible d’une armée de mercenaires menée par un puissant chef militaire en quête de domination du monde. Vous parvenez à vous échapper mais votre femme se fait kidnapper. Vous voilà perdu dans un Moscou hostile. Ici tout le monde semble vouloir votre mort. Vous ne pouvez compter sur personne. Sauf peut-être sur le mystérieux Jimmy. Pouvez-vous lui faire confiance ? Arriverez-vous à survivre à ce chaos, sauver votre femme et à faire la lumière sur votre véritable identité ? Bonne chance Henry, vous allez en avoir besoin.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 36
 Titre original : Hardcore Henry
 Date de sortie : 13/04/2016
 Réalisateur : Ilya Naishuller
 Scénariste : Ilya Naishuller, Will Stewart
 Interprètes : Haley Bennett, Sharlto Copley, Tim Roth, Danila Kozlovsky, Ilya Naishuller, Cyrus Arnold, Andrei Dementiev, Will Stewart
 Photographie : Vsevolod Kaptur, Fedor Lyass, Pasha Kapinos
 Montage : Steve Mirkovich
 Musique : Darya Charusha
 Costumes : Anna Kudevich
 Producteur : Timur Bekmambetov, Ekaterina Kononenko, Ilya Naishuller, Inga Vainshtein pour Versus Pictures, Bazelevs Production
 Distributeur : Metropolitan FilmExport

LIENS

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PORTFOLIO

Hardcore Henry


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